Avant les travaux, vérifiez ce que 2027 changera déjà
Un logement chauffé à l'électricité pourra gagner une meilleure étiquette DPE en 2027 sans qu'aucun chantier ne soit engagé.
À compter du 1er janvier 2027, le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité passera de 1,9 à 1,7. Cette évolution sera automatiquement intégrée aux nouveaux DPE et audits énergétiques. Elle favorisera notamment de nombreux logements chauffés à l'électricité ; le ministère précise qu'aucun logement ne verra son étiquette se dégrader du seul fait de cette réforme.
Une précision importante avant de sortir les devis : les DPE réalisés avant cette date resteront valables. Les propriétaires concernés pourront, à partir du 1er janvier 2027, télécharger gratuitement sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME une attestation faisant apparaître la nouvelle étiquette, sans nouvelle visite du diagnostiqueur.
Pour un propriétaire dont le logement se situe aujourd'hui à la frontière entre deux classes, ce nouveau calcul mérite donc d'être vérifié avant de dimensionner un programme de travaux. Il ne dispense pas d'améliorer un logement énergivore, mais il peut modifier son point de départ.
Votre logement est F ou G : viser au moins D
Pour une passoire énergétique, gagner une seule lettre est rarement l'objectif le plus pertinent : un saut de deux ou trois classes donne davantage de marge face aux contraintes de location et valorise mieux les travaux engagés.
Les logements classés F ou G restent les plus exposés. Les G ne répondent déjà plus au critère de décence énergétique permettant leur mise en location depuis 2025, et les F suivront en 2028. Le calendrier impose donc de raisonner au-delà du simple gain d'une lettre.
L'enjeu n'est pas seulement réglementaire. Selon les Notaires de France, une maison classée G se négocie en moyenne 25 % moins cher qu'une maison D comparable ; pour un appartement, l'écart atteint environ 12 %. Ces écarts montrent pourquoi sortir des classes les plus énergivores peut aussi peser dans une future négociation immobilière.
Dans les logements les plus énergivores, la priorité va souvent à l'isolation. La toiture et les combles concentrent une part importante des déperditions, devant les murs et les menuiseries. Une fois l'enveloppe améliorée, le chauffage et la ventilation deviennent les autres leviers à examiner.
Une maison G mal isolée ne deviendra pas performante simplement parce qu'on remplace sa chaudière. À l'inverse, isoler sans revoir un chauffage ancien ou une ventilation insuffisante risque de limiter le résultat final. C'est la logique du bouquet de travaux : agir sur plusieurs postes cohérents plutôt que multiplier les interventions isolées.
Pour un logement chauffé à l'électricité, il faudra toutefois commencer par vérifier sa nouvelle étiquette 2027. Un bien aujourd'hui classé F à quelques points de la classe E pourrait voir sa situation évoluer du fait du nouveau calcul. Cela ne règle évidemment pas tous ses défauts énergétiques, mais change le niveau de départ à partir duquel fixer l'objectif des travaux.
Votre logement est D ou E : viser C, voire mieux
Pour un logement intermédiaire, l'enjeu consiste moins à tout rénover qu'à identifier les postes qui empêchent encore de franchir une ou deux classes.
Les logements D ou E se situent dans une zone plus confortable, mais la classe E n'est pas pour autant à l'abri des échéances réglementaires : à compter de 2034, elle sera à son tour concernée par l'interdiction de location prévue par le calendrier actuel.
Ici, une rénovation globale n'est pas systématiquement nécessaire. Le DPE permet déjà de repérer les points faibles du logement. Un complément d'isolation, des menuiseries anciennes, une régulation de chauffage insuffisante ou un système de chauffage vieillissant figurent parmi les postes à examiner.
Prenons une maison classée E dont l'isolation des combles a déjà été réalisée mais qui conserve une chaudière ancienne et des fenêtres peu performantes. Le meilleur investissement ne sera pas nécessairement de reprendre toute l'enveloppe du bâtiment. Quelques interventions ciblées, choisies à partir des recommandations du DPE ou d'un audit, peuvent suffire à atteindre la classe D ou C.
Là encore, le mode de chauffage compte dans le calendrier. Pour les logements utilisant l'électricité, mieux vaut connaître l'effet du coefficient 1,7 avant de fixer définitivement l'objectif : viser C après recalcul n'impliquera pas forcément les mêmes travaux que viser C avec l'étiquette actuelle.
Votre logement est A, B ou C : faut-il encore chercher à gagner une lettre ?
À partir de C, gagner une classe supplémentaire n'est pas toujours la priorité : confort, consommation réelle et cohérence des futurs équipements comptent autant que la lettre affichée.
Les logements A, B et C sont déjà à l'écart des restrictions de location prévues pour les classes les plus énergivores. Ils disposent également d'un avantage lors de la commercialisation, la performance énergétique faisant désormais partie des éléments scrutés par les acquéreurs.
Pour autant, atteindre B ou A à n'importe quel prix n'a guère de sens. Dans un logement déjà performant, le coût nécessaire pour gagner la dernière lettre peut devenir disproportionné au regard des économies attendues.
Les améliorations trouvent alors davantage leur intérêt dans la baisse des consommations ou l'anticipation des futurs usages : chauffe-eau thermodynamique, pompe à chaleur lorsque le logement s'y prête, production photovoltaïque ou meilleure régulation du chauffage.
À ce niveau de performance, l'objectif n'est donc plus forcément de " faire monter la note ", mais de consolider ce qui fonctionne déjà.
2027 : qu'est-ce que la mention A0 va changer ?
La mention A0 ne créera pas une nouvelle huitième classe au-dessus de A : elle signalera certains bâtiments classés A ou B répondant aux critères d'un bâtiment à émissions nulles.
À compter du 1er janvier 2027, les DPE concernés pourront faire apparaître la mention " A0 ". Pour les logements évalués selon la méthode 3CL-DPE 2021, le bâtiment devra notamment être classé A ou B et ne pas disposer d'installation de chauffage ou de production d'eau chaude utilisant des énergies fossiles sur site ou à proximité. Les énergies utilisées devront correspondre aux catégories prévues par le texte, notamment énergies renouvelables, électricité ou réseau de chaleur ou de froid efficace.
Autrement dit, tous les logements A ne deviendront pas automatiquement " A0 ".
Cette nouvelle mention intéressera surtout les constructions et rénovations les plus performantes. Pour un propriétaire d'une maison F, D ou même C, elle ne constitue pas un objectif immédiat à atteindre à tout prix. Elle dessine plutôt le nouveau sommet de l'échelle énergétique auquel se compareront progressivement les bâtiments les plus sobres.
DPE : quelle classe viser selon votre point de départ ?
Ce tableau donne une ligne directrice, pas une prescription universelle. Deux maisons classées E n'ont pas nécessairement les mêmes faiblesses ni le même potentiel. Le niveau d'isolation, le mode de chauffage, la surface, la configuration du bâtiment et le budget disponible modifient profondément la stratégie à adopter.
C'est précisément pourquoi la classe à atteindre se décide à partir du logement, et non l'inverse.
Calendrier DPE : les échéances à garder en tête
À ces échéances déjà connues s'ajoutent désormais les deux nouveautés de 2027. Elles changent la manière de raisonner : avant de chercher à gagner une classe grâce aux travaux, il faudra d'abord vérifier quelle sera réellement l'étiquette du logement avec les nouvelles règles de calcul.
Un bon projet de rénovation ne consiste donc pas à viser systématiquement la lettre A. Pour une passoire thermique, atteindre D représente déjà un changement majeur. Pour un logement E ou D, quelques travaux bien choisis peuvent suffire à franchir une étape supplémentaire. Et pour un bien déjà classé A, B ou C, la priorité se déplace progressivement vers la consommation réelle, le confort et la pérennité de la performance.
Sources :
- Arrêté du 19 août 2026 modifiant le facteur de conversion de l'électricité dans le DPE ;
- Arrêté du 11 juin 2026 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne sur le DPE ;
- Observatoire DPE-Audit de l'ADEME.
FAQ : DPE 2027
Un logement chauffé à l'électricité peut-il changer de classe DPE en 2027 sans travaux ?
Oui. À partir du 1er janvier 2027, le coefficient appliqué à l'électricité dans le calcul du DPE passera de 1,9 à 1,7. Certains logements électriques verront donc leur étiquette s'améliorer sans travaux. Une attestation actualisée pourra être récupérée gratuitement via l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME.
Quelle classe DPE faut-il viser pour une passoire thermique ?
Pour un logement classé F ou G, l'objectif le plus pertinent est généralement de sortir durablement des classes les plus énergivores, idéalement en visant D ou mieux. Cela permet de réduire le risque réglementaire et d'améliorer la valeur du bien.
Faut-il forcément viser la classe A ?
Non. Pour un logement déjà classé C ou B, gagner une nouvelle lettre n'est pas toujours le meilleur investissement. Le coût des travaux doit rester cohérent avec les économies attendues, le confort gagné et le projet immobilier.
Que signifie la mention A0 à partir de 2027 ?
A0 ne sera pas une nouvelle classe au-dessus de A. Il s'agira d'une mention réservée à certains bâtiments très performants répondant aux critères d'un bâtiment à émissions nulles.













