Par Bernard Thion, le 22 Mars 2017 dans Tendance du marché immobilier

Au niveau de l’activité, les prévisions demeurent optimistes. Pour les prix, en dépit d’une augmentation prononcée dans les grandes métropoles, la tendance devrait légèrement fléchir. Explication à travers notre enquête réalisée en février 2017 auprès d’un panel de notaires et négociateurs répartis sur toute la France.

Regard sur l'actualité
Consultez les tendances passées
Méthodes d'évaluation et indicateurs de prix en immobilier

Tendance concernant l'activité

À la fin de l’hiver, l’activité s’est légèrement réduite par rapport au rebond inattendu observé en fin d’année. C’est ainsi que L. André de l’étude de Mes David Seche et Guillaume Bordier à Dol de Bretagne (35) note en s’interrogeant : « une fin d'année 2016 très bonne, en hausse, puis un petit ralentissement : à cause des remontées des taux d'intérêt ou des élections ? ». À Laval, Limoges ou Bordeaux, nos correspondants signalent qu’une certaine pénurie de biens à la vente commence à se faire sentir. Toutefois, les prévisions d’activité demeurent bonnes, même si le climat électoral et ses incertitudes risquent de peser sur le volume des transactions.

Un optimisme mesure

Tendance concernant les prix

On observe une accélération sensible de la montée des prix dans la plupart des grandes villes. C’est particulièrement vrai sur l’arc atlantique où l’arrivée prochaine de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) semble booster le marché immobilier. En revanche, les prix ne décollent pas dans de nombreuses cités provinciales. Souvent mal desservies par les transports publics, elles constituent pourtant une bonne partie du tissu urbain. Il en va ainsi dans les monts du Lyonnais de la charmante commune de St Laurent de Chamousset pour laquelle le marché immobilier apparaît, suivant Mes Cachard et Berger, proche du marasme : « les biens "au prix" se vendent, mais les prix auraient tendance à baisser... ». Au final, 14 % de nos correspondants (contre 7 % en décembre 2016) prévoient une augmentation des prix des logements alors que parallèlement 23 % (contre 9 % en décembre 2016) misent sur une baisse. Les prix des terrains et des commerces sont touchés dans des proportions similaires.

Un optimisme mesure

Le conseil des notaires

En dépit de ce léger repli sur l’évolution des prix à court terme, les notaires semblent assez confiants sur leur tendance future, c’est-à-dire au-delà des élections. En effet, 48 % d’entre eux (contre 29 % en décembre) privilégient l’achat d’un nouveau logement avant la revente d’un bien existant. Cette forte hausse signifie qu’ils sont de plus en plus nombreux à croire que les hausses actuelles constatées dans les grandes villes peuvent se généraliser. La reprise économique qui se confirme jour après jour, en Europe comme en France, les incite à plus d’optimisme, une amélioration du climat des affaires profitant généralement au marché immobilier.

Un optimisme mesure

Évolution de l'environnement économique

Alors que les courants populistes souhaitent désintégrer l’Europe, la reprise économique qui s’amplifie apparaît comme le meilleur des antidotes à leurs invectives. Suivant Mario Draghi, président de la BCE, « le risque de déflation a largement disparu, le taux de chômage est au plus bas depuis 2009 et le coût du crédit aux PME baisse dans le sud de la zone euro ». Il table sur une croissance de 1,8 % en 2017 avec une inflation de 1,7 %. Face à l’atonie des salaires, il maintient ses soutiens à l’économie en poursuivant ses rachats de dettes publiques et privées jusqu’en décembre. Cette amélioration de la santé de l’économie européenne atteint aussi la France, puisque les créations d’emplois dans le secteur marchand ont atteint le chiffre de 191 700 en 2016. Du jamais vu depuis 2007 !

Bernard Thion

NDLR : cette tendance du marché immobilier a été rédigée le 19 mars 2017.

  •  Imprimer