Par Stéphanie Swiklinski, le 10 Septembre 2018 dans JE RÉNOVE - J'aménage mon logement

Le réchauffement climatique préoccupe tout le monde. Ne faut-il pas repenser l'habitat face à ces changements et adapter l'architecture de nos maisons ? 

Vers un habitat soucieux de l'environnement

Aujourd'hui, le changement climatique se traduit par une augmentation des phénomènes extrêmes. On constate alors des destructions de bâtiments dues aux incendies, inondations ou au vent. De manière lente et plus insidieuse, on a de plus en plus de bâtiments qui se fissurent à cause de la sécheresse. Il est donc primordial d'évaluer en amont l'emplacement d'une maison et les dangers qui s'y attachent. Il faut repenser la conception des bâtiments neufs et si possible rendre l'habitat ancien plus économe. Pour ce faire, toutes les étapes de la construction et de la vie des bâtiments doivent être repensées pour une moindre consommation d'énergie et un respect de l'environnement.
Pour être écologique, la maison de demain doit être : Tout ceci ne doit évidemment pas dispenser ses habitants d'avoir un comportement écologique au quotidien : privilégier la douche au lieu du bain, récupérer l'eau de pluie pour arroser le jardin par exemple... 
 

La maison passive : une solution ?

La maison passive est une habitation dont la consommation en énergie de chauffage est basse et ne dépasse pas 15 KWh par m2 et par an. Le principe est simple et repose sur :
  • une bonne isolation thermique,
  • une ventilation de l'air,
  • et l'énergie solaire.
Elle conserve une température ambiante agréable été comme hiver. L'architecture de ce type de maison est simple et orientée vers le sud. Elle tire donc parti au maximum du climat. Encore peu développée en France, la maison passive est quasiment autonome sur le plan énergétique. En effet, la chaleur dégagée à l'intérieur de la maison (par ses habitants, les appareils électriques...) et celle apportée par l'extérieur (ensoleillement) suffisent à répondre aux besoins en chauffage. Dans un habitat traditionnel, le chauffage ne sert qu'à compenser les pertes de chaleur.
Le secret est de bien isoler les parois par l'extérieur et de supprimer les fameux "ponts thermiques" qui favorisent les pertes. Le triple vitrage sera aussi à conseiller, ainsi que la ventilation double-flux et éventuellement un puits canadien dans les régions chaudes. La ventilation appelée "double-flux" est possible grâce à un système de flux entrant et de flux sortant passant par la ventilation, avec un échangeur de chaleur. Pour avoir sa place dans une maison passive, ce système doit pouvoir récupérer plus de 75 % de la chaleur de l'air sortant pour la communiquer à l'air entrant. On utilise même la chaleur des "eaux grises" sortantes pour réchauffer les eaux entrantes venant du réseau ou de l'air entrant. Il s'agit des eaux de  lave-vaisselle, lave-linge, douche...
Les maisons passives ont généralement une structure compacte pour diminuer la surface à isoler. Toujours dans une optique de préservation de l'environnement, 80 % de ces maisons sont à ossature bois. Le seul bémol est son coût : de 5 à 10 % plus cher qu'une maison classique. À noter que dans le cadre d'une rénovation, on peut parfaitement transformer un habitat existant en bâtiment passif, en installant une couche d'isolant à l'extérieur.

Le puits canadien c'est quoi ?

Ce système consiste à faire passer, avant qu'il ne pénètre dans la maison, une partie de l'air neuf de renouvellement d'air hygiénique par des tuyaux enterrés dans le sol, à une profondeur de l'ordre de 1,50 mètre. En hiver, le sol à cette profondeur est plus chaud que la température extérieure : l'air froid est donc préchauffé lors de son passage dans les tuyaux.

La maison ancienne écologique naturellement ?

Contrairement aux idées reçues, la maison ancienne peur s'avérer plus économique en énergie qu'il n'y paraît. La différence fondamentale entre une maison ancienne et une maison moderne est l'étanchéité. Comme nous l'avons vu ci-dessus, la maison passive est "étanche". Dans l'ancien, les murs sont perspirants (c'est-à-dire perméables à la vapeur). La ventilation se fait de manière naturelle. Ces maisons ont d'ailleurs très souvent été construites en harmonie avec la nature environnante et le climat : maisons de montagne avec pente de toit adaptée à la neige par exemple.
Afin de rénover au mieux une maison ancienne, il est recommandé de faire établir un diagnostic à la fois du comportement thermique, mais aussi hygrométrique de la maison. Parfois, en voulant bien faire et en utilisant certains matériaux, on va altérer le comportement naturel de l'habitation. Le but est de retrouver les qualités initiales de la maison en pierre (qui permet d'avoir une maison fraîche l'été par exemple). Les pertes de chaleur se faisant par la toiture, l'isolation de la couverture avec des matériaux adaptés est essentielle. Optez également pour des matériaux naturels (bois, paille, pierre...) et des isolants dit "biosourcés" c'est-à-dire fabriqués à partir de matières végétales ou animales renouvelables (comme la laine de chanvre par exemple). À l'intérieur, pour une meilleure qualité de l'air, privilégiez les peintures et enduits naturels (à l'argile, la chaux...)

Le diagnostic hygrométrique

Il s'agit d'un diagnostic humidité, non obligatoire pour la vente ou la location. On mesure l'hygrométrie des matériaux utilisés pour détecter l'humidité dans les murs, sols et plafonds. L'étanchéité, ventilation et isolation sont les points à analyser, afin de proposer des solutions appropriées.
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