À retenir
- Vous vendez : le juste prix reste déterminant.
- Vous achetez : le ralentissement du marché peut ouvrir davantage de marge sur certains biens.
- Vous vendez pour acheter : 88 % des notaires conseillent de sécuriser la vente d'abord.
- Vous hésitez à attendre : les notaires anticipent surtout une stabilisation du marché à court terme.
- Vous empruntez : le financement reste le principal point de vigilance.
Vous devez vendre pour acheter : dans quel ordre procéder ?
Dans le marché actuel, vendre avant d'acheter reste la stratégie la plus sécurisante : 88 % des notaires interrogés la recommandent, contre 5 % seulement qui conseillent d'acheter en premier. Elle permet de connaître son budget réel et d'éviter qu'un délai de vente plus long que prévu ne fragilise la nouvelle acquisition.
Vendre son logement en premier donne d'abord une donnée essentielle : le montant réellement disponible pour le prochain achat. Une estimation, même sérieuse, ne garantit ni le prix finalement obtenu ni le délai nécessaire pour trouver un acquéreur.
Cette visibilité change ensuite la manière d'aborder le nouveau projet. Une fois la vente sécurisée, l'acquéreur connaît son apport, le montant qu'il doit emprunter et la marge qu'il conserve pour les frais d'acquisition ou les travaux. Il évite aussi de négocier son ancien logement sous la pression d'un achat déjà engagé.
Acheter avant de vendre expose davantage aux aléas du marché. Si l'ancien bien tarde à partir ou doit finalement être cédé moins cher que prévu, le plan de financement initial peut se tendre. À cela peuvent s'ajouter un prêt relais, deux logements à gérer pendant une période transitoire et des charges qui continuent à courir.
Cette stratégie conserve néanmoins un intérêt lorsque le financement est particulièrement solide ou lorsqu'un bien rare se présente. Mais elle suppose d'avoir simulé plusieurs scénarios, notamment une vente de l'ancien logement plus lente que prévu ou à un prix inférieur aux attentes.
À l'automne 2026, le message des professionnels est donc assez clair : lorsqu'un achat dépend financièrement d'une vente, mieux vaut sécuriser cette dernière avant de s'engager sur le bien suivant.
Vous achetez : faut-il attendre une baisse supplémentaire ?
Attendre quelques mois dans l'espoir d'une forte baisse des prix n'offre pas de garantie particulière : 54 % des notaires anticipent surtout une stabilité des prix dans les trois prochains mois. Le ralentissement actuel peut en revanche donner davantage de temps pour comparer et négocier certains biens.
Pour un acquéreur dont le financement est déjà solide, le marché actuel offre davantage de temps pour comparer les biens. Près d'un notaire sur deux constate une baisse de l'activité entre juin et août, signe d'une fréquentation moins soutenue.
Cette situation peut ouvrir une marge de discussion sur les biens nécessitant des travaux, présentant un DPE médiocre, des charges importantes ou restant longtemps en vente. Les logements bien placés et correctement évalués conservent en revanche davantage de chances de se vendre rapidement.
Patienter garde en revanche du sens si le projet est encore mal défini, si l'apport doit être renforcé ou si la capacité d'emprunt est trop juste. Attendre uniquement un hypothétique point bas du marché est beaucoup plus incertain.
Les évolutions restent d'ailleurs contrastées selon les biens. Entre début mars et fin juin 2026, le prix médian des maisons proposées sur Immonot s'établit à 200 000 €, en baisse de 1,26 %, tandis que celui des appartements atteint 2 730 €/m², en hausse de 1,98 %.
Vous vendez : faut-il attendre des jours meilleurs ?
Reporter une vente dans l'espoir d'une remontée rapide des prix ne garantit pas un meilleur résultat : 60 % des notaires constatent encore une baisse des prix et 54 % anticipent surtout leur stabilisation à court terme. Le levier le plus immédiat reste donc un prix de mise en vente cohérent.
Un vendeur sans contrainte de calendrier peut évidemment choisir de patienter. Mais lorsqu'un déménagement, une transmission ou un nouvel achat est déjà prévu, rien n'indique qu'attendre quelques mois permettra nécessairement de vendre plus cher.
Florence Barbou, négociatrice au sein de la Selas Jonquet, Chaton et de Clarens-Jonquet à Troyes, le constate sur le terrain :
" Les produits bien placés, en bon état et correctement évalués trouvent encore acquéreur. "
Les biens avec travaux, DPE médiocre, charges importantes, absence d'extérieur ou de garage, ou prix trop ambitieux restent en revanche plus longtemps sur le marché.
Votre projet dépend du crédit : surveillez surtout le financement
Si votre budget est déjà serré, attendre n'est pas nécessairement neutre : une évolution des taux peut modifier votre capacité d'emprunt et donc le prix du bien accessible. Mieux vaut connaître précisément son financement avant de décider de reporter ou d'accélérer son achat.
Les taux orientés à la hausse depuis le début de l'année pèsent encore sur la capacité d'emprunt. Les établissements bancaires restent attentifs aux décisions de la Banque centrale européenne, tandis que les tensions inflationnistes et l'évolution du prix de l'énergie entretiennent l'incertitude.
Avant de se positionner, il reste prudent de conserver une marge suffisante pour absorber les frais liés à l'achat ou d'éventuels travaux.
À l'automne 2026, la qualité du bien, le financement et la cohérence du prix comptent davantage que la recherche du moment parfait.
Le marché actuel appelle surtout à sécuriser les décisions
Un vendeur a intérêt à viser un prix cohérent, un acheteur à regarder de près les biens qui offrent une vraie marge de négociation, et celui qui doit vendre pour acheter à sécuriser d'abord sa première opération.
Attendre n'est pas inutile dans toutes les situations, mais les chiffres ne montrent pas qu'il faille suspendre systématiquement les projets. À l'automne 2026, la qualité du bien, le financement et la cohérence du prix restent des critères plus décisifs que la recherche du moment parfait.
- Pour aller plus loin sur l'évolution des prix, des transactions et les perspectives à court terme, retrouvez notre Tendance du marché immobilier à l'automne 2026.













