L’Insee s’est intéressé récemment à l’évolution du revenu des ménages entre 2001 et 2005. La Bretagne et les Pays de Loire se distinguent du reste du pays dans la mesure où l’écart entre hauts et bas revenus reste plus faible qu’ailleurs. Ce sont donc des régions plus égalitaires. Le rapport entre catégories y étant de 4 contre 5 pour l’ensemble de la métropole.
Par contre, la progression des revenus de la population active pendant cette période s’est révélée plus faible que dans le reste du pays. En revanche, les revenus des plus de 60 ans évoluent favorablement. Cela s’explique par la structure de la population bretonne, plus âgée que la moyenne nationale et non par l’arrivée de nouveaux retraités. Enfin, globalement le nombre total des ménages a progressé plus qu’ailleurs pendant cette période (6,2 % contre 5,2 %) et, en particulier, ceux qui y sont imposables.
Pendant la période étudiée, les plus importantes hausses de revenus (+ 16 %) et d’habitants (+ 9 %) se sont concentrées sur les populations du pourtour des grandes villes. C’est à Rennes, Vannes et Quimper que les revenus sont les plus élevés. Mais c'est à Nantes, Brest, Saint Brieuc, Saint Malo et Lorient que leur croissance est la plus forte.
Tendance concernant l'activité
Probablement échaudé par le peu de mouvement de la période estivale et le peu de visites dans leur bureau, rares sont les négociateurs qui croient à une reprise dans les deux mois à venir. Selon Me V. ROIGNANT à Lannion : "Ce qui est impressionnant c'est l'immobilisme. Les compromis agence sont plus que rares, par contre le compromis particulier à particulier se développent, y compris pour les belles affaires".
Cependant, on observe sur le graphique une légère amélioration de la tendance. Elle provient du nombre beaucoup plus important de négociateurs qui ont constaté une stabilité dans les transactions : 34 % fin août contre 16 % en juin. Elle conduit à une réduction de la proportion des prévisions pessimistes qui passe de 68 % à 56 %.
Tendance concernant les prix
Que ce soit pour les habitations ou les terrains, il semble que le niveau actuel des prix paraisse encore élevé pour beaucoup d’acheteurs. Chez Me NICOLAZO en Ille-et-Vilaine, on tente d’estimer les conditions d’une reprise du marché des logements : "L'évolution des prix sur les deux prochains mois dépendra de la demande. Si les prix sont corrects, inférieurs à 200/220 000 €, des ventes pourront se réaliser sinon l'attentisme reste de rigueur !".
En fait, les avis sont très partagés. Un peu plus de la moitié de nos correspondants (53 %) considèrent que les prix ont suffisamment baissé et qu’ils devraient demeurer à leur niveau actuel. Les autres pensent que la baisse devrait se poursuivre quelque peu. Mais cette petite majorité conduit à un redressement des tendances affichées par notre graphique.
Les conseils des notaires
Cette parité entre les défenseurs d’une évolution stabilisée des prix et ceux qui prévoient une poursuite de la baisse se retrouve dans les conseils prodigués à la clientèle. Lorsque les prix baissent la raison pousse à revendre un bien avant d’en acheter un autre, puisque l’on vendra mieux maintenant et que l’on achètera moins cher un peu plus tard. Il n’est pas non plus illogique de conseiller de se précipiter sur les rares biens qui se présentent à un prix accessible.
Mais il faut une bonne dose d’optimisme pour se décider en tant que vendeur à faire un gros effort sur le prix demandé et parier sur le bénéfice d’une générosité équivalente lors de l’acquisition future.
D'où nombre d’hésitations se traduisant par une augmentation sensible des conseils d’attente. Entre le début et la fin de l’été la proportion passe de 29 % à 39 % dans le cas du logement et de 20 % à 38 % pour les terrains. Dans la mesure où la probabilité d’une reprise dans les hausses de prix est pratiquement nulle elle est, par contre, tout à fait contre-productive puisqu’elle conduit à bloquer le marché.
Évolution et environnement économique
La croissance aux Etats-Unis devrait chuter sévèrement au 3e et 4e trimestre 2008 et les européens subir de plein fouet ce coup de froid. Il n’en demeure pas moins qu’en France, un certain nombre de secteurs industriels liés à l’énergie, au transport et aux télécommunications se portent remarquablement bien. Total croule sous les dollars du pétrole, 21 satellites contre 14 en 2007 seront lancés par Thalès et le résultat de France Télécom a atteint 2 500 millions d’Euros à la fin de ce premier semestre. Parallèlement, il n’est pas illogique que le secteur bancaire et les promoteurs connaissent quelques difficultés après l’abondance des profits qu’ils ont engrangé ces dernières années.
Enquête réalisée en juillet-août 2008.



