Un Jardin Sur Le Toit - Immonot.com
Immonot, l'immobilier des notaires
Actualités - 04 November 2015

Un jardin sur le toit

CR
Christophe Raffaillac

Un jardin sur le toit

Les architectes, constructeurs et paysagistes n'ont pas attendu la COP 21 (conférence sur le climat qui aura lieu en décembre à Paris) pour avoir un "sursaut vert". Aujourd'hui, les maisons sont écologiques, économiques et bioclimatiques. Avec une tendance lourde : la toiture végétalisée !

La technique n'est pas nouvelle, comme en témoigne le jardin suspendu de la tour Guinigi (14e siècle) à Lucques en Toscane. Plus que jamais, à l'heure où il est question d'accord universel sur le climat avec la COP 21, les toitures végétalisées (ou "toits jardins") permettent de répondre aux enjeux de notre société actuelle, qu'ils soient environnementaux ou énergétiques. En effet, elles :

  • luttent efficacement contre l'effet de serre,
  • participent au rafraîchissement naturel de la ville en limitant l'"îlot de chaleur urbain",
  • améliorent la qualité de l'air (elles retiennent la poussière, réduisent le taux de CO2…),
  • ont un fort impact visuel et esthétique,
  • optimisent le confort thermique (c'est un excellent isolant contre le froid et le chaud) et acoustique (elles atténuent le bruit d'environ 50 décidels),
  • permettent de récupérer les eaux de pluie, un "or bleu" de plus en plus précieux.

Les architectes, constructeurs et paysagistes l'ont bien compris et, un peu partout, les initiatives fleurissent.

C'est notamment le cas à Paris où il est prévu de végétaliser, d'ici 2020, 100 hectares de murs et toits (programme de végétalisation de la ville). Dans la capitale toujours, les "jardins" gagnent du terrain et prennent de la hauteur, poussant parfois à 80 mètres au-dessus des grands boulevards. Ainsi, au printemps dernier, le toit des Galeries Lafayette était non seulement occupé par des ruches… mais on y cultivait aussi des fraises sur 1 000 m² ! Baptisé "Sous les fraises", ce jardin extraordinaire est sorti tout droit de l'imagination de Yohan Hubert, un ingénieur agronome (ou plutôt un "magicien" !) qui a déjà installé des cultures hors sol sur les toits grenoblois. Plus qu'un toit végétal, il s'agissait en fait d'un mur composé de supports en matériaux recyclés sur lesquels poussaient (sans terre) les fraisiers (les plants étant nourris par des micro-organismes et de l’eau, le tout géré par logiciel).

Autres exemples :

  • Certains immeubles parisiens et lyonnais bénéficient aujourd'hui d'un toit "high tech". Il s'agit d'une toiture végétalisée connectée permettant de lutter contre les inondations ! Cette prouesse technique (médaille d’or, catégorie Innovation au Mondial du Bâtiment) réutilise les deux tiers de l’eau de pluie reçue. Elle a été mise au point par la société Le Prieuré et l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon.
  • Le centre commercial Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris, s'est doté d'un toit végétalisé de la taille d'un terrain de foot (7 000 m2) en 2013. Il accueille des jardins partagés, des refuges pour oiseaux et même des ruches (6 soit près de 400 000 abeilles).
  • la loi sur la biodiversité oblige les nouveaux bâtiments commerciaux à avoir leur toiture partiellement végétalisée ou, à défaut, des équipements de production d'énergies renouvelables, tels que des panneaux photovoltaïques, éoliennes…

Si les idées et les réalisations de grande envergure ne manquent pas, il est possible de réaliser, à sa petite échelle, une toiture végétalisée. Seules conditions : ne pas se précipiter, bien vérifier avant de se lancer que la construction du toit répond à divers paramètres (solidité, étanchéité…), choisir des plantes adaptées, prendre conseil auprès de professionnels certifiés…  et se donner les moyens de voir la vie en vert dans de bonnes conditions !

V.A.

 

 


Newsletter immonot