Par Christophe Raffaillac, le 19 Février 2018 dans INTERVIEW DE NOTAIRES - Le notaire et l'immobilier

 Pour Maître Fabrice Gauthier, notaire à Bordeaux, le succès immobilier rencontré par la ville de Bordeaux dépasse toutes les espérances en 2017. Le niveau des prix et le volume des transactions enregistrent des records qui confirment la belle vitalité du marché.

Comment le marché immobilier réagit-il face à l'engouement que connaît Bordeaux métropole actuellement ?

Me Gauthier : Nous ne sommes pas dans un marché spéculatif mais dans un marché immobilier ultra dynamique, pour ne pas dire le plus dynamique puisqu'en termes de chiffres, au mètre carré, les appartements dans l'ancien occupent les premières places en province alors que nous étions 20e il y a deux décennies. Étant précisé que ce n'est pas un marché spéculatif, car l'essor démographique a besoin d'être absorbé. Cela impacte inévitablement le marché immobilier qui se trouve à flux tendu au niveau de la métropole régionale.

Donnez-nous des chiffres-clés qui attestent de ce dynamisme

Me Gauthier : Le premier concerne le prix du m2 dans l'ancien où Bordeaux atteint aujourd'hui les 3 550 €/m2, ce qui est un prix important, très loin de ceux observés dans les autres grandes métropoles que sont Rennes, Nantes, Toulouse, Montpellier, Marseille… où les prix restent en-dessous de 3 000 €/m2. Le second, il nous vient de l'évolution des prix de l'immobilier qui ont subi de 6 à 10 % d'augmentation en une année. Ce qui se traduit par une croissance très forte en termes de prix, et qui pose un problème d'accession à la propriété pour beaucoup de nos concitoyens.

Quel budget faut-il prévoir pour acheter un T3 à Bordeaux ?

Me Gauthier : Cela dépend du quartier, mais aujourd'hui, trouver à se loger dans Bordeaux à moins de 300 000 € relève de l'exploit ! Abandonnez l'idée d'acheter une maison individuelle à ce prix-là, et même à 300 000 €, les logements ne se situent pas dans les quartiers les mieux desservis et ne profitent pas d'une réelle qualité architecturale.

Dans un marché comme Bordeaux, que conseillez-vous pour repérer les logements à vendre ?

Me Gauthier : Comprendre le marché tient en 3 mots : rapidité, réactivité et décision. Dans un marché tendu, ceux qui visitent et qui répondent à l'issue de la visite "on se laisse le temps de la réflexion" sont certains qu'il sera trop tard lorsqu'ils rappelleront le soir. Un autre acquéreur aura saisi l'opportunité, il faut donc aller vite.

Pour les mois à venir, prévoyez-vous des hausses à 2 chiffres comme en 2017 ?

Me Gauthier : Les notaires ne sont pas Madame Soleil, c'est difficile de prévoir. Mais tous les curseurs sont au vert, on n'a pas de raison de penser que le marché de l'immobilier va ralentir. Au contraire, on pense qu'on va encore être sur une forte croissance, peut-être à deux chiffres. Mais il faut veiller à ce que le marché reste non spéculatif malgré l'affluence démographique et des taux d'intérêt bas. Beaucoup de gens sont déjà montés dans le train de l'immobilier en revendant leur logement, et disposent d'un apport personnel important pour racheter plus grand avec l'arrivée d'un enfant.

Propos recueillis le 05/02/08
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