Evolution prévisionnelle de l'activité
La période estivale a été bien maussade pour l’activité des négociateurs et comme le montre, à l’évidence, le graphique n°1, il ne semble pas que l’automne soit plus brillant. Chez Me MALEFANT, à Douarnenez, on note d’ailleurs "un très net ralentissement dans les transactions immobilières. Seuls les petits prix (110 à 140 000 euros) restent demandés".
Pour les mois qui viennent, dans une autre étude de Loire-Atlantique, on observe que "Le contexte économique n’est pas réjouissant, les taux d’intérêts sont élevés et l’activité médiocre depuis les élections". Sans trop y croire, apparemment, on espère "une relance en septembre, sinon ce sera la plus mauvaise année depuis cinq ans…". Globalement, 53 % des services négociations prévoient encore une baisse d’activité contre 41 % au début de l’été, et 8 % une hausse contre 21 % deux mois plus tôt.
Prévision d'évolution des prix
Là aussi, les résultats graphiques sont sans appel. Tant pour les terrains que pour les logements, les courbes plongent dans le négatif, révélant des perspectives pessimistes pour la majorité de notre panel. Pour le logement, les réponses à notre enquête sont d’ailleurs parfaitement claires. Plus personne ne croit à une hausse des prix. Au mieux, on espère qu’ils se stabiliseront.
En Ille-et-Vilaine, chez Me NICOLAZO, on a d’ailleurs constaté "une baisse sensible du prix des maisons et beaucoup de reventes avec crédit relais qui commencent à peser lourd coté vendeur". Parallèlement, à Muzillac dans le Morbihan, en l’étude de Me TEXIER-GUILLAUME, on observe : "Pour le moment, le marché est stable. On sent toutefois une tendance à la stabilisation pour le prix des maisons, mais toujours à la baisse pour le prix des terrains".
Les conseils des notaires
En matière de logement, on observe toujours un écart sensible entre les conseils prodigués pour les zones littorales, où le phénomène de rareté peut jouer, et ceux concernant l’intérieur du pays.
Dans le premier cas, la revente après l’achat est parfois suggérée (21 % des notaires interrogés) alors que la vente d’un bien avant le rachat d’un autre (71 %) apparaît systématiquement la meilleure solution dans les régions situées plus à l’intérieur.
Au niveau des terrains, le conseil devient beaucoup plus difficile. Il y a même pratiquement égalité entre les tenants de l’achat et ceux de la vente. La baisse du nombre de mises en chantier, tout comme les difficultés que commencent à éprouver les promoteurs à vendre leur programme ne sont probablement pas étrangers à la forte augmentation des conseils de vente.
Evolution de l'environnement économique
Finalement, ce ne sont pas les craintes sur la reprise de l’inflation qui ont perturbé les marchés cet été, mais la découverte que les banquiers américains avaient réalisé des milliers de crédits immobiliers à des emprunteurs peu solvables et que, pour ce faire, ils avaient eux-mêmes emprunté aux banques européennes.
Les encours de ces crédits appelés subprime, atteignant 1 300 milliards de dollars et 25 établissements américains ayant déjà déposé leurs bilans, une crise importante s’est développée sur toutes les places financières, qui s’est traduite par une restriction immédiate de tous les crédits. Sans vouloir jouer les Cassandre, force est de constater, même s’il est impossible pour le moment d’en mesurer tous les effets, que les conséquences de cette méfiance à l’égard du crédit ne peuvent être que très négatives pour le marché immobilier.
Bordeaux, le 14 septembre 2007



