Ménage dans les meublés de tourisme
Largement fréquentés, les meublés de tourisme connaissent le succès en raison de leur situation et de leur réglementation. En effet, leurs propriétaires peuvent enchaîner les réservations et procéder à une défiscalisation.
Jusqu'à présent, les revenus profitaient d'abattements intéressants au moment de réaliser sa déclaration d'impôts. Sauf que cette saison 2026 s'annonce moins radieuse eu égard à la loi Le Meur du 19/11/2024 qui se présente comme un dispositif de régulation des meublés.
La première raison de déchanter concerne en effet la taxation des recettes 2025. L'abattement n'incite plus à claironner puisque les meublés de tourisme classés voient leur exonération sur les revenus passer de 70 % à 50 %. Pour les logements non classés, elle diminue de 50 à 30 %.
Parallèlement, l'obligation qui s'impose aux détenteurs de meublés d'effectuer leur déclaration d'activité en mairie devient de plus en plus pressante… Depuis ce 20 mai 2026, ils doivent se faire référencer sur la plateforme nationale "API Meublés". En attendant son déploiement, c'est le système mis en place par la mairie où se situe le meublé qui doit être utilisé. En découle un numéro d'enregistrement qui doit obligatoirement figurer sur les annonces de location et sur les réservations.
Par ailleurs, la sobriété énergétique de ces locations saisonnières ne va pas manquer d'être mise à l'épreuve. Pour les biens situés en zone tendue (zone B1), comme à Brest et sa métropole, et soumis à autorisation de changement d'usage, leur étiquette énergie doit être comprise entre les classes A et E. D'ici à 2034, elle va se resserrer de A à D et s'imposer à tous les meublés, quelle que soit leur localité.
Enfin, certains immeubles se montrent bien peu hospitaliers. Soumise au vote des copropriétaires à la majorité des deux tiers, l'interdiction de louer un meublé au sein d'une résidence en copropriété peut désormais s'appliquer.
Naturellement, ces logements conservent des atouts en termes de rentabilité économique et d'attractivité touristique. Cependant, leurs propriétaires doivent songer à les faire évoluer et à se déclarer pour que les prochaines années leur réservent de belles saisons de location. Sans doute une façon de préserver leur pouvoir de séduction !
Xavier CAUGANT
Notaire associé
Président délégué du Finistère de la Chambre des Notaires de l'Ouest
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