Par Marie-christine Ménoire, le 8 Juin 2017 dans JE VEUX DES INFOS PRATIQUES - Je suis locataire

Une page se tourne. Votre enfant se lance dans des études supérieures dans une grande ville, loin de votre domicile. Ce qui suppose de trouver une solution pour le loger. Vers quelles formules faut-il se tourner pour limiter les frais sans pour autant risquer de le priver d'un confort minimum ?

Résidences universitaires 
Peu d'élus

Avec près de 600 établissements, les résidences universitaires sont les solutions les plus prisées par les jeunes. Gérées par le CROUS, les loyers pratiqués défient toute concurrence. Les étudiants peuvent, en plus, prétendre à l'Aide au logement social (ALS) et sont exonérés de taxe d'habitation. Idéalement situées, elles sont à proximité du lieu d'étude et bien desservies par les transports en commun. Avec en prime l'ambiance étudiante ! Mais les places sont rares. Seuls 11 % des bacheliers peuvent accéder à ce type de logement. Elles sont en priorité destinées aux étudiants boursiers dont la famille a de faibles revenus. Cela vaut tout de même la peine de déposer un dossier car il s'agit, de loin, la piste la plus économique. Pour une chambre meublée de 9 m2, comptez entre 150 et 200 euros de loyer et aux alentours de 400 euros pour un studio de 21 m2.

À savoir

Le résident s'engage à respecter les règles de la vie collective inscrites dans le règlement intérieur. Il est libre de ses entrées et sorties, et peut recevoir des visites, mais il est le seul à pouvoir occuper le logement. Le non-respect du règlement intérieur et tout acte contraire à la vie en société peuvent entraîner des sanctions allant jusqu'à l'exclusion de la résidence.

Les résidences étudiantes
Une solution clé en main

Il s'agit ici de résidences privées de type résidences services. Gérées par des groupes privés, ces résidences rassemblent des studios ou des deux-pièces meublés. Elles disposent de diverses parties communes (buanderie, cafétéria, salle de sport...). Les tarifs sont équivalents au prix d'une location classique. Pour l'aider à financer son loyer, l'étudiant peut toutefois déposer une demande auprès de la CAF (Caisse d'Allocations Familiales) pour bénéficier, sous certaines conditions, d'une APL (Aide Personnalisée au Logement) ou d'une ALS (Allocation de Logement Social).

Et pourquoi pas acheter ?

Si votre enfant se prédestine à de longues études dans la même ville, acheter le logement peut être une opération plus rentable qu'avoir recours à la location. En analysant les prix d'achat et les loyers de différentes villes, on s'aperçoit que le coût d'une location pour un cursus long (5 ans) peut avoisiner la moitié du prix d'achat du même logement. Dans l'optique d'une stratégie d'investissement à long terme, acheter le logement dans lequel son enfant habitera pendant ses études peut donc être rentable.

Prêt ou location à son enfant
Quelles conditions ?

Si vous avez la chance de posséder un studio ou un appartement dans la ville où votre enfant a choisi de faire ses études, rien ne vous interdit d'opter pour cette formule. Cela fait partie de l'obligation alimentaire qu'ont les parents envers leurs enfants. C'est pourquoi si l'enfant auquel vous prêtez le logement a des frères et soeurs qui ne poursuivent pas leurs études supérieures, ceux-ci ne pourront pas lui demander de réintégrer cet avantage le jour de la succession. Seul inconvénient pour le propriétaire : il ne pourra pas déduire de ses revenus locatifs les charges liées à l'immeuble loué.
Pensez à prévoir un contrat dans lequel il sera précisé que ce prêt est fait uniquement pour votre enfant (juridiquement, cela s'appelle un contrat "intuitu personnae"). Cela évitera notamment que l'ami(e) de votre enfant ne revendique le droit d'occuper le logement, par exemple en cas de séparation.
Si vous préférez lui louer l'appartement, vous devrez rédiger un bail de location en fixant un loyer en cohérence avec les prix du marché local, comme vous le feriez avec n'importe quel locataire. L'administration fiscale tolère cependant que vous pratiquiez un loyer dans une "fourchette basse" et de ne pas appliquer de réévaluation annuelle.
Par contre, votre enfant ne pourra pas bénéficier des aides au logement, même s'il ne fait plus partie de votre foyer fiscal. Par contre, en tant que propriétaire-bailleur, vous pourrez déduire les charges locatives de vos revenus (travaux, assurance...). Et, cerise sur le gâteau, le risque locatif étant moindre, pour ne pas dire inexistant, vous pourrez vous dispenser de souscrire une assurance contre les loyers impayés.

Des aides plus temporaires

Si aucune des solutions évoquées plus haut ne vous donne satisfaction, vous pourrez aider votre enfant plus "ponctuellement" notamment avec une donation temporaire d'usufruit. Dans ce cas de figure, vous ne donnez pas un logement à votre enfant mais les moyens financiers de louer son propre appartement. En tant que propriétaire du bien, vous en conservez la nue-propriété mais vous donnez l'usufruit à votre enfant. Grâce à cette technique patrimoniale, il percevra les loyers provenant du bien pendant une durée déterminée (généralement la durée de ses études). Vous pouvez également vous porter caution pour votre enfant. Vous vous engagez à payer le loyer si votre enfant n'honore pas ses engagements.

La colocation : la solution à tenter

C'est la solution idéale pour diminuer le montant du loyer, partager les frais… avec un logement plus spacieux. Sans oublier la convivialité et la possibilité de se faire des amis. Une variante encore peu connue de la colocation : le logement intergénérationnel. C'est une bonne piste pour trouver un logement pas cher, voire gratuit dans certains cas. Le principe est simple : en échange d'une chambre gratuite ou d'un loyer modéré, le jeune aidera la personne âgée à faire ses courses, lui rendra de menus services (petits travaux de bricolage...). Une solution gagnant-gagnant pour les deux parties. Mais attention, comme pour une colocation "classique", avant de se lancer, il faut bien évaluer en amont les implications de la cohabitation et vérifier que les futurs colocataires vont pouvoir s'entendre !
  •  Imprimer