Acheter aux enchères : l'intérêt du marché de seconde main
Les enchères donnent accès à des bijoux et montres de seconde main à des niveaux de prix parfois sensiblement inférieurs à ceux du neuf. Elles permettent également de trouver des pièces anciennes, rares ou signées.
Le temps d'une vente, une salle des enchères prend des allures de bijouterie. Solitaires, sautoirs, bracelets, montres de luxe ou chronographes se succèdent au catalogue, parfois accompagnés de signatures prestigieuses comme Cartier, Van Cleef & Arpels, Boucheron, Rolex ou Patek Philippe.
L'intérêt tient aussi au marché de seconde main. À qualité égale, un bijou de seconde main échappe à la marge de la distribution neuve et à la TVA appliquée sur le prix de détail. Selon les ventes et les objets, certains bijoux en or sont ainsi adjugés autour de 40 à 50 % du prix du neuf.
Cela ne signifie évidemment pas que chaque lot constitue une bonne affaire. Une pièce particulièrement recherchée risque au contraire de susciter une forte concurrence entre enchérisseurs. La mise à prix n'est qu'un point de départ.
Expertise et état du bijou : les vérifications à faire
Avant d'enchérir, il faut s'intéresser autant à l'état réel de la pièce qu'à son esthétique. Les bijoux et montres sont vendus en l'état et les défauts signalés entrent directement dans la décision d'achat.
Le commissaire-priseur s'appuie, lorsque cela est nécessaire, sur des spécialistes comme des gemmologues ou des horlogers pour identifier les pierres, vérifier certaines caractéristiques ou contrôler le fonctionnement d'une montre.
Avant la vente, les lots sont généralement exposés. C'est le moment idéal pour observer une pièce de près et demander des précisions. Une restauration ancienne, un choc, une rayure, un mouvement à réviser ou une pierre présentant une particularité peuvent naturellement influer sur la valeur.
Le catalogue de vente constitue également une source d'informations précieuse : chaque lot y est photographié, décrit et daté, avec les caractéristiques connues au moment de la vente. Certaines mentions comme " accidents ", " restaurations " ou " chocs " doivent attirer l'attention de l'acheteur.
Pour une pièce importante, mieux vaut donc ne pas se contenter de la photographie publiée en ligne.
Mise à prix, estimation et prix de réserve : bien lire le catalogue
Trois notions permettent de mieux comprendre le prix d'un lot : la mise à prix lance les enchères, l'estimation donne une fourchette de valeur et le prix de réserve correspond au seuil en dessous duquel le vendeur ne souhaite pas céder son bien.
La mise à prix correspond au montant de départ annoncé pour lancer la vente. Elle est généralement volontairement attractive afin de susciter les premières offres.
L'estimation, généralement présentée sous forme d'une fourchette basse et haute, donne une indication sur la valeur attendue du lot. Elle ne constitue pas pour autant un plafond.
Enfin, le prix de réserve désigne le montant minimum accepté par le vendeur. Si les enchères ne l'atteignent pas, le lot reste invendu.
L'erreur classique consiste donc à confondre la mise à prix avec le prix auquel l'objet sera réellement acquis.
Frais acheteurs : calculer le vrai coût de son acquisition
Le montant affiché au coup de marteau n'est pas le montant final à régler. Les frais acheteurs viennent s'y ajouter et nécessitent impérativement d'entrer dans le plafond fixé avant la vente.
Ces frais sont déterminés par chaque maison de vente et se situent généralement entre 20 et 30 % TTC. Ils figurent dans les conditions de vente et sont rappelés au début de la séance.
Un exemple simple permet de mesurer leur importance. Avec 25 % de frais acheteurs, un bijou remporté à 2 000 € représentera un coût de 2 500 € avant d'éventuels autres frais mentionnés dans les conditions de la vente.
Avant d'enchérir, il faut donc toujours raisonner en budget total et non uniquement en prix marteau.
Enchérir sans se laisser emporter
La meilleure stratégie consiste à déterminer son plafond avant le début des enchères et à ne pas le dépasser, même lorsque la concurrence s'anime.
C'est toute la difficulté de l'exercice. Quelques centaines d'euros supplémentaires semblent peu importants lorsque plusieurs enchérisseurs se répondent rapidement. Pourtant, palier après palier, le budget peut vite dériver.
Les offres progressent selon un " pas d'enchère ", souvent voisin de 10 % du montant en cours. Sur une mise à prix de 1 000 €, les enchères évoluent par exemple de 100 € en 100 €.
Certains acheteurs attendent avant de se manifester. D'autres enchérissent rapidement pour tenter de décourager la concurrence. Mais quelle que soit la stratégie choisie, le principe reste le même : ne pas laisser l'excitation de la vente décider à la place de son budget.
En salle, à distance ou sur Internet : choisir son mode d'enchère
Il n'est plus nécessaire d'être physiquement présent dans la salle pour participer à une vente. Quatre principaux modes d'enchères permettent aujourd'hui de se positionner sur un lot.
L'ordre d'achat présente un avantage intéressant pour ceux qui veulent éviter l'emballement : le montant maximal est fixé à l'avance et ne sera pas dépassé.
Les enchères en ligne offrent davantage de souplesse, mais elles demandent la même discipline qu'en salle. Quelques clics suffisent pour augmenter une offre.
Des bijoux issus aussi des successions
Une partie des bijoux et objets de valeur proposés aux enchères provient de successions. La vente publique permet alors de confronter les pièces au marché et d'en déterminer le prix au terme des enchères.
Lors du règlement d'une succession, des bijoux, montres ou objets précieux sont inventoriés puis proposés en salle des ventes. La procédure permet de présenter les biens à plusieurs acheteurs potentiels et de faire émerger un prix par le jeu des offres.
Pour les héritiers, cette solution répond notamment aux situations dans lesquelles personne ne souhaite conserver certaines pièces ou lorsqu'il devient nécessaire de les valoriser avant leur partage.
Une belle affaire, à condition de rester méthodique
Les enchères ouvrent la porte à des pièces singulières et parfois à des prix très attractifs. Mais le plaisir de l'achat ne doit pas faire oublier quelques réflexes simples : examiner le lot, lire le catalogue, intégrer les frais et fixer son budget avant que la vente commence.
La bonne affaire n'est donc pas forcément le bijou affichant la mise à prix la plus basse. C'est celui dont l'état, la qualité et le prix final correspondent réellement à ce que l'acheteur était prêt à investir.
Le marteau peut alors tomber sans mauvaise surprise : adjugé !
Questions fréquentes
Peut-on acheter un bijou aux enchères sans être présent dans la salle ?
Oui. Il est possible de laisser un ordre d'achat, d'enchérir par téléphone ou de participer en ligne selon les modalités proposées par la maison de vente.
La mise à prix correspond-elle à la valeur du bijou ?
Non. Elle correspond au prix de départ des enchères. L'estimation donne une indication de valeur sous forme de fourchette, tandis que le prix final dépend des offres des participants.
Quels frais faut-il ajouter au prix d'un bijou acheté aux enchères ?
Les frais acheteurs s'ajoutent au prix marteau. Ils sont librement fixés par chaque maison de vente et sont consultables dans les conditions générales avant d'enchérir.
Peut-on examiner un bijou avant la vente ?
Oui. Une exposition des lots est généralement organisée avant la vacation afin de permettre aux acheteurs d'examiner les objets et d'interroger les professionnels présents.
Les bijoux vendus aux enchères sont-ils expertisés ?
Les pièces font l'objet d'un travail de description et d'expertise. Pour certaines caractéristiques techniques, le commissaire-priseur peut s'appuyer sur des spécialistes comme des gemmologues ou des horlogers.













