La médiation permet d'apaiser les conflits autrement avec les notaires du Limousin
Successions bloquées, séparations conflictuelles, litiges immobiliers ou tensions entre associés… certaines situations juridiques deviennent rapidement difficiles à gérer lorsque le dialogue se rompt. Pour proposer une alternative aux procédures judiciaires longues et coûteuses, la Chambre interdépartementale des notaires de Corrèze, Creuse et Haute-Vienne vient de créer un Centre de médiation notariale. Alexia Bonhoure, notaire à Dournazac, et Sarah Vareille, notaire à Châlus, expliquent pourquoi cette approche fondée sur l'écoute et la recherche d'une solution amiable répond à un besoin croissant.
Pour entretenir de bonnes relations juridiques, la Chambre interdépartementale des notaires de Corrèze, Creuse et Haute-Vienne vient de créer un service à destination des personnes qui seraient préoccupées ou concernées par des situations inconfortables en matière de droit. Le nouveau Centre de médiation notariale permet de consulter un professionnel pour régler des évènements conflictuels en favorisant le dialogue, comme nous l'indiquent Alexia BONHOURE et Sarah VAREILLE, notaires médiatrices.
Dans quelles circonstances peut-on recourir à la médiation notariale ?
Alexia BONHOURE : Avec un large champ d'action, ce nouveau Centre de médiation notariale peut aussi bien apporter son soutien dans les domaines du droit de la famille, droit immobilier, que du droit commercial… Il agit à l'initiative des parties ou de leurs conseils, avocat ou notaire. Il intervient également à la demande d'un juge pour des médiations judiciaires.
Sarah VAREILLE : la situation la plus fréquente concerne le règlement des successions lorsque les parties n'arrivent pas à se mettre d'accord. Souvent, le problème trouve son origine dans des non-dits, des rancœurs qui remontent parfois à l'enfance. La situation de blocage ne concerne pas seulement la dimension patrimoniale mais aussi les relations familiales.
Comment les notaires vont-ils agir pour pacifier les relations ?
Alexia BONHOURE : Nous informons les parties sur l'objectif de la médiation qui procède d'une démarche totalement volontaire. Après accord des personnes, nous leur proposons des entretiens préliminaires individuels afin de préparer la séance plénière. Ce cadre rassurant permet d'engager sereinement les échanges…
Sarah VAREILLE : Lors de la séance plénière, les parties peuvent être accompagnées de leur conseil notaire ou avocat mais aussi d'un proche si cela les rassure. Notre rôle de médiateur consiste à faciliter le dialogue par une écoute active. Impartial et neutre, le notaire médiateur ne juge pas, il aide à faire émerger les solutions selon les besoins et intérêts de chacun.
Comment se déroule la résolution du conflit entre parties ?
Sarah VAREILLE : Dans une succession difficile par exemple, les parties reviennent sur des événements du passé comme un partage entre frères et sœurs jugé injuste. Nous réunissons alors les conditions pour que les émotions puissent se libérer et la situation se débloquer.
Alexia BONHOURE : Une fois cet apaisement trouvé, nous sollicitons les professionnels du droit avocats et notaires présents pour envisager ensemble les pistes juridiques. Les solutions peuvent d'autant mieux être trouvées que les parties participent à leur construction. Objectif : il faut que l'issue retenue soit non seulement viable mais aussi pleinement perçue comme équitable par tous.
Pour quelles raisons faut-il privilégier la médiation en termes de solution ?
Sarah VAREILLE : À la différence de la voie judiciaire où le juge impose une décision, la médiation permet d'aboutir à une solution choisie par les parties, ce qui la rend bien plus durable et viable.
Un procès génère de la souffrance psychologique car on ne peut pas exprimer ce que l'on a sur le cœur ! En plus, cette judiciarisation prend du temps et coûte de l'argent. À la différence, la médiation permet de se libérer, de s'exprimer, et parfois même de reconstruire une relation.
Alexia BONHOURE : Sur le plan financier, la médiation s'avère plus avantageuse que la voie contentieuse. Elle évite les honoraires d'avocat sur plusieurs années, les frais de procédure et les aléas d'une décision judiciaire. Au-delà du coût, c'est surtout un service inédit que les notaires proposent désormais à leurs clients.
Avant la création de ce Centre de médiation notariale, les usagers du droit devaient s'orienter vers un procès et un partage judiciaire face à une situation de blocage. Aujourd'hui, nous leur offrons une vraie alternative, plus humaine et plus rapide.
De quelle manière peut-on contacter le service de médiation notariale ?
Alexia BONHOURE : Il s'agit de contacter directement la Chambre des notaires au 05 55 77 15 91. Par ailleurs, le site https://mediation.notaires.fr regroupe les adresses de tous les centres de médiation notariale à l'échelle du territoire national. Il suffit de sélectionner le centre du Limousin, de remplir un questionnaire en ligne et d'envoyer sa demande. La démarche est simple et accessible à tous.
Sarah VAREILLE : Très bientôt, le site de la Chambre interdépartementale des notaires de Corrèze, Creuse et Haute-Vienne va proposer une page dédiée au centre de médiation. En attendant, nous vous invitons à nous contacter par mail à l'adresse suivante : [email protected]
Par ailleurs, les 14 notaires médiateurs se déplacent aussi bien en Corrèze, Creuse ou Haute-Vienne pour faciliter l'accès de chaque citoyen à ce nouveau service de médiation notariale.
Propos recueillis en mai 2026 par C. Raffaillac
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