Par Christophe Raffaillac, le 16 Mars 2018 dans INTERVIEW DE NOTAIRES - Le notaire et l'immobilier

Avec le temps, le Médoc semble offrir un terroir de plus en plus propice à l'immobilier. Sur la côte et en bordure de métropole bordelaise, la demande des acquéreurs croît fortement, et 2017 vient de produire un bon millésime selon Maître Didier Nicolas, notaire à Pauillac.

Comment les prix ont-ils évolué dans le Médoc ?

Me Didier Nicolas : Ils suivent une pente ascendante liée à l'attraction de l'agglomération bordelaise. Ce qui se traduit par une hausse de 2,8 % du prix des maisons anciennes. Un retournement qui fait suite à une érosion continue ces dernières années. Précisons que le Médoc est un vaste territoire avec plusieurs micro-marchés. De Blanquefort à Castelnau-de-Médoc, la demande reste soutenue. Plus au nord, les transactions souffrent d'un contexte immobilier plus atone. Tandis que sur la côte, l'intérêt des acquéreurs pour l'immobilier se confirme de mois en mois. Les conséquences des phénomènes tempêtes et érosion littorale semblent s'estomper. Le marché redevient « vendeur », avec très peu d'offres. Espérons que le développement des axes routiers permettra d'accompagner cette reprise, d'autant que la côte médocaine offre des paysages magiques et un art de vivre qui séduit bien des acquéreurs.

Quel budget faut-il prévoir pour acheter une maison de 4 à 5 pièces dans le secteur ?

Me Didier Nicolas : Sur la côte, il faut compter un budget de 280 000 à 300 000 €. Quant aux terrains à bâtir, les écarts de prix restent significatifs, allant de 30 à 100 €/m2 entre le nord et le sud Médoc.

Quels sont les atouts du secteur ?

Me Didier Nicolas : Des entreprises «high tech» devraient contribuer à l'essor économique du secteur médocain et à attirer de nombreux cadres et ingénieurs. Si le doublement de certains axes routiers se réalise, les habitants seront toujours plus nombreux à choisir le Médoc pour s'y installer. Le côté «sauvage» du littoral séduit aujourd'hui. Et les prix sont plus abordables que dans la métropole. Ce qui attire les investisseurs qui peuvent dégager jusqu'à 8 % de rentabilité locative brute. Ils achètent une maison 120 000  €, qu'ils louent 600 à 700 €. Cela permet à des primo-investisseurs de se constituer un patrimoine. À titre de comparaison, un T4 à Bordeaux coûte environ 300 000 €.

Que conseillez-vous aux acquéreurs ?

Me Didier Nicolas : Il faut choisir son lieu de vie par rapport à son activité professionnelle pour éviter des temps de transport trop importants et coûteux. Et les investisseurs peuvent s'intéresser à la location de courte durée pour profiter du développement  de l'œno-tourisme pour remplir leurs logements. Et puis les châteaux médocains projettent d'accueillir plus de public et de favoriser la venue de paquebots de croisière jusqu'à Pauillac.
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