Immonot, l'immobilier des notaires
Actualités - 28 October 2019

"Brexit, es-tu là"
Les propriétaires britanniques vont-ils sortir de France ?

CR
Christophe Raffaillac

Alors que Boris Johnson joue à cache-cache avec l'Union Européenne au niveau du Brexit, de plus en plus de Britanniques s'interrogent sur l'opportunité de conserver leurs biens immobiliers français. Une sortie de l'UE "sans accord" pourrait les inciter à revendre rapidement !

Signe prémonitoire d'Halloween et contre toute attente de Boris Johnson, le Brexit n'interviendra pas le 31 octobre ! Les représentants des 27 pays européens à Bruxelles ont acté le principe d'accorder un nouveau report de la sortie du Royaume-Uni jusqu'au 31 janvier 2020. Ce qui pourrait provisoirement rassurer les Britanniques détenteurs de biens immobiliers en France qui redoutent un "hard Brexit" selon une source des Échos.

Les risques du Brexit

Ce nouveau rebondissement avec le report du Brexit peut-il rassurer les propriétaires britanniques en France ? Espérons-le car selon un récent communiqué de Sextant Properties, les porteurs de projets immobiliers s'inquiètent : "les acheteurs anglais sont de plus en plus sur la réserve, à la différence des vendeurs qui souhaitent céder leurs biens au plus vite". Craignant une sortie de l'Europe sans accord, les Britanniques pensent qu'ils pourraient avoir, à terme, plus de mal à circuler en Europe (visa, démarches administratives) et à se rendre dans leur résidence basée dans l'hexagone. Selon le cofondateur de Sextant, les propriétaires risqueraient de vendre hâtivement pour récupérer du cash. Une opportunité pour les Français qui pourraient acheter dans de bonnes conditions !

Conséquences sur le marché immobilier…

Outre le Brexit, il faut prendre en compte le faible attachement des Britanniques à la pierre. Ils conservent en moyenne leur bien 5 ans avant de le revendre. Selon les calculs de Sextant Properties, une sortie sans accord pourrait s'accompagner de l'arrivée de 100 000 biens sur le marché, ce qui risquerait d'entraîner une possible baisse ponctuelle des prix sur les marchés de Dordogne, de Charente, des Côtes-d'Armor, de la Manche et de la Côte d'Azur, là où les Britanniques sont très présents. À l'inverse, en cas de Brexit avec accord, la France pourrait voir arriver une vague d'acheteurs plongés dans l'attentisme depuis 3 ans.

Les Britanniques perdent du terrain…

Depuis juin 2016, date du référendum sur le Brexit, les Britanniques détenteurs de biens immobiliers semblent quitter l'UE, notamment le sol français. Selon une étude du Conseil Supérieur du Notariat sur les étrangers non-résidents, le repli du nombre de propriétaires a atteint 7 % entre 2016 et 2017. Une évolution qu'il conviendra de surveiller car les Britanniques représentent encore 27 % des acquéreurs non-résidents, devant les Belges et les Allemands. D'autant que ce chiffre ne doit pas occulter une autre tendance, celle qui incite d'autres Britanniques à investir en France pour se protéger des risques du Brexit…