Par Marie-christine Ménoire, le 7 Mai 2018 dans INTERVIEW DE NOTAIRES - Le notaire et l'immobilier

Pour séduire les acquéreurs, les notaires se sont dit qu'il fallait proposer des biens à des prix attractifs ! D'où l'idée de recourir à un système d'appel d'offres - sur le même principe que des enchères - qui permet de départager différents acheteurs. Avec 36h immo, la transaction se déroule en toute transparence et peut se traduire par une belle opération immobilière, comme en témoigne Louis Reveleau, notaire à Bordeaux.

Dans quels cas proposez-vous une vente interactive ?

Me Reveleau : Nous nous basons sur 2 critères principaux :
  • Un critère objectif : le bien lui-même, qui devra se situer dans un secteur recherché et également correspondre à une "typologie" susceptible d'intéresser le maximum d'acquéreurs. Par exemple, à Bordeaux, ce sont les vieilles échoppes qui attirent les acquéreurs. Tous les types de biens sont cependant susceptibles d'être vendus via une vente interactive, sauf les biens très atypiques (nécessitant une rénovation très importante, les terrains dans des secteurs peu demandés…) qu'il est préférable de mettre en vente d'une façon plus "traditionnelle" ;
  • Un critère subjectif concernant plus les personnes. Nous sommes beaucoup contactés dans le cadre du partage des indivisions successorales. Pour les héritiers, cette formule est rassurante car elle assure une parfaite transparence entre les héritiers (pas d'entente possible entre un héritier et un acquéreur), mais aussi vis-à-vis du fisc. Si ce profil de vendeur est encore présent dans nos études, la vente interactive tend à séduire de plus en plus de particuliers « autres » qui sont attirés par les avantages de ce type de vente.

Quels sont les retours obtenus avec ce système de transactions ?

" Les acquéreurs ont la certitude de vendre au meilleur prix en conservant le contrôle du choix de l'acquéreur "

Me Reveleau : Nous réalisons en moyenne 10 ventes interactives par trimestre. Côté vendeurs, nous obtenons de bons retours car le système est sécurisant. Ils ont la certitude de vendre au meilleur prix tout en conservant le contrôle du choix de l'acquéreur. C'est là une des spécificités de la vente interactive par rapport à une vente aux enchères classique. C'est le vendeur qui choisit, au final, son acquéreur sur la base des informations dont il dispose (financement…) et non pas forcément de l'offre la plus élevée. Côté acquéreur, l'intérêt principal est de pouvoir faire une offre à n'importe quel moment dans le délai imparti. Ce n'est pas le premier arrivé qui est sûr de remporter l'enchère. Il y a donc une réelle égalité des chances entre tous les acquéreurs potentiels. Les acquéreurs sont aussi séduits par le fait qu'ils peuvent visiter le bien autant de fois qu'ils veulent et qu'ils ont en main toutes les informations nécessaires concernant le bien (diagnostics…). Les notaires font un gros travail de sensibilisation auprès des acquéreurs qui, parfois, trouvent le délai de 36h un peu court. Mais en leur expliquant le mécanisme, ils sont « rassurés » car ils admettent avoir le temps de se faire une réelle opinion sur le bien et que 36h suffisent pour se positionner sur le bien. 

Pouvez-vous nous donner une anecdote rencontrée lors d'une vente interactive ?

Me Reveleau : Il est indéniable que nous sommes entrés dans l'ère de l'instantanéité et que l'immobilier n'y échappe pas. Si, pour l'anecdote, des acquéreurs m'ont dit avoir eu l'impression de faire un "marathon" de 36h, on tend de plus en plus à ce type de transactions. Cela traduit aussi le souci du notariat à participer à la modernisation de la profession tout en conservant les garanties liées à l'acte authentique et à l'accompagnement du notaire.
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