Immonot, l'immobilier des notaires
Tendance du marché immobilier - 29 Juillet 2021

De petites fissures dans la pierre…

BT
Bernard Thion

De petites fissures dans la pierre

Alors que la pierre affichait une forme olympique au début de l’été, la rentrée laisse augurer quelques failles dans les grandes agglomérations. Avec une santé fragilisée par la crise sanitaire, l’immobilier des villes doit s'imposer une petite cure d’amaigrissement au niveau des prix pour rebondir.

Regard sur l'actualité
Consultez les tendances passées
Méthodes d'évaluation et indicateurs de prix en immobilier

Activité : Les villes s'essoufflent !

Les vacances arrivant, les variants se développant, les prévisions d’activité sont logiquement en retrait par rapport à celles, parfois euphoriques, de la fin du printemps. Seuls 16% de nos correspondants avaient alors prévu une baisse de leur activité et 6 % se sont effectivement retrouvés dans ce cas. Mais parallèlement, 71 % avaient anticipéune hausse alors qu’ils ne sont que 55 % à l’avoir obtenue en juin. D’où un changement de « braquet » dans les prévisions à fin août et un solde d’opinions qui descend de 35 % à 10 %. Mais cette inversion de tendance qui pourrait se prolonger lors de la rentrée ne s’explique pas uniquement par la période estivale et les incertitudes posées par la reprise des contaminations avec de nouveaux variant. Dès à présent, certaines villes comme Bordeaux ou Lyon commencent à rechercher les acheteurs alors qu’à Rouen ou Reims qui ne sont qu’à une heure de Paris, le besoin de plus d’espace né des périodes de confinement, alimente toujours une activité soutenue. En outre, l’activité économique, qui reprend fortement, incite de nombreux intervenants à se détourner du marché immobilier et à favoriser les placements financiers.

De petites fissures dans la pierre

Prix : belle stabilité

À l’approche de l’été, les hausses se sont généralisées un peu partout. C’est ainsi que la part de nos correspondants ayant observé des hausses de prix est passée successivement de 35 % en février à 69 % en avril et 73 % en juin. À Rouen, Laurent DENEL, négociateur dans le quartier de Boulingrin, y précise aussi l’importance des fluctuations de prix : "les ventes aux enchères nous ont permis d'observer sur ces 6 derniers mois une hausse de 10 à 15%  en maison dans les quartiers résidentiels de l'agglomération. Hausse plus difficile pour les appartements sans extérieur ou les maisons sur des secteurs moins attractifs". D’une manière plus générale, la proportion des optimistes sur l’évolution des prix à court terme se maintient à 49 %, celle des pessimistes prévoyant une baisse se réduisant très légèrement de 4 % à 3 %. Pour les terrains, 31 % des négociateurs contre 36 % deux mois plus tôt confirment une hausse des prix, alors que leur proportion remonte de 3 % à 9 % pour les commerces.

De petites fissures dans la pierre

Le conseil des notaires : vendre en priorité et racheter

Les dernières nouvelles sur le développement du variant delta et l’annonce de mesures plus coercitives pour lutter contre ses effets, semblent avoir quelque peu douché les partisans d’un achat en premier suivi d’une revente. Leur proportion diminue de 40 % à 33 % pour le résidentiel et de 65 % à 51 % pour les terrains. En outre, la baisse des prix qui se confirme dans les grandes métropoles, et qui devrait s’étendre plus ou moins rapidement dans les zones rurales, incite naturellement à favoriser la revente avant un nouvel investissement.

De petites fissures dans la pierre
Le conseil des notaires

Évolution de l'environnement économique

En Europe, tous les pays ont connu une contraction de leur PIB durant le premier trimestre. Mais celui-ci devrait rebondir de 4,3 % en 2021 et même friser les 6 % en France et en Espagne. En outre, la multiplication des dispositifs destinés à financer le chômage partout en Europe, a permis d’éviter son accélération et la reprise commence à se traduire dans les chiffres de l’emploi. Ces bonnes nouvelles font que la Bourse qui venait de franchir un pallier deux mois plus tôt, continue à s’enflammer, le CAC40 passant de 6 000 à 6 400 entre février et mai pour atteindre 6 500 en juin.