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Le notaire et l'immobilier - 30 Avril 2020

Des acquéreurs confinés pour mieux peaufiner leurs projets immobiliers


Des acquéreurs confinés pour mieux peaufiner leurs projets immobiliers

Le confinement suscite quelques interrogations sur « la vie d'avant que nous ne retrouverons pas… avant longtemps » ! Cependant, l'immobilier se montre toujours aussi rassurant au point de figurer parmi les projets prioritaires du moment, comme en témoigne Gwendal Texier, président de la chambre des notaires d'Ille-et-Vilaine.

Quelles démarches peut-on effectuer pour avancer dans son projet dans cette période de confinement ?

Gwendal TEXIER : Les études d'Ille-et-Vilaine se mobilisent au quotidien pour répondre aux clients par mail ou visioconférence. À cette gestion de crise, s'ajoute une décision importante du Conseil régional des notaires de la cour d'appel de Rennes qui vient faciliter les démarches des usagers. En effet, les études des Côtes-d'Armor, du Finistère, d'Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique et du Morbihan vont rouvrir pour la signature de procurations concernant les actes solennels comme les donations, les VEFA et les prêts hypothécaires. Cela répond à la tentative de recueillir les consentements à distance mais qui s'est heurtée à des problèmes de fonctionnement technique, sans compter les zones blanches en Bretagne qui limitent les connexions internet. Sous réserve de respecter les gestes barrières, les rendez-vous physiques peuvent donc être programmés dans les études bretonnes.

Comment faut-il mettre à profit cette période en vue d'une acquisition ?

Me TEXIER : nous mettons à profit nos solutions digitalisées pour accompagner les clients dans leurs projets immobiliers. Ce qui nous permet de signer des promesses de vente au moyen de procuration électronique après une présentation de l'acte par visoconférence. En effet, les acquéreurs confirment leur intention de signer et nous ne sentons pas un retournement de marché inquiétant pour l'avenir. Nous observons la même tendance du côté des vendeurs. Seul bémol, les banques semblent se montrer plus prudentes dans l'acceptation des dossiers. S'ajoute à cela une petite hausse des taux d'intérêts, de 0,7 point, qui ne vient pas améliorer la solvabilité des emprunteurs et réduit le nombre de personnes éligibles au financement immobilier. Malgré ce contexte, les transactions s'opèrent en mode « confiné ». Reste une petite part de ventes bloquées en raison des visites impossibles à réaliser à l'heure actuelle. Un bien nécessite en effet d'être vu avant toute prise de décision. Ajoutons aussi le déménagement qui ne peut être envisagé pendant cette période de confinement.

Quelles vont être les conséquences du confinement sur le marché immobilier ?

Me TEXIER : La crise s'accompagne d'une baisse non négligeable du volume de transactions immobilières. Espérons qu'un rattrapage à hauteur de 60 % % des ventes actuellement bloquées pourra s'opérer dans les mois qui viennent. Et gageons que le climat ambiant restera favorable à l'achat immobilier, car des personnes, particuliers et professionnels, redoutent une seconde vague et peut être un nouvel épisode de confinement… N'oublions pas que la distanciation sociale va nous obliger à prendre plus de précautions dans la réalisation des visites. D'où la nécessité de privilégier des pré-visites de biens sous forme de reportage photo ou vidéo. Une solution pour que les prospects disposent d'un maximum d'informations pour sélectionner les logements les mieux appropriés. De leur côté, les vendeurs pourraient confier en priorité la vente de leur maison ou appartement aux professionnels, notaires ou agents immobiliers, leur garantissant un maximum de sécurité.

À quels critères doit-on s'attacher dans le choix d'un bien immobilier ?

Me TEXIER : On peut imaginer que les personnes qui se sont retrouvées confinées en ville vont davantage s'intéresser aux habitations individuelles. Et avec la généralisation du télétravail, les standards liés au choix du lieux d'habitation pourraient évoluer. Le recours à la voiture étant plus limité, les personnes pourraient accepter de s'installer un peu plus loin de leur lieu de travail, dans des secteurs plus ruraux. À la condition que ces territoires bénéficient de la fibre pour les connexions internet. De même que le choix du logement pourrait conduire à acheter plus grand et à réserver une pièce au « home office ».

Pourquoi est-il raisonnable de penser que l'immobilier va renforcer son statut de valeur refuge ?

Me TEXIER : je ne ressens pas de mouvement de panique qui laisserait présager une crise de l'immobilier. Bien sûr, les transactions ne s'accompagnent pas de baisses de prix car les négociations datent d'avant la crise sanitaire. Cependant, je note que le contexte actuel n'a pas entamé la volonté d'acheter chez les particuliers ! La pierre rassure, elle se caractérise par son côté sécuritaire. Elle évite les excès de la spéculation comme elle répond dans notre région avant tout à un besoin de logement au titre de la résidence principale. La hausse des prix proviendra plutôt de l'inflation, compte tenu des milliards d'euros qui vont être injectés sur les marchés financiers pour répondre à la situation d'urgence économique. Espérons que les ménages bénéficieront également d'une inflation de leur pouvoir d'achat.

Quel est votre conseil pour un bon confinement d'ici au 11 mai ?

Me TEXIER : il faut voir cette situation de confinement comme une opportunité pour murir ses choix en termes de localisation du bien et d'offre de services dans la commune du lieu de résidence. Un temps précieux qui doit être mis profit pour savoir quels sont les réels besoins en termes de logement. Quant à la vente, elle reste généralement motivée par un projet de vie, comme de passer de l'appartement rennais à la maison à Saint-Malo. La situation actuelle ne doit pas amener à revoir systématiquement ses projets. Les prix de l'immobilier ne devraient pas baisser car le marché en Ille-et-Vilaine obéit à une saine régulation entre l'offre et la demande.

Propos recueillis le 23/04/20


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