Qu'est-ce qui vous ramène sur la ligne de départ de cette Route du Rhum sur un Ocean Fifty ?
Luke BERRY : Après deux Routes du Rhum en Class40, catégorie plus modeste, mes partenaires et moi embarquons pour une aventure à grande voilure le dimanche 1er novembre 2026. Avec un bateau plus imposant et une équipe plus importante, nous relevons un défi sportif et entrepreneurial avec cette course sur l'Ocean Fifty. Ce format permet d'atteindre des vitesses de glisse qui me motivent à prendre le départ sur un multicoque. En effet, ce bateau a déjà remporté cette course.
En tant qu'architecte naval, qu'est-ce qui vous lie à votre bateau ?
Luke BERRY : La vitesse, d'abord. L'envergure ensuite. Ces trimarans permettent d'embarquer une dizaine de personnes et de filer " pleine balle " ! Entre la vitesse et les sensations, il n'y a rien de mieux. Nos partenaires invitent leurs clients et collaborateurs pour des sorties en mer. Plus de 500 partenaires et leurs invités ont pu embarquer à bord pour vivre des sensations inoubliables.
Comment prépare-t-on, corps et bateau, un tel défi ?
Luke BERRY : Le bateau doit d'abord être irréprochable techniquement. Physiquement, ces multicoques sont très exigeants car ils bougent énormément. Pour le navigateur, cela suppose d'être gainé et développé du haut du corps, on passe son temps à mouliner les winches. L'endurance compte tout autant et je me suis fixé dans mes objectifs de préparation un semi-marathon et un triathlon " format M " pour garder la forme. J'y ai ainsi découvert le vélo, moins traumatisant que la course à pied. Tout sportif professionnel doit rester régulier dans ses entraînements.
Météo, avaries… quels sont les écueils à éviter pour tenir le cap ?
Luke BERRY : Comme tout marin, je redoute la casse. On a beau se préparer à toutes les éventualités, il y a toujours l'avarie qu'on n'avait pas anticipée : la panne mécanique, la collision avec un objet flottant. Je crains aussi la " pétole ", la mer d'huile. Comme mon bateau compte parmi les plus anciens de la flotte, le manque de vent le pénalise compte tenu de son poids. La traversée dure dix à douze jours, mais ils en valent vingt sur un autre support, tant la tension est permanente car ces bateaux ne pardonnent aucune erreur de pilotage.
Vous portez les couleurs du Rire Médecin, aux côtés de Lamotte : que représentent ces engagements ?
Luke BERRY : Le Rire Médecin, que nous soutenons pour notre deuxième Route du Rhum, a une vocation simple : envoyer des clowns comédiens professionnels dans les services pédiatriques pour offrir un instant de bonheur aux enfants et, au-delà, aux soignants et aux parents. C'est la plus grande association dans ce secteur avec 150 clowns, 100 000 enfants accompagnés chaque année, une présence dans 85 services. Quant à Lamotte, il s'agit d'un promoteur immobilier national piloté par une entreprise familiale.
Fidèle partenaire depuis plus de dix ans avec la Mini-Transat, il nous accompagne pour cette nouvelle Route du Rhum. Le projet fédère aujourd'hui une quarantaine de partenaires, essentiellement des acteurs du bâtiment et de la construction. Un bel équipage car les parallèles entre notre challenge sur Ocean Fifty et le pilotage d'entreprise sont nombreux.
Comment le public peut-il vous suivre et vous soutenir jusqu'à Pointe-à-Pitre ?
Luke BERRY : nous allons animer les réseaux sociaux plus intensément à l'approche du départ. Il nous reste un dernier galop d'essai, une course à Lorient, avant la grande échéance. Mon objectif n'est pas seulement de gagner, c'est de traverser, de vivre une belle aventure et de fédérer autour du projet. Ces bateaux sont délicats et rapides — jusqu'à 40 nœuds, soit près de 75 km/h — et il faut trouver, tout au long de la course, le bon curseur entre vitesse et sécurité. Je tiens enfin à remercier les entreprises bretonnes de la construction et de la promotion. Entièrement financé par ses sponsors, le projet leur doit beaucoup, et leur fidélité, malgré un marché plus tendu, compte énormément. Enfin, avec mes origines Malouines, je prends un plaisir particulier à prendre le départ d'une course à domicile !
Propos recueillis en septembre 2026 par C Raffaillac
Luke Berry, le Malouin qui a le vent en poupe
Ingénieur de formation et installé à Saint-Malo, Luke Berry navigue au large depuis plus de dix ans. Après le Mini 6.50 et deux Routes du Rhum en Class40, il passe en 2023 au trimaran Ocean Fifty " Le Rire Médecin–Lamotte ". Il signe une 3e place à la dernière Transat Café L'Or.
Le 1er novembre, il s'élance en solitaire pour sa 3e Route du Rhum, cap sur la Guadeloupe.













