Publié le 02 November 2015  par Christophe Raffaillac dans Actualités

Le temps des épitaphes semble avoir vécu ! Il est aujourd'hui possible d'apposer sur les tombes un flashcode ou code QR, permettant de consulter un site internet dédié au défunt. Une réponse ministérielle (n°11151, JO Sénat du 12 mars) a récemment précisé la réglementation applicable…

C'est une pratique presque aussi vieille que le monde. Déjà, dans l'antiquité, on rédigeait des épitaphes, ces "mots de la fin" qui traduisent la pensée du défunt ou apportent un éclairage particulier sur sa vie. La coutume s'est prolongée jusqu'à nos jours et certaines épitaphes sont devenues célèbres, nous en disant long sur la vie du défunt, sur la petite et la grande histoire…

Mais voilà, à l'heure d'internet, des smartphones, du facebook et autres merveilles technologiques, les épitaphes pourraient bien vivre leurs dernières heures. La faute à qui ? Aux flashcodes, vous savez ces "sortes" de code barre sous forme de petit carré à modules noirs, que l'on trouve déjà sur de nombreuses affiches et produits. Aujourd'hui, il est désormais possible de les apposer sur les tombes ! Avec eux, vive les "épitaphes 2.0", tout en son et en images ! Et bienvenue dans le monde des tombes connectées !
Conçus pour être lus par un smartphone ou une tablette, ces codes mémoriaux renvoient à un site internet dédié au défunt, site sur lequel les proches pourront trouver une biographie, mais aussi des images, des vidéos, des musiques et des témoignages ! Déjà développé au Japon et aux États-Unis, le concept a débarqué en France et pourrait bien changer la face de nos cimetières… mais aussi notre conception du souvenir et de la mémoire. Demain, des flashcodes pourront être apposés sur les tombes des personnages célèbres… mais, revers de la médaille, n'importe quel promeneur pourra "flasher" une tombe pour accéder à l'histoire du défunt. Faudra-t-il alors consulter un notaire et faire un testament pour dresser la liste de ce qu'on veut mettre sur le site ?
Interrogé sur la règlementation applicable à cette technique, le ministre de l’Intérieur a précisé, dans une réponse du 12 mars 2015, que, sauf appréciation différente du juge, l’apposition d’une plaque munie d’un code "QR" est assimilable à une inscription sur un monument funéraire et se trouve en conséquence soumise aux dispositions du Code général des collectivités territoriales. À ce titre, aucune inscription ne peut être placée sans avoir été préalablement soumise à l’approbation du maire.

V.A

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