Par Stéphanie Swiklinski, le 6 Décembre 2018 dans JE RÉNOVE - J'aménage mon logement

La maison écologique n'est plus un caprice d'architecte avant-gardiste ni un luxe inaccessible. Rêver d'une maison saine et respectueuse de l'environnement est aujourd'hui une nécessité. Le rêve devient alors possible. Quelles sont les pistes à suivre pour avoir une maison écologique idéale ?

L'esprit de la maison écologique

Pour avoir une maison écologique, 3 choses sont à mettre en avant :
  • La performance énergétique. Les habitations respectueuses de l'environnement doivent être conçues pour réaliser des économies de chauffage et d'électricité. Pour une maison neuve, son implantation doit en conséquence être dûment pensée, son isolation doit être performante, elle doit aussi, bien entendu, utiliser des énergies renouvelables.
  • La santé et le bien-être de ses occupants. Une des préoccupations majeures actuelles est la qualité de l'air, non seulement à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur des maisons. La maison écologique se doit donc d'être construite avec des matériaux non toxiques, des peintures sans solvant ou avec des diluants à base d'eau ou d'huiles essentielles.
  • Le respect de l'environnement. Lors de la construction de la maison, le choix des matériaux est primordial pour porter le moins possible atteinte à l'environnement. Les matériaux doivent être naturels, peu ou pas transformés et surtout issus de circuits courts c'est-à-dire avec un transport court et le moins polluant possible.

Le puits canadien c'est quoi ?

Ce système consiste à faire passer, avant qu'il ne pénètre dans la maison, une partie de l'air neuf de renouvellement d'air hygiénique par des tuyaux enterrés dans le sol, à une profondeur de l'ordre de 1,50 mètre. En hiver, le sol à cette profondeur est plus chaud que la température extérieure : l'air froid est donc préchauffé lors de son passage dans les tuyaux.

Maison bioclimatique, passive, autonome... à vous de choisir !

" Une maison passive n'a pas forcément de production d'énergie locale, alors que la maison à énergie positive va produire parfois plus d'énergie qu'il n'en faut. "

Il s'agit des différentes "techniques" qui existent pour construire une maison écologique.

La maison bioclimatique tire parti de l'environnement. Elle repose sur 3 critères essentiels : l'orientation, l'isolation, la ventilation renforcée pour favoriser le renouvellement de l'air et limiter les déperditions énergétiques de la maison. Il s'agit de puiser dans son environnement naturel et proche les ressources nécessaires au confort des habitants. Deux objectifs à atteindre : se protéger de la chaleur en été et profiter au mieux du soleil hivernal. la maison bioclimatique doit :

En hiver :
  • capter la chaleur du soleil,
  • conserver cette énergie,
  • la répartir dans la maison,
  • la stocker pour la réutiliser la nuit.
En été :
  • se protéger au maximum du soleil,
  • empêcher la chaleur de pénétrer la journée dans la maison,
  • ventiler et aérer au maximum.
En tenant compte de ces différents paramètres, la maison idéale sera une maison plutôt compacte dans son aspect ; cela permet ainsi de limiter les pertes de chaleur. Si la configuration de votre terrain le permet, il est judicieux d'orienter votre maison plein sud, pour profiter au maximum de l'ensoleillement et de la lumière naturelle en hiver. En été, les pergolas ou les toitures un peu avancées permettront de vous protéger naturellement du soleil.

La maison à énergie positive est une maison qui produit plus qu'elle ne consomme. On s'attache plus à la gestion de la consommation énergétique du bâtiment. Cinq points sont essentiels pour parvenir au but :
  • une auto-consommation,
  • des factures énergétiques réduites,
  • pas de folies architecturales : on reste dans le basique,
  • les occupants sont acteurs du logement,
  • un surcoût à prévoir par rapport à une maison classique de 10 à 15 %.
Pour y parvenir, une attention toute particulière est portée à l'isolation de la toiture, des sols, murs et fenêtres, à l'absence de ponts thermiques, à la faible consommation des appareils électroménagers... L'énergie produite par la maison est récupérée par le biais d'équipements adaptés pour assurer ses besoins en éclairage et chauffage. Attention cependant, une maison à énergie positive n'est pas pour autant auto-suffisante !

La maison passive est une habitation dont la consommation en énergie de chauffage est basse et ne dépasse pas 15 KWh par m2 et par an. Le principe est simple et repose sur :
  • une bonne isolation thermique,
  • une ventilation de l'air,
  • et l'énergie solaire.
Elle conserve une température ambiante agréable été comme hiver. L'architecture de ce type de maison est simple et orientée vers le sud. Elle tire donc parti au maximum du climat. Encore peu développée en France, la maison passive est quasiment autonome sur le plan énergétique. En effet, la chaleur dégagée à l'intérieur de la maison (par ses habitants, les appareils électriques...) et celle apportée par l'extérieur (ensoleillement) suffisent à répondre aux besoins en chauffage. Dans un habitat traditionnel, le chauffage ne sert qu'à compenser les pertes de chaleur. Le secret est de bien isoler les parois par l'extérieur et de supprimer les fameux "ponts thermiques" qui favorisent les pertes. Le triple vitrage sera aussi à conseiller, ainsi que la ventilation double-flux et éventuellement un puits canadien dans les régions chaudes. La ventilation appelée "double-flux" est possible grâce à un système de flux entrant et de flux sortant passant par la ventilation, avec un échangeur de chaleur. Pour avoir sa place dans une maison passive, ce système doit pouvoir récupérer plus de 75 % de la chaleur de l'air sortant pour la communiquer à l'air entrant. On utilise même la chaleur des "eaux grises" sortantes pour réchauffer les eaux entrantes venant du réseau ou de l'air entrant. Il s'agit des eaux de  lave-vaisselle, lave-linge, douche... Les maisons passives ont généralement une structure compacte pour diminuer la surface à isoler. Toujours dans une optique de préservation de l'environnement, 80 % de ces maisons sont à ossature bois. Le seul bémol est son coût : de 5 à 10 % plus cher qu'une maison classique. À noter que dans le cadre d'une rénovation, on peut parfaitement transformer un habitat existant en bâtiment passif, en installant une couche d'isolant à l'extérieur.
 

Des matériaux qui respectent la planète

  • Pour l'isolation, optez pour des laines végétales (cellulose, lin, chanvre) ou animales (plume…) qui remplaceront avantageusement les laines de verre et autres laines de roche qui contiennent des liants toxiques.
  • Pour la couverture, on abandonnera définitivement la tuile béton ou le bac acier au profit de la tuile terre cuite ou du bardeau bois. Un toit terrasse végétalisé améliorera grandement le confort d'été et dispensera d'une climatisation.
  • Côté menuiseries, on choisira le bois ou l'aluminium à la place du PVC qui dégage des gaz nocifs en cas d'incendie.
Après l'étape construction, lors des finitions, on traquera encore et toujours tous les matériaux toxiques dans toute la maison : PVC, colles…
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