Un toit à soi, une manière de se projeter
Le logement entièrement payé représente une stabilité à laquelle les répondants accordent beaucoup de valeur.
À niveau de vie comparable, 59 % choisissent de percevoir 2 500 € nets par mois en étant propriétaires de leur résidence principale entièrement payée. Seuls 17 % préfèrent 5 000 € en restant locataires ; 24 % ne tranchent pas. Pour 43 %, la propriété représente avant tout une sécurité.
Avoir un toit à soi, c'est pouvoir inscrire ses habitudes dans un lieu, l'aménager, imaginer y vieillir. Lorsque le crédit est remboursé, c'est aussi une échéance mensuelle qui disparaît. Cette perspective peut compter autant que le montant des revenus dans la manière d'envisager l'avenir.
Le choix exprimé dans l'enquête ne constitue pas un calcul de rentabilité entre achat et location. Il révèle surtout ce que les participants attachent à la propriété : la possibilité de se projeter avec davantage de tranquillité.
Une richesse que l'on habite
La résidence principale occupe une place singulière dans le patrimoine : elle a une valeur financière tout en répondant à un besoin quotidien.
Pour déterminer si une personne est riche, 34 % des répondants retiennent d'abord la valeur de son patrimoine, contre 10 % son niveau de revenus. Pourtant, 63 % ne considèrent pas la propriété de la résidence principale comme un signe de richesse. Même sans crédit, elle évoque surtout une " situation confortable " (53 %). Seuls 4 % y voient " une véritable forme de richesse ".
Cette distinction se comprend lorsque l'on regarde ce que représente concrètement une maison. Sa valeur peut être importante sans que le budget mensuel soit particulièrement large. On peut posséder des murs et continuer à compter pour financer leur entretien, remplacer le chauffage ou faire face à un imprévu.
Et vendre pour disposer de cet argent engage bien davantage qu'une opération financière : il faut aussi décider où vivre ensuite. Le patrimoine immobilier et l'argent disponible ne remplissent donc pas la même fonction dans une vie.
Se sentir riche, c'est pouvoir envisager demain sans inquiétude
L'absence de soucis financiers arrive en tête des définitions personnelles de la richesse.
Elle recueille 30 % des réponses, devant la liberté de choisir sa vie (18 %) et la bonne santé (17 %). Gagner beaucoup d'argent n'est choisi que par 5 % des participants. Quant à leur propre situation, 81 % ne se considèrent pas comme riches.
Ces réponses invitent à déplacer la question. Au-delà de " combien possède-t-on ? ", il y a " que peut-on faire de ce que l'on possède ? ". Pouvoir absorber une dépense imprévue, choisir son rythme de vie ou aider un proche donne au patrimoine une utilité très concrète.
Cette lecture est aussi celle d'un public particulier : neuf répondants sur dix ont 55 ans ou plus. L'enquête porte largement le regard de personnes qui ont déjà parcouru une partie importante de leur vie professionnelle et résidentielle. À ce stade, le logement peut être apprécié à travers ce qu'il permet de préserver et la liberté qu'il laisse pour la suite.
Quand la sécurité des parents devient une chance pour les enfants
Le patrimoine immobilier relie les générations, avec des attentes différentes de chaque côté.
Pour les uns, il représente ce qu'ils ont construit au fil du temps. Pour les autres, il peut contribuer à rendre un premier achat possible. Dans l'enquête, 70 % jugent l'accès à la propriété plus difficile que pour la génération de leurs parents et 83 % considèrent qu'un héritage ou une aide familiale est devenu déterminant pour acheter plus facilement.
Le logement apparaît ainsi à deux moments d'une même histoire familiale : comme une sécurité acquise, puis comme un appui éventuel pour la génération suivante.
Cela pose une question délicate : comment aider ses proches tout en préservant ses propres projets et ses besoins futurs ? L'envie de transmettre se confronte parfois à des préoccupations tout aussi légitimes : conserver une épargne disponible, financer des travaux ou anticiper un changement de logement.
Prendre le temps d'en parler permet de donner une forme concrète à cette solidarité, en tenant compte de chacun.
Un patrimoine qui doit continuer à servir la vie
La valeur d'un logement tient aussi à sa capacité à accompagner les changements du quotidien.
Une maison rassurante à une étape de la vie peut devenir plus difficile à entretenir quelques années plus tard. Les pièces inutilisées, les escaliers, l'éloignement des services ou les dépenses peuvent modifier le rapport que l'on entretient avec elle.
Notre précédente enquête sur les maisons devenues trop grandes explorait précisément cette difficulté à envisager la suite. Être attaché à son logement et souhaiter en changer peuvent parfaitement coexister.
La réflexion patrimoniale commence parfois là : se demander si ce que l'on possède correspond encore à la vie que l'on souhaite mener. Garder, adapter, vendre ou transmettre prend alors son sens à partir des besoins de la personne.
Ce que l'on souhaite vraiment laisser à ses proches
Les valeurs et la sécurité financière passent avant les biens matériels dans les priorités de transmission.
Des valeurs et une manière de vivre arrivent en tête (27 %), suivies de la sécurité financière (26 %). L'argent ou l'épargne recueillent 16 % des réponses, le logement 15 %.
Transmettre revient ainsi à réfléchir à ce que l'on souhaite rendre possible pour ses proches. Un projet d'études, un logement, davantage de stabilité… Le bien transmis est l'un des moyens de répondre à cette intention.
Le notaire peut aider à mettre en cohérence ces souhaits avec la situation familiale et le patrimoine. Les répondants identifient notamment son utilité pour préparer une succession (42 %), protéger le conjoint ou la famille (37 %) et préparer une donation (36 %).
On peut avoir besoin de ce conseil sans se considérer comme riche. La bonne question est peut-être celle-ci : quelle place souhaite-t-on donner à son logement dans les années qui viennent, pour soi et pour ses proches ?
> Télécharger l'infographie
Source et méthodologie
Enquête Notariat Services " Être riche en 2026, ça veut dire quoi ? ", réalisée en ligne du 27 août au 16 septembre 2026 auprès de 942 abonnés à la newsletter Immonot. Pourcentages arrondis, calculés sur les réponses renseignées à chaque question. Plusieurs réponses étaient possibles concernant le rôle du notaire. Parmi les répondants aux questions concernées, 90 % ont 55 ans ou plus et 85 % sont propriétaires de leur résidence principale. Les résultats décrivent les participants et ne sont pas représentatifs de l'ensemble de la population française.














