Par Christophe Raffaillac, le 27 Juin 2017 dans INTERVIEW DE NOTAIRES - Le notaire et l'immobilier

À la question de savoir s'il faut jeter l'ancre à Arcachon, au Cap-Ferret, « côté » bassin ou océan, Nicolas Peyré, notaire, répond à la lueur de la demande des acquéreurs. Dans tous les cas, ils s'accordent à dire que l'immobilier demeure un placement très bien « coté » !

Qu'est-ce qui fait la singularité du marché immobilier du Cap-Ferret ?

Me Peyré : très étendue, la commune de Lège-Cap-Ferret se caractérise par la diversité de son marché immobilier. Divisée en hameaux ou villages, avec Le Cap Ferret, La Vigne, l'Herbe… qui se succèdent sur une vingtaine de kilomètres, les prix d'acquisition vont du simple au triple en fonction de l'emplacement convoité. Ainsi, les prix médians vont de 350 000 euros à Lège-Cap-Ferret pour atteindre 1 200 000 euros au Cap-Ferret. En règle générale, plus on se rapproche de la pointe du Cap-Ferret, plus les prix augmentent. Pour trouver des prix médians intermédiaires, il faut aller vers les secteurs La Vigne, Le Canon, L'herbe à 800 000 euros, Piquey à 650 000 euros ou Claouey à 500 000 euros. Ces budgets ne concernent pas les biens avec vue sur le bassin dont le montant peut tripler en fonction de la situation. La singularité de ce marché tient aussi à la forte présence de résidences secondaires. La commune compte environ 8 500 habitants pour se décupler à la belle saison. Enfin, l'attractivité du secteur est sans doute liée à sa protection architecturale. À quelques exceptions près, les copropriétés verticales ont été interdites et la construction diffuse en lotissements a été privilégiée. Grace à cette protection urbanistique, cette côte du bassin a été largement préservée et a su rester "authentique".

Quel type de bien préconisez-vous d'acheter sur le secteur ?

Me Peyré : il faut d'abord acheter le bien qui plaît et se situe dans ses moyens. S'agissant d'une résidence secondaire, la seule idée de faire un "placement immobilier" ne doit présider à toute intention d'achat. Mais à ma connaissance, c'est un investissement qui n'a jamais baissé et donc un bon choix patrimonial. Il ne m'appartient pas de préjuger de l'avenir à la lumière du passé. Cependant, les indicateurs sont plutôt favorables à une augmentation de la valeur foncière. Tout d'abord à cause de la rareté, la presqu'île cu Cap-Ferret n'est pas extensible, la construction en hauteur est interdite et les choix urbanistiques ne sont pas tournés vers une densification de la zone balnéaire. La future accélération, avec la desserte Paris-Arcachon, est également un vecteur à prendre en compte.

En quoi le notaire peut-il accompagner les acquéreurs dans leurs recherches ?

Me Peyré : si le marché immobilier Ferret Capien est en plein essor, il faut analyser avec précaution le bien acquis et son emplacement. C'est déterminant puisque la presqu'île est cernée par la zone submersible et l'érosion dunaire. Ces secteurs rendent une partie du Cap-Ferret inconstructible et non reconstructible en cas de sinistre. La plupart des biens sont situés dans des lotissements dont les cahiers des charges contiennent autant de règles que les acquéreurs doivent bien connaître avant d'acheter. La décision finale devra être prise après analyse de toutes ces contraintes.

Prix médian à Lège-Cap-Ferret (1er trimestre 2017)*
Maisons 550 000 euros - prix stable
Terrains 260 euros /m2 (à Andernos)
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