La vie en copropriété fait appel à un cadre juridique précis, essentiellement fixé par une loi de juillet 1965. Cette loi donne à chacun la liberté de profiter de son bien dans le respect de la liberté d'autrui.
L'achat d'un logement doit se faire en toute transparence.
La copropriété n'échappe pas à cette règle.
Avant de s'engager dans l’achat d’un logement en copropriété, il est indispensable de se renseigner sur de nombreux points : la gestion, les charges, les éventuels travaux que vous aurez à supporter...
La copropriété est l'organisation d'un immeuble ou d'un groupe d'immeubles dont la propriété est répartie entre plusieurs personnes, les copropriétaires. L'immeuble est divisé en plusieurs lots, chacun d'eux comportant des parties privatives, à l'usage exclusif de chaque copropriétaire (appartement, cave, place de parking, garage...) et des parties communes accessibles et utilisables par tous les copropriétaires (cours, jardins, ascenseurs, escaliers, halls...)
Obligatoire depuis le 1er juillet 2001, le carnet d'entretien de l'immeuble doit être fourni par le vendeur sur simple demande. Ce document, tenu par le syndic, est le véritable "carnet de santé de l'immeuble". Il doit notamment préciser :
Si l'immeuble a été mis en copropriété plus de 15 ans après sa construction, l’acquéreur peut consulter un dossier de diagnostics techniques rassemblant tous les documents relatifs au logement : amiante, termites, état de l'installation intérieure de gaz naturel, risques naturels, technologiques ou sismiques pour tout bien immobilier situé dans des zones à risques, performance énergétique de la partie privative du lot vendu.
Depuis la loi du 18 décembre 1997, dite Loi Carrez, tout vendeur d'un logement en copropriété, d'une surface au moins égale à 8 m², doit indiquer précisément la superficie du lot vendu (partie privative), sous peine de voir annuler la vente. Cette indication doit figurer dans la promesse unilatérale de vente ou dans le compromis de vente. La surface mentionnée est celle des planchers des locaux clos et couverts après déduction des cloisons, murs, marches et cages d'escalier, gaines, embrasures de portes et fenêtres. Ne sont pas pris en compte les locaux d'une hauteur inférieure à 1,80 m, les loggias, balcons, terrasses, annexes, caves, garages et jardins.
Il n'y a pas de copropriété sans règlement. Il est indispensable d'en prendre connaissance avant d'acheter, car il fixe les modes de fonctionnement et de gestion de la copropriété : droits et devoirs de chaque copropriétaire quant à l'usage des parties communes et privatives, montant des charges incombant à chacun, fréquence et conditions de tenue des assemblées générales...
Si un copropriétaire ne respecte pas l’une des dispositions du règlement de copropriété (empiètement abusif sur une partie commune, installation irrégulière d'un équipement...), il peut être poursuivi en justice par le syndic.
Avant d'acheter, l'acquéreur a tout intérêt à connaître le montant des charges qu'il aura à supporter. En général, le règlement de copropriété prévoit deux types de charges :
En cas de doute sur la nature et surtout le montant des charges pesant sur le lot convoité et la copropriété dans son ensemble, n'hésitez pas à faire appel à un notaire. Sa fonction lui permet d'intervenir auprès du syndic pour obtenir l'état réel et détaillé des charges.
Plus d'informations : Immobilier Particuliers
Toute copropriété doit avoir un syndic pour l'administrer. La plupart des syndics sont professionnels, mais l'un des copropriétaires peut aussi remplir cette fonction.
Élu en assemblée générale pour 3 ans, le syndic est la clé de voûte de la copropriété. De la simple gestion d'une fuite d'eau, au paiement des factures en passant par la convocation des assemblées générales, le syndic est le rouage indispensable au bon fonctionnement de la copropriété.
La gestion de la copropriété est une gestion à trois têtes. Elle repose essentiellement sur les épaules du syndic, il est néanmoins assisté dans sa mission par deux autres instances :
La désignation d'un syndic pour gérer la copropriété est un acte important : les copropriétaires lui confient leurs intérêts et leur patrimoine.
Les deux principales qualités d'un syndic sont la proximité et la disponibilité. Choisissez, de préférence, un syndic au parc limité. S'il gère déjà une copropriété de quatre bâtiments de dix étages, il ne pourra pas gérer une deuxième grande copropriété.
Le syndic peut être bénévole ou professionnel. Le syndic professionnel doit posséder une carte professionnelle de ''gestion immobilière'' délivrée par la préfecture, justifier d'une garantie financière suffisante et d'une assurance responsabilité civile professionnelle. Il est rémunéré pour son activité et perçoit des honoraires. La présence d'un syndic professionnel n'a pas de caractère obligatoire. Un des copropriétaires peut proposer sa candidature. Contrairement au syndic professionnel, le syndic bénévole n'a pas à justifier d'une quelconque formation, ni être titulaire de la carte professionnelle. Le syndic bénévole n'est pas rémunéré, mais ses frais de gestion lui sont remboursés. Attention ! Pour ne pas être requalifié en syndic professionnel, le copropriétaire qui accepte cette mission doit l'exercer de façon occasionnelle et le temps consacré doit demeurer marginal, par rapport à son activité professionnelle.
Le syndic a plusieurs cordes à son arc :
Votre syndic vous semble un peu laxiste avec le règlement ou l'entretien de l'immeuble laisse à désirer ? Vous pouvez le mettre en demeure de prendre les mesures qui s'imposent. Bref, de remplir son rôle ! Si votre lettre recommandée ne fait pas l'effet escompté, vous pouvez débloquer la situation en demandant à la justice de désigner un administrateur provisoire qui prendra le relais jusqu'à ce que le problème soit résolu. En cas de blocage, la copropriété peut révoquer le syndic en cours de mission. Mais vous aurez intérêt à avoir de bons arguments et des preuves solides. La révocation se décidera en assemblée générale, à la majorité de l'article 25 (majorité absolue des copropriétaires). Si cela est possible, la meilleure solution est cependant d'attendre la fin du mandat du syndic et ne pas le renouveler dans ses fonctions.
Réunion de tous les copropriétaires, l'assemblée générale est le passage obligé pour valider les décisions essentielles.
L'assemblée générale est l'organe de décision de la copropriété. Tous les copropriétaires y sont convoqués au moins une fois par an par le syndic.
Chaque étape de l'assemblée générale est soumise à un rituel bien précis.
La distinction entre les parties privatives et communes de la copropriété est essentielle : elle détermine l'espace de liberté dont dispose chacun pour aménager son lot et l'entretenir.
Les parties privatives sont celles dont chaque copropriétaire a l'usage exclusif. C'est tout ce qui concerne son logement. Chaque copropriétaire peut librement modifier et aménager ses parties privatives (refaire les peintures...). Cependant, cette liberté n'est pas absolue, le règlement pouvant imposer certaines restrictions pour ne pas tomber dans l'anarchie la plus totale. Il peut, par exemple, interdire d'opter pour certains revêtements de sol, afin d'éviter les nuisances sonores ou exiger que les volets soient peints dans une certaine couleur, pour préserver l'harmonie visuelle du bâtiment.
En plus des parties privatives, chaque lot comprend des tantièmes (pourcentages) de parties communes destinées à l'usage de tous les copropriétaires : jardin, hall d'entrée, escaliers, cours, canalisations... Tout le monde peut les utiliser à condition de ne pas nuire aux autres copropriétaires (stationnement abusif, encombrement des couloirs, troubles de voisinage...), ni porter atteinte aux parties communes.
Elle peut être envoyée en lettre recommandée, par télécopie avec récépissé ou remise en main propre contre signature. Elle s'accompagne d'un pouvoir de représentation pour chaque destinataire. Le délai de convocation est de 21 jours.
Ce document, joint à la convocation, énumère les questions sur lesquelles les copropriétaires vont se prononcer. Tout copropriétaire peut y faire inscrire une question qui le préoccupe, dès lors qu'il en fait la demande avant l'envoi des convocations.
Le secrétaire de séance y note l'identité de chaque participant, ainsi que les procurations qu'on lui a confiées. C'est à partir de ce document que l'on compte les "tantièmes" (nombre de voix attachées au lot acheté) rassemblés par les copropriétaires présents ou représentés. Si le quorum est atteint, l'assemblée est en droit de statuer.
Signé par le président et le secrétaire de séance, il comporte le texte des délibérations et le résultat de chaque vote, mais également, les réserves concernant la régularité du vote. Le procès-verbal est consigné dans un registre prévu à cet effet, conservé dans les bureaux du syndic.
Selon les questions à l’ordre du jour, les majorités de vote sont différentes :
Seul un copropriétaire qui a voté contre une décision prise ou qui n'a pas assisté à la réunion peut en demander l'annulation dans les 2 mois de la publication du procès-verbal. La demande devra reposer sur des motifs légitimes (question non inscrite à l'ordre du jour, vote à la mauvaise majorité, convocation envoyée hors délai...).