À retenir
- 49 % des notaires interrogés constatent une baisse d’activité entre juin et août.
- Seuls 16 % observent une reprise des transactions, contre 26 % lors de la précédente consultation.
- 60 % constatent une baisse des prix, contre 52 % au printemps.
- Pour l’automne, 56 % anticipent une stabilité des volumes de transactions.
- 88 % conseillent de vendre avant d’acheter dans le contexte actuel.
L'activité immobilière cale pendant l'été
49 % des notaires interrogés constatent une baisse d’activité entre juin et août 2026. Seuls 16 % observent une reprise des transactions, contre 26 % lors de la précédente consultation.
L’été n’aura donc pas confirmé les signes de reprise observés quelques semaines plus tôt. Après des mois de mai et juin parfois encourageants, juillet a marqué un net coup de frein dans plusieurs secteurs.
La période estivale a aussi été marquée par un contexte inhabituel. Canicule, incendies, orages violents, tensions géopolitiques et flambée du cours du pétrole ont nourri un climat peu propice aux décisions engageantes. Sans pouvoir attribuer directement le ralentissement du marché à ces événements, ils ont pu renforcer l’attentisme de ménages déjà prudents dans leurs projets immobiliers.
Sur le terrain, Valérie Malon, négociatrice au sein de Malon et Cherrier-Touchain à Tavers (45), décrit une situation « très morose, avec peu de demandes de visites ».
Un autre professionnel dresse le même constat : « après de bons mois de mai et juin, juillet a fait place à une baisse significative des demandes. Les acquéreurs beaucoup moins nombreux, mais sérieux, se montrent néanmoins très pointilleux. »
Les chiffres confirment ce ressenti. Au total, 49 % des participants signalent une baisse d’activité sur la période de juin à août. À l’inverse, ils ne sont que 16 % à constater une reprise des transactions. Lors de la précédente consultation, portant sur avril et mai, ils étaient encore 26 % à observer une dynamique positive.
Le marché ne s’est donc pas arrêté, mais il fonctionne avec moins d’acheteurs et davantage d’exigence. Les candidats encore présents prennent leur temps, comparent davantage et se montrent plus attentifs au prix comme aux caractéristiques du bien.
À l'automne, les notaires misent surtout sur la stabilité
56 % des notaires interrogés anticipent une stabilité du volume des transactions à l’automne. 37 % prévoient encore une baisse et seulement 7 % une hausse.
La prudence reste très largement de mise pour les prochains mois. Une majorité des professionnels ne s’attend ni à un véritable rebond, ni à une nouvelle chute du marché.
Me Pierre Laporte, notaire à Épinal (88), résume cette difficulté à dégager une direction claire : « la dynamique très variable ne permet pas d’envisager de réelle tendance de croissance ou de baisse. »
Dans le détail, 56 % des répondants prévoient une stabilité du nombre de transactions à l’automne. Ils sont encore 37 % à envisager un ralentissement, une proportion très proche des 35 % enregistrés au printemps. Quant à ceux qui anticipent une hausse des volumes, ils ne représentent que 7 % des participants.
Cette moyenne nationale masque toutefois des réalités locales plus contrastées. Sébastien Gaska, négociateur au sein d’ACP Notaires à Beaumont-sur-Sarthe (72), constate par exemple « une activité dynamique notamment chez les primo-accédants, et pour les biens attractifs en termes de prix ».
Le marché reste donc capable de se montrer actif lorsque le produit et le budget correspondent aux attentes des acquéreurs. Le prix apparaît d’ailleurs comme l’un des principaux leviers pour provoquer la décision.
Les vendeurs acceptent davantage d'ajuster leurs prix
60 % des notaires interrogés constatent désormais une baisse des prix, contre 52 % au printemps. Dans ce marché plus sélectif, les biens correctement évalués conservent un net avantage.
L’offre ne manque pourtant pas. Cyril Guerinot, négociateur au sein de la SCP Depoisson, Royer et Nicolas à Bar-sur-Aube (10), indique être « sollicité régulièrement pour la mise en vente de différents biens dans une période qui ne l’est pas habituellement ».
Le changement vient plutôt du comportement des vendeurs. Les ambitions tarifaires très élevées semblent perdre du terrain et les ajustements deviennent plus faciles à accepter.
60 % des notaires interrogés constatent désormais une baisse des prix, contre 52 % au printemps. Cette progression traduit un rééquilibrage du marché, avec des propriétaires qui doivent davantage tenir compte du niveau de solvabilité des acquéreurs et de la concurrence entre les biens.
Dans ce contexte, tout ne se vend pas de la même manière. Florence Barbou, négociatrice au sein de la Selas Jonquet, Chaton et de Clarens-Jonquet à Troyes (10), le constate clairement :
« Les produits bien placés, en bon état et correctement évalués trouvent encore acquéreur. En revanche, les biens avec travaux, DPE médiocre, charges importantes, absence d'extérieur/garage ou prix trop ambitieux peuvent rester longtemps sur le marché. »
Et la négociatrice d’ajouter :
« Pour un vendeur, je déconseillerais clairement la stratégie consistant à mettre un peu plus cher pour tester le marché. Un tarif trop haut au départ risque davantage de faire vieillir l'annonce que de provoquer une négociation. »
Dans un marché où les acquéreurs prennent davantage leur temps, le prix de départ devient donc particulièrement stratégique. Une annonce trop ambitieuse risque de perdre rapidement en attractivité, alors qu’un bien positionné au juste prix continue de susciter l’intérêt.
Prix immobiliers : septembre et octobre sous surveillance
54 % des notaires interrogés anticipent une stabilité des prix à l’automne, contre 44 % au printemps. Les 46 % restants tablent encore sur une baisse.
Les perspectives apparaissent donc un peu moins défavorables qu’il y a quelques mois. Au printemps, seuls 44 % des professionnels envisageaient une stabilité des prix. Ils sont désormais 54 % à privilégier ce scénario.
Les 46 % restants s’attendent encore à une baisse. Aucun répondant ne mise donc sur une hausse des prix dans les prochains mois, ce qui confirme l’idée d’un marché davantage orienté vers la stabilisation que vers un véritable redémarrage.
Pour Florence Barbou, septembre et octobre devraient être particulièrement révélateurs de la tendance de cette fin d’année. Après le ralentissement estival, ces deux mois permettront de mesurer si les acheteurs reviennent plus franchement sur le marché ou si l’attentisme perdure.
Les terrains affichent des perspectives légèrement plus favorables. Deux tiers des notaires, soit 66 %, anticipent une stabilité de leurs prix et 34 % une baisse.
Sur le marché des terrains à bâtir, les projets les plus accessibles continuent de susciter l’intérêt. Des budgets compris autour de 120 000 à 150 000 € sont notamment évoqués pour des primo-accédants souhaitant faire construire, à condition que leur financement leur permette de bénéficier du prêt à taux zéro.
Vendre avant d’acheter : le conseil largement majoritaire
88 % des notaires interrogés recommandent aujourd’hui de vendre son logement avant d’en acheter un autre. Seulement 5 % conseillent d’acheter en premier et 7 % privilégient l’attente.
Face à un marché encore difficile à anticiper, la prudence s’impose dans l’enchaînement des opérations immobilières.
88 % des professionnels interrogés recommandent ainsi de vendre son bien avant d’en acheter un autre. L’achat en première intention ne recueille que 5 % des réponses, tandis que 7 % conseillent plutôt d’attendre.
La recommandation est particulièrement compréhensible dans une période où les délais de vente restent variables. Finaliser la cession de son logement permet de connaître précisément le capital disponible et de bâtir son nouveau plan de financement sur des bases plus sûres.
L’acheteur évite aussi de devoir compter sur une vente rapide ou d’accepter une baisse de prix dans l’urgence pour mener à bien sa nouvelle acquisition.
Crédit immobilier : le financement reste la grande inconnue
Avec un taux moyen autour de 3,30 %, le crédit reste un élément déterminant pour la reprise. Une nouvelle hausse des taux réduirait encore la capacité d’achat des ménages et pèserait sur les transactions.
Le coût du financement reste l’une des principales variables susceptibles de faire évoluer le marché dans les prochains mois.
Le taux moyen du crédit immobilier s’établit autour de 3,30 % d’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Après la remontée enregistrée depuis le début de l’année, la perspective de taux plus élevés d’ici la fin de 2026 pourrait refroidir encore une partie des projets.
Les établissements bancaires restent eux-mêmes très attentifs aux décisions de politique monétaire. Une nouvelle hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne renchérirait mécaniquement le coût du crédit et réduirait la capacité d’emprunt des ménages.
À cela s’ajoutent des tensions inflationnistes toujours présentes, alimentées notamment par l’évolution des prix de l’énergie et le contexte international. Dans un marché immobilier où la confiance joue un rôle important, la stabilité des conditions de financement reste donc essentielle pour favoriser le retour des acheteurs.
Un marché qui cherche encore son point d'équilibre
L’été 2026 n’aura finalement pas confirmé le rebond que certains signes du printemps pouvaient laisser espérer. L’activité s’est tassée, les acquéreurs sont moins nombreux et les vendeurs doivent composer avec un rapport de force plus favorable aux acheteurs.
Pour autant, le marché ne semble pas engagé dans un décrochage généralisé. 56 % des notaires anticipent une stabilité des transactions à l’automne et 54 % envisagent également des prix stables.
Cette nouvelle phase semble surtout imposer davantage de réalisme. Les biens correctement évalués, en bon état et répondant aux attentes des acquéreurs continuent à trouver preneur. À l’inverse, les logements trop chers ou nécessitant d’importants travaux risquent de rester plus longtemps sur le marché.
Septembre et octobre devraient donc donner une indication plus claire de la trajectoire de cette fin d’année : reprise progressive ou installation durable dans un marché plus calme et plus sélectif.
Tendance du marché immobilier, selon le Consensus de marché du CEREFI conçu par Bernard Thion. Enquête réalisée en juin, juillet et août 2026.



