Par Marie-christine Ménoire, le 28 Février 2019 dans INTERVIEW DE NOTAIRES - Le notaire et l'immobilier

Acheter une maison, SA maison est souvent la concrétisation d'un projet de vie. Avant de se lancer, il est important de se poser les bonnes questions et d'y répondre avec le plus de précision possible. C'est ce que va faire Me Dyon au travers de quelques conseils pour que le rêve devienne réalité en toute sérénité.

Quels sont les critères clés à prendre en compte ?

Ils sont de 3 ordres :
  • la situation personnelle de l'acquéreur. Votre situation professionnelle vous paraît-elle stable ? Un achat immobilier doit être envisagé sur le long terme (au moins 7 ans) pour être « concurrentiel » avec la location (compte tenu des frais d'achat, des charges foncières… pesant sur le propriétaire). Votre situation familiale est-elle susceptible d'évoluer (enfant à venir par exemple) ? Dès le départ, il est important de le savoir pour déterminer la surface du bien correspondant à votre projet présent et futur
  • le critère géographique et environnemental. Définissez le secteur géographique qui vous convient le mieux, que ce soit pour des raisons objectives, qui seront des impératifs pour vous (lieu de travail, voies de circulation, services…) ou subjectives (envie de résider dans un secteur qui vous paraît agréable, valorisant socialement…)
  • préférez-vous un bien habitable de suite ou à rénover ? Êtes-vous un bricoleur né ou la vue d'un marteau vous effraie-t-elle ? Pour le candidat acquéreur bricoleur, voire professionnel du bâtiment, la maison à rénover sera tentante. Beaucoup moins chère à l'achat avec la possibilité d'une remise en état à son goût et pour un coût moindre.  Attention tout de même à bien évaluer l'investissement en temps que cela va nécessiter. À l'euphorie du début peuvent vite succéder la fatigue et le découragement. Pour l'acquéreur « lambda », le choix d'une maison à rénover ne sera viable qu'avec une étude chiffrée des travaux de remise en état afin de vérifier que le budget prévu pour cet investissement n'explose pas. À défaut, se tourner vers un bien ne nécessitant pas d'autres travaux que ceux de décoration (papiers peints, peinture…).

Quelles sont les erreurs à éviter ?

  • parier sur un avenir non maîtrisé. Pour rebondir avec ce qui vient d'être dit, on doit se méfier d'un plan de financement mal maîtrisé. Croire que ce que l'on ne peut financer aujourd'hui pourra l'être demain peut s'avérer dangereux. L'hypothèse est peut-être vraie pour certaines personnes ayant de vraies perspectives d'évolution de carrière. Mais pour le plus grand nombre, il est difficile d'évaluer avec fiabilité ce que sera sa situation dans 10 ans. On doit se souvenir que le financement du bien va, le plus souvent, endetter l'acquéreur pour 20 ou 25 ans, période pendant laquelle d'autres besoins se feront sentir ;
  • céder à l'impatience. Il faut se méfier de soi-même. Gare à la précipitation. Une fois défini le type de bien recherché, il faut prendre son temps pour le trouver. Ne pas hésiter à visiter plusieurs biens. Dès qu'un bien retient votre attention, le visiter au moins 2 fois, entièrement (la maison mais aussi ses dépendances). Regardez avec attention les installations sanitaires, le chauffage, l'implantation du bien par rapport aux voisins, les facilités d'accès…

Entourez-vous des conseils d’un notaire

N'hésitez pas à consulter un notaire. Parce qu'il connaît bien le marché immobilier local et les règles d'urbanisme applicables, le notaire sera un allié précieux dès le départ du projet. Il pourra vous conseiller sur la valeur des biens et sur la faisabilité d'un projet (extension de l'habitat, construction d'une dépendance, d'une piscine...). Il sera vigilant sur la régularité des travaux qui ont pu être faits par le vendeur et nécessitant des autorisations d'urbanisme. Il sera en mesure de vous indiquer le planning à respecter pour la réalisation du projet (délais divers pour l'avant-contrat, obtention du prêt bancaire, documents nécessaires à la rédaction de l'acte de vente…).

 
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