Par Christophe Raffaillac, le 10 Octobre 2019 dans INTERVIEW DE NOTAIRES - Le notaire et l'immobilier

Si le succès de l'immobilier parisien se confirme de mois en mois, sa vitalité rejaillit sur la grande et la petite couronne. Thierry Delesalle, notaire à Paris, nous donne de bonnes raisons d'acheter au plus près de Paris pour récolter les fruits d'un placement sécurisant.

Que nous apprennent les chiffres clés du marché immobilier parisien ?

Me DELESALLE : Le chiffre clé concerne les 10 000 €/m2 à Paris qui avaient été annoncés depuis décembre 2018 et qui ont été franchis au mois d'août !  Assez forte actuellement, l'augmentation des prix avoisine 7 %, voire 8 % par an. Raison à cela : nous sommes dans un marché de pénurie avec des taux d'intérêt exceptionnellement bas, ce qui multiplie la volonté des Franciliens d'acheter. Cela vaut aussi à l'échelle du pays puisque nous avons dépassé le million de transactions sur 12 mois.

Doit-on en déduire que Paris manque de logements ?

Me DELESALLE : Paris enregistre un petit peu moins de transactions cette année. En effet, le parc de logements mutables a tendance à diminuer depuis une vingtaine d'années. On ne réalise pas assez de constructions neuves tandis que la part de logements sociaux s'est accrue, passant de 10 à 21 % en 15 ans. Cette augmentation résulte d'un effort de construction et de la transformation de biens qui se retrouvent aujourd'hui sur le marché de la location et non de la transaction. Ce qui explique la baisse des ventes à Paris par rapport aux années 1999/2000. Cette tension s'accompagne donc d'une hausse des prix.

Peut-on craindre une bulle immobilière ?

Me DELESALLE : Non, je ne pense pas car la quasi-totalité des acquéreurs sont des utilisateurs. Qui irait placer aujourd'hui à Paris alors que les loyers y sont encadrés ! De plus, le rendement s'avère décevant compte tenu du prix d'acquisition. Il vaut mieux investir en banlieue ou en province.
Les personnes qui achètent à Paris y voient d'abord le moyen de préserver leur capital, par conséquent de réaliser un placement sécurisant. Il n'y a pas mieux que la pierre pour constituer un patrimoine, c'est pour cela que les Français achètent mais pour se loger et pas forcément pour louer. À Paris aussi, les acquéreurs recherchent avant tout une habitation principale, donc il y a peu de risque de bulle immobilière.

Peut-on dire que Paris sert de locomotive ?

Me DELESALLE : Il y a toujours eu cet effet tache d'huile avec Paris qui concentre les prix les plus élevés compte tenu de la pénurie de biens. Logiquement, la petite couronne réserve des tarifs moins élitistes et la grande couronne encore moins chers. La construction neuve permet en effet de parvenir à un marché des appartements relativement équilibré, où l'offre correspond à peu près à la demande. De fait, les prix augmentent de seulement 2,5 % par an pour un volume de transactions important. Ce qui fait de la grande couronne un territoire idéal pour acheter ou investir. À Paris, le phénomène  de pénurie prévaut : beaucoup de gens veulent acheter et la construction neuve fait défaut.

Quel conseil donneriez-vous aux acheteurs ?

Me DELESALLE : Aujourd'hui, la réforme des retraites inquiète beaucoup les Français. Je pense que cela va être un élément déclencheur supplémentaire pour les encourager à acheter. Non seulement à Paris mais sur l'ensemble de la France ! Les particuliers comparent les loyers qui augmentent et les taux d'intérêt qui baissent et ils se disent « il faut y aller ! »
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