Par Bernard Thion, le 31 Juillet 2018 dans Tendance du marché immobilier

L’été s’accompagne d’une baisse du volume des transactions et d’une sensible diminution des prix. Attendons la rentrée pour voir si cela se confirme ou si ce n’est qu’un ralentissement général dû à la canicule...

Regard sur l'actualité
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Méthodes d'évaluation et indicateurs de prix en immobilier

Tendance concernant l'activité

Avec l’arrivée des vacances, l’activité s’est mise en berne dans bien des localités. Il est donc logique que les prévisions à fin août soient plutôt pessimistes. Graphiquement, elles apparaissent même inférieures à celles de l’an passé à la même époque. Mais on notera qu’en 2017, le volume annuel des transactions pour l’ensemble de la France avait atteint un niveau considérable, légèrement supérieur à 950 000 avec une augmentation de 100 000 logements anciens par rapport à l’année précédente. Cette augmentation du volume des transactions, avec des prix relativement stables, a d’ailleurs permis à l’État et aux collectivités d’engranger des recettes supplémentaires de l’ordre de 90 milliards pour l’ensemble des droits de mutation. Mais suivant les dernières estimations de l’Insee (avril 2018), ces volumes et ces montants seraient déjà en légère diminution.

Torpeur estivale

Tendance concernant les prix

Si l’on se reporte aux résultats de cette nouvelle enquête, les prix devraient commencer à baisser dès ce mois d’août et dans la plupart des régions. En effet, au niveau des logements, 29 % de nos correspondants contre 14 % en avril prévoient maintenant une baisse des prix. En revanche, pour les terrains à bâtir, cette évolution s’avère beaucoup moins prononcée, la part des pessimistes passant de 8 à 13 %, compensée en grande partie par une augmentation des optimistes dont la proportion passe de 6 à 11 %.

Cette estimation sur l’évolution des prix des logements apparaît un peu en contrechamp de celles que l’on peut lire dans les quotidiens nationaux. Cette impression provient de la répartition des transactions entre "notaires des villes" et "notaires des champs" comme l’aurait écrit Jean de La Fontaine. Le prix des habitations urbaines peut être, en effet, de deux à cinq fois plus élevé que celui des propriétés situées dans des localités éloignées des grands centres urbains, et leur nombre souvent plus restreint. Si ¼ des logements ayant un prix 2 fois supérieur augmente de 10 % tandis que les ¾ baissent de 5 %, l’ensemble aura pour résultat une augmentation de 1,25 % alors que la majorité des ventes se font à la baisse.

Torpeur estivale

Le conseil des notaires

Cette ambigüité dans les comparaisons sur l’évolution des prix des habitations explique aussi, qu’à plus long terme, une large majorité de nos correspondants notaires (87 %) estime que les prix devraient baisser. En dépit des hausses annoncées par les journaux et vu les bonnes dispositions apparentes du marché, ils conseillent à leurs clients de vendre d’abord le logement dont ils souhaitent se défaire avant d’en racheter un autre.

En revanche, ils sont beaucoup plus nuancés en ce qui concerne les terrains. Il est vrai que les dispositions prises par le gouvernement en matière de construction sociale, ou présentée comme telle, avantagent la construction de logements neufs et, par contrecoup, celle du prix des terrains.

Torpeur estivale

Évolution de l'environnement économique

Sur le plan économique, les nouvelles se font plus rares, comme si elles bénéficiaient d’une certaine torpeur estivale. Après avoir critiqué vertement Teresa May pour ses positions soi-disant avenantes vis-à-vis de l’Europe, Donald Trump a essayé de se réconcilier avec les Européens en mettant en place un accord commercial avec Jean-Claude Junker, le président européen. Il faut attendre la suite de ces réactions à l’emporte-pièce avant d’avoir une idée plus claire des conséquences de ces mesures sur notre pays.

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