Marché immobilier 2026, année de la reconstruction !
2025 se caractérise comme année de stabilisation des fondements immobiliers, à base de confiance chez les acquéreurs et de cohérence dans les offres. Place aux concrétisations en 2026 avec des conditions idéales pour réaliser une acquisition, comme en témoigne Marc-Baptiste Sansonetti, notaire à Rennes.
Quels signaux nous envoie le marché bretillien pour le début 2026 ?
M-B. Sansonetti : En 2025, l'immobilier breton s'est remis à respirer. Après les secousses, les crispations, les hésitations, le marché retrouve une bonne cadence. Sans parler d'euphorie retrouvée, mieux encore cette année affiche un bel équilibre. Le territoire se redessine, les prix se repositionnent, les arbitrages gagnent en finesse. Depuis la fin de l'été, un souffle nouveau se ressent, même discret il est incontestablement perceptible.
2025 est une année de discernement. Loin des emballements, elle révèle un marché de l'ancien qui se recentre sur l'essentiel : la cohérence, la valeur réelle, la pertinence des emplacements. L'immobilier neuf, soumis à des coûts élevés, poursuit une phase de retenue. Les terrains à bâtir s'inscrivent aussi dans une dynamique plus prudente. Placement sûr, la pierre retrouve sa place privilégiée où le rapport valeur/usage s'impose avec évidence. Le marché devient plus lisible, plus transparent, plus rationnel. Une forme de maturité se déploie. Les volumes s'ajustent, les prix se redéfinissent. Le secteur littoral, auréolé de son attractivité, amorce une correction des prix légère mais naturelle. Rennes voit ses maisons anciennes baisser de 10 % par rapport à l'année dernière, offrant un nouveau point d'équilibre autour de 430 000 € tandis que le prix des appartements anciens reste stable autour de 3 650 € le mètre carré. La première couronne suit la même cadence, tandis que la seconde couronne et les bassins ruraux, plus sereins, conservent une stabilité appréciée par les acquéreurs. Ces mouvements, loin de fragiliser le territoire, le renforcent. Sur le long terme (5 à 10 ans), la progression demeure remarquable (+20 à +30 %), selon les secteurs. Une courbe qui témoigne de l'attractivité d'un marché apaisé. L'année à venir s'annonce presque prometteuse. La détente des taux, l'ouverture des conditions de crédit et la stabilisation progressive des valeurs posent les fondations d'un cycle plus harmonieux. Les primo-accédants reviennent, les projets longtemps ajournés retrouvent de la consistance, le marché se réactive. Reste l'ombre portée d'un climat politique mouvant, pouvant faire varier la trajectoire. Pour l'heure, la direction est donnée : un marché qui avance avec justesse, sans excès, sans précipitation. Si 2025 se veut une année de clarification, à l'aube de 2026, l'immobilier breton apparaît apaisé, structuré, solidifié, prêt à accueillir une nouvelle dynamique, plus fluide et plus durable.
Quelles conditions rendent 2026 favorable aux primo accédants (prix, financement) ?
M-B. Sansonetti : 2026 pourrait offrir aux primo-accédants des conditions particulièrement favorables pour accéder à la propriété. Une combinaison de facteurs incite à envisager une acquisition avec confiance, tout en gardant quelques précautions.
Les taux d'intérêt des prêts immobiliers restent stables, oscillant entre 3,2 % et 3,4 % selon les emprunteurs. Cette stabilité et la perspective d'une légère baisse allège les mensualités et renforce le pouvoir d'achat. Les banques montrent un regain d'intérêt pour les primo-accédants, facilitant l'accès au crédit et augmentant le volume de prêts accordés, deux leviers essentiels pour sécuriser un premier investissement immobilier.
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) sert de pilier pour l'acquisition de biens anciens avec travaux. Le marché de l'ancien, qui concentre près de 87 % des acquisitions des primo-accédants, reste un terrain d'opportunités. Moins coûteux que le neuf et négociable, il offre diversité, flexibilité et potentiel d'investissement.
Pour autant, certaines contraintes persistent. L'offre de logements neufs reste limitée, maintenant une pression sur les prix de l'ancien. La forte demande, combinée à cette offre réduite, peut maintenir les prix stables ou élevés. Parallèlement, le contexte économique inflation, fiscalité, coût de la vie impose vigilance et anticipation. Les dépenses liées à l'acquisition doivent être intégrées avec rigueur : apport, frais, charges et entretien.
Malgré ces contraintes, pour un primo-accédant préparé, ciblant un bien ancien idéalement situé et disposant d'un dossier solide, 2026 constitue une occasion concrète de passer de la location à la propriété.
Pourquoi les opérations achat/revente vont-elles aussi bénéficier d'une bonne dynamique ?
M-B. Sansonetti : Investir dans l'immobilier ne se limite pas à l'achat de murs et de toits. C'est un acte stratégique, pensé pour sécuriser son avenir et celui des siens. En 2026, le marché offre aux investisseurs une fenêtre rare pour allier performance financière et sécurité patrimoniale.
Après une période d'incertitudes, les conditions de financement se stabilisent. Les emprunteurs retrouvent lisibilité et sérénité, rendant possible des opérations d'achat/revente sans tension sur les mensualités. Plus réceptives, les banques facilitent des transactions audacieuses et sécurisées.
L'immobilier ancien permet une revente rapide et valorisée. Tout le potentiel d'un bien transforme un logement classique en un actif recherché. Rénover, réaménager ou moderniser crée un espace unique et attractif, séduisant les acquéreurs. L'achat/revente devient une stratégie réfléchie, une valorisation maîtrisée.
Enfin, les dispositifs d'aide, bien qu'adressés aux primo-accédants, alimentent indirectement la fluidité du marché. La demande soutenue offre aux vendeurs une sécurité supplémentaire, facilitant la revente et renforçant la confiance dans les opérations.
Que conseillez-vous pour sécuriser une acquisition au plan familial et patrimonial ?
M-B. Sansonetti : Acquérir un bien immobilier n'est pas seulement un investissement : c'est un acte de prévoyance, un geste de responsabilité envers soi et les générations futures. Pour que l'acquisition soit un atout réel, il faut anticiper les aspects juridiques, financiers et familiaux.
Acheter en nom propre est simple, mais le bien reste intégré au patrimoine personnel et soumis aux règles de succession et du régime matrimonial. L'indivision permet une détention partagée, à condition de poser des règles claires dès le départ. La Société Civile Immobilière (SCI) constitue l'outil le plus abouti : elle permet de détenir le bien en commun sans tomber dans l'indivision, répartit les droits de décision et facilite la transmission progressive des parts. Souple et fiscalement avantageuse, elle préserve l'intégrité du patrimoine tout en facilitant la succession.
Le régime matrimonial est tout aussi crucial. La communauté réduite aux acquêts favorise le partage, tandis que la séparation de biens protège le patrimoine individuel. Avec l'appui d'un notaire, il est possible d'adapter le régime ou de conclure des conventions spécifiques pour sécuriser l'investissement et prévenir les conflits futurs.
Penser à la transmission dès l'acquisition est un signe de prévoyance. Testaments, donations ou démembrement de propriété permettent de transférer progressivement un bien tout en conservant l'usage ou les revenus. La SCI facilite la transmission des parts sociales sans morceler le bien, assurant la continuité du patrimoine familial.
Sécuriser un bien implique aussi de protéger la famille financièrement. Une assurance emprunteur complète, associée à une couverture habitation et responsabilité civile, garantit la préservation du bien quelles que soient les circonstances. Enfin, toute acquisition collective ou familiale nécessite des conventions écrites : statuts de SCI, contrats matrimoniaux ou conventions d'indivision définissent les règles de gestion, de cession et de décision, limitant les risques de conflit.
En quoi la pierre demeure un investissement prioritaire pour un ménage ?
M-B. Sansonetti : L'immobilier s'impose comme un investissement réfléchi, combinant stabilité, rendement et maîtrise. La pierre se voit, se touche et se vit. Contrairement aux placements abstraits ou numériques, elle existe dans le monde réel. Chaque mur, chaque espace devient un capital capable de protéger et de se valoriser avec le temps.
L'immobilier constitue un rempart discret face aux aléas économiques. Les loyers suivent l'inflation, la valeur des biens se maintient. C'est un investissement qui traverse les cycles, combinant rentabilité et sérénité.
Le crédit permet de bâtir un patrimoine plus vaste qu'avec un capital seul. Les revenus locatifs couvrent les mensualités, et l'inflation réduit la charge réelle du remboursement. L'effet de levier transforme un investissement réfléchi en un actif solide et pérenne. Au-delà de la rentabilité, la pierre est un outil de transmission. Elle traverse les générations, offrant un patrimoine tangible et durable.
Investir dans la pierre n'est pas un hasard. C'est un choix calculé, stable et efficace, qui combine contrôle, sécurité et longévité. Dans un monde en mouvement, l'immobilier demeure l'investissement par excellence pour bâtir un patrimoine solide et traverser le temps avec assurance.
Propos recueillis en décembre 2025
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