Marché immobilier début 2026 : la reprise se confirme
Les notaires observent un retour progressif de l’activité immobilière début 2026. Transactions, évolution des prix, conditions de crédit : cette enquête réalisée auprès des professionnels du notariat éclaire les tendances du marché et les perspectives pour les mois à venir.
Tendance concernant l'activité
L’immobilier renforcerait-il son statut de valeur refuge ? À n’en pas douter avec cette nouvelle Tendance du Marché qui nous confirme une reprise de l’activité en termes de transactions.
En témoignent les 21 % de correspondants qui ont constaté une hausse des ventes alors qu’ils n’étaient que 4 % à dresser ce constat 2 mois auparavant, en décembre 2025. Une valeur que corroborent les propos de Sabine PILIMINDY, négociatrice notariale à Melun (77) : « une légère hausse des avant-contrats se fait ressentir, le marché bouge et bougera plus à l'arrivée du printemps ».
Logiquement, la part des attentistes et des pessimistes recule pour se situer respectivement à 39 % et 41 %, alors qu’elle représentait 44 % et 51 % lors de la précédente consultation des notaires.
Belle perspective car cette reprise de l’immobilier ne semble pas vouloir s’essouffler à court terme : 20 % des notaires interrogés s’accordent en effet à penser que le marché va continuer d’évoluer sur un rythme ascendant pour les 2 mois à venir. Là encore, les propos de Florian BIGOTTE, négociateur notarial à Phalempin (59) se veulent porteurs d’espoir : « les prix restent stables avec une demande et une offre constantes également, on commence à ressentir un rebond en ce début de trimestre ».
En effet, les intentions d’achat semblent au rendez-vous si l’on se réfère à la production des crédits à l’habitat (hors renégociations). Elle s’établit à 12,8 Mds € en décembre 2025 contre 6,9 Mds € en février 2024, selon la Fédération Bancaire Française. Preuve que la Pierre figure au rang des actifs principaux à constituer. La stabilité des taux d’intérêt avec une moyenne de 3,20 % (en janvier 2026) selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, conjuguée à l’ajustement du prix de l’immobilier avec l’indice Notaires Insee de +0,2 % seulement pour les maisons en province en 2025, traduit une conjoncture favorable pour envisager une acquisition.
Tendance concernant les prix
Preuve que le marché retrouve de la fluidité, les perspectives de baisse des prix qui se réduisent. En effet, la part de notaires pronostiquant un repli recule de 58 à 51 % en l’espace de deux mois seulement. Ce qui les place presque sur un pied d’égalité avec les 46 % de répondants qui se prononcent pour une stabilité des prix.
Voilà une position qui va mériter toute notre attention pour les mois qui viennent… Il semblerait que les ajustements de prix qui pouvaient bloquer le marché se soient opérés de 2024 à 2025, années faisant partie de la période post covid où la demande s’est enflammée et les prix ont flambé !
Désormais, les acquéreurs bénéficient du travail de négociation mené en direction des vendeurs pour amener ces derniers à prendre toute la mesure de la nouvelle donne : le marché a changé de main pour passer dans celles des acheteurs. Une situation que confirme Frédéric LUPIS, négociateur à Gagny (93) : « les clients recherchent avec l'ambition d'acheter mais ne se laissent pas entraîner dans des surenchères. L'achat se fait à un prix de marché raisonnable ».
Dans ce marché immobilier que les derniers mois ont permis d’assainir, l’offre produit tend à se réduire… Raison pour laquelle il faut se positionner pour acheter avant le retour de possibles tensions sur les prix ! En février, l’indice des prix immobiliers (IPI) SeLoger - Meilleurs Agents - Les Echos avoue une progression de 1,9 % sur un an glissant à Paris.
Le conseil des notaires et les perspectives économiques
Seule ombre au tableau qui fait sans doute écho à l’environnement géopolitique préoccupant : la position de vente prioritaire devient très largement majoritaire puisqu’elle rallie 87 % des avis contre 80 % lors de la précédente enquête.
Cependant, une lueur s’installe du côté des terrains où la vente en première intention ne se justifie que pour 56 % des sondés, 39 % estimant qu’il faut d’abord acheter. Cette préconisation s’explique assurément au regard du manque de foncier constructible. Situation qui atteint tout son paroxysme à la veille des élections municipales où les projets de révision des PLU se voient reporter à de nouvelles échéances…
Il faut aussi voir dans cette quête de terrain un intérêt marqué pour la construction neuve. Les primo accédants peuvent bénéficier du Prêt à taux zéro, sous conditions, qui vient redorer leur pouvoir d’achat immobilier dans sa version 2026 encore plus généreuse. De plus, le « neuf » offre des performances énergétiques de premier plan, au point de faire de l’ombre à bien des maisons anciennes qui souffrent de leur statut énergivore au regard de leur DPE.
Voilà un critère de choix d’autant plus observé avec les crises de l’énergie que nous venons de passer et auxquelles il faut à nouveau nous préparer… À l’heure où nous écrivons ces lignes, la situation au Moyen Orient ne peut qu’inciter à la prudence avec la naissance d’un nouveau conflit Israël-USA/Iran, dont tous les acteurs économiques se seraient bien dispensés.
Déjà, le prix du Brent vient de renouer avec le seuil des 85 $ le baril contre 65 € avant la crise. Cependant, l’Agence internationale de l’énergie prévoit pour 2026 une offre mondiale excédentaire, avec une croissance de la production supérieure à la demande, créant un « coussin » face aux chocs.
Si les cours du pétrole et le gaz vont quelque peu se raviver, gageons que le déblocage de la situation dans le détroit d’Ormuz viendra apaiser les assauts inflationnistes…
Bernard THION et Christophe RAFAILLAC
Bordeaux, le 3 mars 2026