Quelles tendances avez-vous observées au niveau des prix en Ille-et-Vilaine ?
Marc SAVEY : Avec des prix orientés à la hausse de façon mesurée, l'Ille-et-Vilaine voit les appartements progresser de 2,8 % et les maisons de 2,1 %. Cela concerne les ventes signées pour la période du 1er juin 2025 au 31 mai 2026. Soulignons la hausse plus modérée des appartements dans le neuf qui se chiffre à +1,5 %.
Sur le marché rennais, les maisons dominent la situation avec des hausses plus marquées que les appartements, type de bien se limitant à +1,3 %. Précisons que ces évolutions en pourcentage peuvent être impactées par des ventes d'exception, dans la ville de Rennes comme sur la côte d'Émeraude, qui mécaniquement accentuent la tendance haussière.
Pour quelles raisons faut-il se positionner pour acheter en Ille-et-Vilaine ?
Marc SAVEY : Le prix de l'ancien reste légèrement orienté à la hausse mais de façon beaucoup moins prononcée que durant l'ère post covid. Aussi, Rennes est épargnée par de trop fortes corrections de prix à l'inverse de métropoles comme celles de Bordeaux ou de Lyon qui avaient connu des progressions de près de 10 % par an entre 2020 et 2023. Depuis, nous avons dû composer avec une hausse des taux d'intérêt qui s'est traduite par une baisse du pouvoir d'achat immobilier. Moins soumise aux tensions sur les prix, la Bretagne permet aujourd'hui de profiter d'un marché immobilier stabilisé. Soulignons que la baisse du coût de l'argent en 2025 avait permis de redonner du souffle aux acheteurs, avec à la clé une hausse du volume de transactions. Cependant, la situation au Moyen-Orient s'accompagne de tensions inflationnistes qui pourraient pénaliser l'activité en cette fin d'année. S'ajoutent les perspectives de l'élection présidentielle qui peut engendrer une position attentiste auprès de certains acquéreurs. D'où la difficulté de se projeter sur les tendances qui vont caractériser le marché pour cette fin 2026…
Quels critères faut-il prioriser pour réaliser un investissement ?
Marc SAVEY : L'emplacement reste la boussole, car il doit correspondre aux souhaits de l'acquéreur, qu'il s'agisse de la surface, de l'espace extérieur, de la composition familiale ou de la distance domicile-travail. Mais il ne faut surtout pas sous-estimer le coût des travaux, qui a bondi d'environ 30 % depuis la crise sanitaire, et peut faire varier sensiblement le coût total d'acquisition. La performance énergétique valorise, ou dévalorise, fortement un bien. Et l'été que nous venons de vivre impose un nouveau critère dans l'équation : la capacité du logement à résister aux vagues de chaleur. Une chambre en rez-de-chaussée, longtemps délaissée, retrouve tout son intérêt. Acheter un appartement sous les combles pose désormais des questions, et pas seulement pour le confort d'hiver.
Pour quelles raisons faut-il se fier aux évaluations des notaires ?
Marc SAVEY : Professionnel de l'immobilier, le notaire reçoit les actes de vente, et se réfère par conséquent aux prix pratiqués s'il doit évaluer un bien. Or les vendeurs, séduits par les hausses répétées de ces dernières années, affichent souvent des attentes supérieures aux valeurs de marché. Une estimation rigoureuse, tenant compte de la conjoncture, permet de vendre dans de bonnes conditions et d'éviter les délais de vente excessifs. Une évaluation réalisée selon les méthodes d'expertise employées dans le notariat laisse peu de place à la négociation. À l'inverse, un bien surévalué appellera davantage d'interrogations…
En quoi le notaire permet-il de sécuriser une transaction ?
Marc SAVEY : Dès l'ouverture du dossier de vente et tout au long de la préparation de la transaction, le notaire procède à tout un ensemble de vérifications. Au-delà de ce contrôle, il s'emploie à expliquer tout le processus qui vise à fiabiliser l'opération. Pour cela, il met tout en œuvre pour rendre l'information la plus compréhensible possible pour chacune des parties, tant pour l'acquéreur que le vendeur. Ainsi, il peut authentifier l'accord en apportant toutes les sécurités juridiques, garantissant la protection de tous au travers de la signature de l'acte authentique.
Propos recueillis en sept. 2026 par C. Raffaillac



