Pour quelles raisons le généalogiste intervient-il pour régler des successions ?
Les notaires nous sollicitent de plus en plus et nous consulteront encore davantage à l'avenir. Les familles évoluent et se recomposent, les gens bougent, en France comme à l'international. Auparavant, une personne naissait, se mariait et vivait dans le même village mais ce n'est plus le cas. Du fait des remariages, certains héritiers ignorent jusqu'à l'existence de leurs demi-frères et demi-sœurs. Identifier les ayants droit, qui revient à établir la dévolution successorale, s'avère de plus en plus complexe.
Comment accompagnez-vous le notaire dans la recherche des héritiers ?
Notre mission comporte deux volets. D'abord la recherche " papier ". Il s'agit d'établir la dévolution successorale sous la forme d'un tableau généalogique du défunt. Ensuite, une fois les héritiers identifiés sur le papier, il faut les retrouver physiquement pour les contacter. Le notaire nous confie ces missions car son métier consiste à régler la succession en disposant des bonnes informations. Pour l'anecdote, l'un de nos tableaux, avec des cousins au sixième degré, représentait 35 mètres de papier à imprimer !
En quoi consiste l'expertise du généalogiste successoral aujourd'hui ?
Le métier évolue. Avant, le notaire nous consultait lorsqu'il ne connaissait aucun héritier. Aujourd'hui, nous traitons de plus en plus de dossiers de vérification. Il s'agit de confirmer l'identité des héritiers concernés par la succession. S'y ajoute la localisation de légataires désignés par testament, dont on ignore parfois tout. Si notre expertise en filiation demeure, elle se double désormais d'un véritable travail de détective.
Quelles sont les situations qui conduisent le notaire à solliciter un généalogiste ?
Le cas le plus classique se présente lorsqu'aucune famille n'est connue à l'ouverture de la succession. Cependant, il faut aussi être vigilant lorsque des pièces manquent, comme un livret de famille, en présence de remariages et de familles recomposées. Vigilance aussi lorsque le parcours professionnel du défunt a impliqué une grande mobilité, en France comme à l'étranger.
Comment votre étude poursuit-elle son développement ?
Nous misons sur la présence terrain et nous allons régulièrement à la rencontre des notaires. Depuis septembre 2024, notre bureau de Toulouse nous permet de nous rapprocher des offices notariaux de la Haute-Garonne. Ce maillage du territoire que nous tissons depuis notre siège de Brive nous permet d'enregistrer une croissance constante de notre activité par rapport à plusieurs indicateurs.
Quels sont les atouts d'HEREDES pour faciliter le règlement des successions ?
La réactivité. En effet, nous nous fixions pour objectif de rendre une vérification classique au bout d'un mois maximum. La transparence ensuite. Nous tenons le notaire informé de l'avancement du dossier, des blocages éventuels et des solutions. La représentation des héritiers enfin. Cela vaut aussi pour les bénéficiaires que le notaire connait déjà. Plutôt que de réunir dix héritiers dispersés, nous les représentons en nous rendant à l'office notarial afin de traiter avec un seul interlocuteur. Ainsi, nous les informons et signons pour eux pour débloquer des situations.
Pouvez-vous nous faire part d'une expérience marquante ?
À mes débuts, j'ai contribué à régler la succession d'un homme placé sous tutelle, décédé dans un centre pour personnes handicapées, sans famille connue. J'ai retrouvé cinq frères et sœurs, tous issus, comme lui, de l'aide sociale à l'enfance. Aucun ne connaissait l'existence des autres. En décembre, après le règlement, l'un d'entre eux, âgé de 70 ans, m'a appelé pour me remercier : il allait passer, pour la première fois de sa vie, des fêtes en famille. Ce jour-là, j'ai réalisé combien j'avais contribué à donner du bonheur.
Propos recueillis en juillet 2026












