Par Nathalie Duny, le 2 Juin 2017 dans INTERVIEW DE PERSONNALITES - People

Catherine Wilkening, actrice et réalisatrice, a connu le cercle infernal de la boulimie durant quinze ans. À travers un livre, elle raconte son combat poignant pour s'en sortir. L'artiste nous ouvre les portes de sa maison à la déco colorée. Interview exclusive pour Immonot.

Parlez-nous de votre livre…

J‘ai souhaité partager mon expérience. J'ai été boulimique durant 15 ans et j'ai mis des années avant d'aller consulter un psychothérapeute. Car c'est une maladie honteuse, ou plutôt une addiction. Et malheureusement, on ne peut pas s'en sortir si l'on n'est pas pris en charge. Personne autour de moi n'était au courant. Car contrairement à l'anorexie, ce trouble alimentaire ne se voit pas. Je n'ai jamais eu de problèmes de poids. Cela m'est arrivé alors que j'avais 22 ans, je n'étais plus chez mes parents. Aujourd'hui, cela fait près de 16 ans que je m'en suis sortie.

Au niveau de votre vie professionnelle, quels ont été les impacts ?

Le métier d'acteur est très difficile. Il faut être super fort, on nous demande d'être fragile, sensible voire hyper sensible, car c'est bon pour le jeu d''acteur. Malheureusement, à certaines périodes, je n'étais pas disponible, c'est tout.

Comment s'est déroulée l'écriture de votre livre ?

Très vite, en moins de 6 mois. C'était une nouvelle expérience. Livrer ma vie n'a pas toujours été facile, car je suis quelqu'un d'assez pudique. Ce fut parfois assez violent. Il ne faut pas juste se raconter soi, il faut toucher les autres. Mais attention, je ne me prends pas pour une psychologue. C'est un peu comme un striptease.  Il faut dévoiler ses fantômes. Peut-être que cela m'a amenée à m'accepter encore mieux.



Quels sont vos projets aujourd'hui ?

On me propose une adaptation du livre pour la télévision. Sinon, ma passion c'est la sculpture, et j'aimerais davantage exposer. Ce qui m'intéresse c'est la création sous toutes ses formes… la sculpture, l'écriture, les films. Avec la sculpture, j'ai beaucoup plus d'indépendance, de liberté.

Qu'est-ce qui vous énerve dans la vie ?

Les gens qui font des promesses et qui ne les tiennent pas, les gens qui ne sont pas réactifs et les gens qui se plaignent sans arrêt.

Quel est votre moteur ?

La création et l'amour qui est la vibration la plus forte qui existe au monde.

Vous êtes plutôt maison ou appartement ?

Maison sans hésitation.

Votre maison idéale, elle est comment ?

C'est une grande maison au bord de la mer. Idéalement avec beaucoup de grandes baies vitrées pour voir le paysage et plutôt isolée. Je n'ai pas envie que l'on voit tout ce que je fais. Avec un immense atelier annexe pour sculpter. J'habite actuellement dans le 19e, à Paris, une maison. C'est une maison sur 2 étages qui est divisée en 3 (nous sommes 3 propriétaires). J'ai une immense terrasse, je suis assez privilégiée. J'entends les oiseaux. C'est très calme.

Quelle est votre pièce préférée dans la maison ?

Mon atelier de sculpture. Et aussi mon salon où il y a mon bar cuisine.

Êtes-vous accro à la télévision ?

Non, je ne sais même pas allumer le bouton. Je ne regarde que des DVD. Je ne supporte pas le bruit de la télévision.

Avez-vous un ordinateur ?

Ah oui, je suis toujours connectée. C'est aussi parce que je travaille de chez moi.

Avez-vous des gestes écolo ?

Oui. Je fais attention à ce que je mange, je trie les poubelles. Je respecte les animaux…

Êtes-vous ordonnée ou pas du tout ?

Pas du tout. Je fais un grand rangement tous les quinze jours… pour remettre le désordre le lendemain.

Quelles sont vos couleurs préférées pour votre intérieur ?

Des couleurs très vives, mexicaines. Chez moi, c'est très coloré. Dans mon salon il y a du rouge, du jaune, du bleu et du vert. Je n'ai que des couleurs fortes. Je ne peux pas vivre dans le blanc. J'aime l'énergie de la couleur.

Votre dernier achat pour votre maison ?

Un arc en bois très solide pour suspendre mon hamac qui vient de Colombie.

Quel est l'objet dont vous ne pourriez pas vous séparer ?

Mon four de sculpture qui pèse quand même ½ tonne. C'est mon bébé.

Aimez-vous cuisiner ?

J'adore. Les personnes ayant eu des problèmes alimentaires aiment cuisiner. Cela leur permet d'être connectées à la nourriture sans manger. Je cuisine beaucoup à l'italienne.

Quel regard portez-vous sur les notaires ?

Je suis très attachée au mien. Cela fait 3 maisons que j'achète à Paris, j'ai toujours le même notaire. Il est fort sympathique, il vient à mes vernissages, à mes expositions. Il est curieux de tout et de ce que je fais. Et ça me plaît !

Propos recueillis le 02 juin 2017
par Nathalie Duny
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