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Tendance du marché immobilier - 22 Septembre 2023

La pierre en manque de crédit !

BT
Bernard Thion

La pierre en manque de credit

Si les acheteurs voient toujours de l’intérêt à s’attacher les bons et loyaux services d’un bien immobilier, ce rapprochement semble de plus en plus inaccessible. Les refus de prêts mettent à mal de nombreuses tentatives d’acquisition. Ce qui provoque inévitablement un effritement du cours de la pierre !

Tendance concernant l'activité

Il ne faut pas confondre crise du logement et marché immobilier en crise. Si la première se révèle assez violente par manque d’anticipation de nos dirigeants qui, par facilité, ont préféré aider l’acquisition au détriment du marché locatif, le marché immobilier suit depuis bientôt deux ans une lente décrue suivant en cela l’augmentation des taux d’intérêt.

Graphiquement, on voit ainsi que l’activité des services de négociation est demeurée relativement stable depuis la fin du printemps. Quant aux prévisions de nos négociateurs après avoir été quelque peu optimistes en mai, elles rejoignent celles beaucoup plus modérées constatées fin août. C’est ainsi que dans LA MANCHE Me Olivier LEGROS constate: « Marché calme avec quelques fulgurances quand un bien (résidence principale ou secondaire) sort sur le marché à un prix attractif (un prix juste) ».

La pierre en manque de credit
Les prévisions à fin octobre descendent au niveau d’activité des derniers mois

Tendance concernant les prix

Si on cherche des explications à cette baisse des prix qui, notons-le et suivant notre graphique, a débuté il y a bientôt 2 ans, on la trouve essentiellement dans la restriction majeure des crédits immobiliers, avec des prêts en recul de 45 % sur un an. En outre, avec des taux d’intérêt à long terme à 3 % et une inflation à 6 %, alors qu’en bonne doctrine économique ces chiffres devraient être inversés, on sent bien que les prix immobiliers ne peuvent que poursuivre cette tendance baissière. Ce qui n’empêche pas de connaître quelques moments de répit comme ce fut le cas, semble-t-il, cet été. C’est ainsi que pour les logements, la proportion de ceux prévoyant une baisse des prix diminue en 2 mois de 78 % à 66 %, alors que 34 % estiment leur maintien au niveau actuel et 0 % une hausse. Pour les terrains, ces chiffres demeurent assez stables d’un mois sur l’autre, les proportions étant respectivement de 61 %, 36 % contre 57 %, 43 % il y a deux mois pour les 2 premiers chiffres.

La pierre en manque de credit
La chaleur de cet été paraît avoir eu un effet bénéfique sur les prix des logements.

Le conseil des notaires

Le marché étant continûment baissier depuis plus d’un an, les conseils dans leur grande majorité demeurent orientés à la vente soit, en pourcentage, 79 % pour les logements et 50 % pour les terrains. Dans le premier cas, un petit nombre de nos participants, 9 %, maintiennent leurs conseils à l’achat. Ils sont dans des régions privilégiées où, comme le précisait déjà Me ODY à La Guerche de Bretagne, le marché s’est stabilisé au niveau des prix et la demande reprend.

Pour les terrains à bâtir, la proportion des acheteurs est beaucoup plus importante mais commence à se réduire sensiblement avec 22 % contre 33 % lors de notre dernière enquête, avec une proportion toujours importante des hésitants, le marché étant difficile à apprécier à plus long terme.

La pierre en manque de credit

Évolution de l'environnement économique

Le ralentissement de l’activité économique dans la zone euro s’est amplifié plus que prévu en août tandis que la baisse de l’inflation y marquait une pause à 5,3 % en raison de la hausse récente des prix de l’énergie. Suivant Le Monde du 17 septembre, « Aux Etats-Unis, l’immobilier est au bord de la crise avec l’effondrement des ventes de locaux commerciaux. Le résidentiel résiste pour l’instant, mais les ingrédients d’une catastrophe semblent réunis ». C’est une nouvelle inquiétante car cela rappelle les prémices de la crise des années 1990. Après les Etats-Unis, elle a touché la plupart des grands pays industrialisés et s’est traduite par un effondrement des prix de l’ordre de 20 à 30 % dans un délai très court, corrigeant les excès apparus à partir du milieu des années quatre-vingt.

 

Bernard THION
Bordeaux, le 17 septembre 2023


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