Immonot, l'immobilier des notaires

Quelques lézardes dans la pierre…

BT
Bernard Thion

Quelques lezardes dans la pierre

Après des années passées à se reposer sur ses lauriers, l’immobilier subit quelques mouvements de terrain qui affectent la stabilité du marché. Des fissures sans conséquences pour la solidité de la pierre, comme en attestent les correspondants à cette Tendance immonot du marché.

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Tendance concernant l'activité

Poussée inflationniste, bruit de bottes à l’Est de l’Europe, restrictions d’accès au crédit et taux plus élevés, tout cela ne fait pas bon ménage avec l’activité immobilière. Ce printemps que les négociateurs, à l’égal des années antérieures, espéraient souriant, apparaît maintenant bien terne. Et même si l’ensoleillement rend le temps très agréable pour la plupart d’entre nous, le manque de précipitations fait craindre une sécheresse et rappelle, si besoin est, que les désordres climatiques vont se multiplier et auront des répercussions sur notre habitat. A fin avril l’activité de la plupart des études a donc connu un net coup de frein. La proportion des études à avoir enregistrée une baisse d’activité est passée en deux mois de 32% à 44% tandis que celle enregistrant une hausse est tombée de 23% à 13%. Les projections sur les deux mois à venir paraissent aussi peu plaisantes puisque seulement 6% de nos correspondants envisagent encore une amélioration de leur activité contre 41% sa détérioration, 53% misant sur sa stabilité. Graphiquement, on note que durant cette période la chute d’activité a été exactement celle anticipée par nos correspondants deux mois plus tôt. Seul point positif cette contraction de l’activité ne devrait pas s’amplifier pour les deux mois à venir.

Quelques lezardes dans la pierre
La chute annoncée d’activité s’est réalisée dans les mêmes proportions et devrait se poursuivre jusqu’en juin.

Tendance concernant les prix

Au niveau des prix le marché semble s’être quelque peu assagi. « Les approches acquéreurs sont moins euphoriques, moins dans la précipitation. Nous sommes revenu à un marché immobilier plus en phase avec la normale » déclare Tony DEFOIS à Chemillé-en-Anjou à quelques encablures d’Angers.

Et cela se traduit aussi bien pour les terrains que pour les logements par une très légère augmentation de la proportion des négociateurs prévoyant une baisse des prix de 29% à 31% et du maintien à 13% de ceux prévoyant une hausse. Quant à l’évolution du prix des commerces, la chute semble beaucoup plus modérée avec 48% d’opinions négatives pour 52% tendant à la stabilité.

Quelques lezardes dans la pierre
Le nombre des négociateurs qui prévoient une baisse des prix a tendance à se stabiliser.

Le conseil des notaires

Guerre en Ukraine et inflation tendant à se prolonger de nombreux mois, les positions à long terme deviennent plus évidentes. Il faut d’abord revendre son logement avant d’en acheter un autre pour près des trois-quarts des conseillers. Le quart restant se situe parmi ceux qui peuvent compter sur des opportunités de placement en particulier dans les localités qui demeurent très attractives grâce au télétravail. Pour les terrains à bâtir les avis sont nettement plus nuancés car l’achat d’un terrain à bâtir en période de crise peut se révéler un excellent investissement en cas de forte inflation. La répartition entre les conseils est alors de 48% pour la vente, 42% pour l’achat et 10% pour l’attente.

Quelques lezardes dans la pierre

Évolution de l'environnement économique

L’adaptation au changement climatique et les réductions sur les dépenses énergétiques dues à la guerre en Ukraine modifient dès à présent l’environnement économique. C’est ainsi que le nombre d’arrêtés de restriction des prélèvements d’eau a doublé en un mois, car il faut faire face à une sécheresse très précoce. Parallèlement pour s’affranchir du gaz russe se développe un système énergétique plus fondé sur le solaire, l’éolien et les centrales nucléaires. L’utilisation de panneaux solaires tend à se généraliser à la fois dans les maisons et les petites exploitations afin d’éviter des factures trop élevées en gaz et en électricité.

 

Bernard THION
Bordeaux, le 15 mai 2022