Par Marie-christine Ménoire, le 13 Juin 2017 dans JE RÉNOVE - Je réalise des travaux

Vous commencez à vous sentir à l'étroit dans votre maison mais vous n'avez absolument pas envie de déménager. Vous y êtes si bien ! Seule solution : pousser les murs pour créer de nouvelles pièces ou agrandir celles existantes. Mais si l'option est tentante, sachez qu'une extension ne se fait pas d'un coup de baguette magique. Un minimum de choses sont à savoir avant le début du chantier.

Ciblez votre projet

Réaliser une extension est un gros chantier souvent (très) onéreux. Elle ne doit pas être considérée comme un simple ajout, mais pensée comme une pièce à part entière. C'est pourquoi avant de tout casser, sachez exactement quel type d'agrandissement vous souhaitez, et si cela est réalisable. Demandez-vous :
  • quelle sera l'utilisation de l'agrandissement (pièce à vivre, bureau, chambre, garage...) ? Sa destination et son implantation doivent être clairement définies. En effet, on ne conçoit pas de la même manière une chambre d'enfant, un studio d'ado ou un petit bureau
  • où sera située cette nouvelle pièce ?
  • quel budget vous pourrez consacrer aux travaux ?
  • quelle est la configuration des lieux et de quelle place vous disposez ?

Permis de construire et architecte

Un permis de construire est exigé si vos travaux :
  • - ajoutent une surface de plancher ou une emprise au sol supérieure à 40 m² ;
    - ou ajoutent entre 20 et 40 m² de surface de plancher ou d'emprise au sol et ont pour effet de porter la surface ou l'emprise totale de la construction au-delà de 150 m².
Le recours à un architecte est obligatoire pour toute construction de plus de 150 m2.
Mais même si votre projet est en deça de cette limite et ne vous oblige pas à recourir à un architecte, ses conseils peuvent vous être très précieux pour optimiser votre projet.

Adoptez la bonne technique

Il existe plusieurs façons d'agrandir sa maison mais elles sont souvent tributaires de l'existant, de la configuration des lieux et de la place disponible. Chaque cas est particulier et seul un professionnel pourra vous indiquer celle qui est la mieux adaptée :
  • construire une ou plusieurs pièce(s) supplémentaire(s) contre le bâti existant. Cette "extension horizontale" sera la solution idéale à condition d'avoir assez de terrain. Pensez aussi à consulter votre mairie pour savoir si vous avez le droit d'ajouter de la surface à la construction existante. À part ces deux préoccupations préalables, l'extension horizontale apparaît être la méthode permettant le plus de liberté quant au choix de la forme et des matériaux. L'extension pourra être dans le même style que l'existant ou au contraire totalement en rupture. Vous pouvez en profiter pour jouer avec les constrastes de styles, de couleur ou de matériaux. De nombreuses extensions sont en bois. Au niveau travaux proprement dit, même s'ils sont identiques à ceux nécessaires lors d'une construction à part entière (fondation, terrassement, plomberie...), votre intérieur existant ne sera pas trop "perturbé" par le chantier (puisque tout se passera à côté...)
  • surélever la maison (on parle dans ce cas "d'extension verticale"). Cette solution, souvent adoptée si vous n'avez pas beaucoup de terrain, notamment pour créer de nouvelles chambres, s'avère plus complexe techniquement. Cela suppose de démonter la toiture existante, monter des murs et des cloisons avant de refaire une nouvelle toiture, prévoir un escalier... Et en plus, la structure existante devra être assez solide pour supporter le poids de l'étage supplémentaire ! Ce serait dommage que tout s'écroule comme un château de cartes
  • aménager les combles. Là encore, les travaux sont conséquents (modification du plancher et parfois même de la charpente pour avoir suffisamment de hauteur sous plafond, isolation, électricité, plomberie, chauffage, création de fenêtres et pose de portes et d'un escalier...).

À savoir

La création d'une ouverture dans une toiture, dans le cadre de l'aménagement des combles, implique le respect de certaines distances légales par rapport à vos voisins. Consultez également votre mairie pour savoir si elle applique une réglementation particulière.

Aménagez votre sous-sol

Il est parfaitement possible de gagner des mètres carrés en optimisant l'utilisation de votre sous-sol pour en faire un bureau, une chambre, un spa, une salle de jeux, une buanderie... Comme pour le grenier ou les combles, c'est un des rares endroits de la maison où vous pouvez grapiller de la surface habitable. Inconvénients majeurs de cet endroit : l'humidité (il faudra peut-être prévoir des travaux d'étanchéité réalisés par une entreprise de plomberie) et le manque d'éclairage. Pour être considéré comme aménageable, votre sous-sol devra posséder une hauteur sous plafond de plus de 1,80 m (il faut pouvoir se tenir debout !!) et posséder une ouverture vers l'extérieur.

Construisez une véranda

Une véranda n'a pas qu'un but esthétique. C'est une vraie pièce à part entière ouverte sur votre jardin. Elle agrandira votre maison tout en créant un espace lumineux et convivial. Selon votre inspiration et vos envies, vous pourrez y installer votre cuisine, votre salle à manger ou un jardin d'hiver. Comme tout projet de grande envergure, la construction d'une véranda ne s'improvise pas. Cette extension doit être mûrement réfléchie et vous devez penser :
  • à son usage. En revanche, mieux vaut réfléchir à son utilisation dès sa conception, car se poseront les questions du chauffage et de l'isolation
  • à sa surface qui sera conditionnée par la place dont vous disposez ainsi que la destination de la pièce.

Pensez aux impôts

L'agrandissement de la surface habitable a des incidences sur vos impôts locaux et votre taxe foncière. La loi vous oblige à déclarer au fisc les constructions nouvelles, agrandissements, les changements d'affectation ou encore les travaux modifiant la superficie ou le volume de votre logement dans les 90 jours de la réalisation définitive de la construction ou du changement d'aspect extérieur.
  •  Imprimer