Par Christophe Raffaillac, le 23 Juin 2017 dans INTERVIEW DE NOTAIRES - Le notaire et l'immobilier

À l'instar de la tendance observée au plan national, la Dordogne profite de la reprise de l'immobilier. Un climat favorable qui profite en priorité aux villes et à leurs périphéries. Il devrait bientôt se faire sentir dans les villages typiques du Périgord, comme en témoigne Maître Barnerias, président de la chambre des notaires de la Dordogne.

L'immobilier connaît un beau succès, la Dordogne profite-t-elle de cet engouement ?

On constate un volume de transactions plus important en Dordogne, concernant essentiellement les résidences principales. Les budgets consacrés à ces acquisitions varient entre 120 000 et 150 000 €. Les terrains à bâtir profitent également de cette embellie, puisque les projets de construction retrouvent de la vigueur. Les professionnels du bâtiment le confirment. La demande des acquéreurs se concentre sur l'axe Saint-Astier - Périgueux (que je connais bien), le long de l'autoroute et autour de l'agglomération de Périgueux. Les secteurs plus éloignés et ruraux souffrent encore d'un marché atone.

Faut-il s'intéresser à l'achat d'une résidence secondaire dans le département ?

Globalement, le marché redémarre grâce à l'effet conjugué de la venue de jeunes retraités et du retour des étrangers. D'une part des gens de la région parisienne viennent s'installer dans la périphérie de Périgueux, dans des communes proposant des commerces et des services. D'autre part, les Anglais renouent avec leur comportement d'avant crise pour réaliser des acquisitions de résidences secondaires. Dans les deux cas, ces publics se portent acquéreurs des biens qui avoisinent les 300 000 €, et qui offrent de belles prestations. Les Allemands apprécient également le caractère des maisons en pierre traditionnelle. Pour les biens d'exception, des clients internationaux sont séduits par la région. Par exemple, une américaine vient d'acheter une demeurre de charme à Saint-Robert (19) d'une valeur de 700 000 €. Si le marché de la résidence secondaire en Dordogne ne capte pas les acheteurs français, en revanche les Périgourdins manifestent de l'intérêt pour devenir propriétaires de biens situés sur la côte Atlantique, sur le bassin d'Arcachon notamment.

En quoi le notaire peut-il aider les acquéreurs à concrétiser leur projet ?

En amont de l'acquisition, à la signature de l'avant-contrat, le notaire effectue de nombreuses vérifications. À commencer par l'étude des diagnostics immobiliers, la vérification de l'existence de baux ou encore la présence de servitudes. Cela passe aussi par des conseils sur l'opportunité de constituer une société, l'intérêt d'investir dans l'immobilier locatif ou la possibilité de réaliser une extension. Bien sûr, nous pouvons informer sur toutes les conséquences fiscales et patrimoniales liées à ce projet immobilier. Ce qui conduit aussi le notaire à exercer en matière de droit international privé, afin de conseiller les acquéreurs étrangers. Comme les gens bougent plus, les transactions nécessitent plus d'expertise juridique, et le notaire apparaît l'interlocuteur privilégié pour accompagner au mieux les acquéreurs.
  •  Imprimer