Par Marie Christine Ménoire, le 5 Octobre 2012 dans JE VENDS - Je réinvestis

Investir dans des forêts, terres agricoles ou des vignes... quelle idée farfelue diront certains. Pas forcément, car ces investissements sont rentables et fiscalement intéressants. Autant de pistes à exploiter....

Forêts : un placement solide

La forêt est un placement d'avenir solide qui offre des avantages fiscaux attractifs. C'est d'ailleurs l'atout essentiel de ce type d'investissement, dont la rentabilité est d'environ 3 % par an. D'un point de vue fiscal, en 2012, et jusqu'au 31 décembre 2013, la souscription de parts de Groupements forestiers donne droit à une réduction d'impôt de 18 % du prix d'acquisition, dans la limite annuelle de 5 700 euros pour une personne seule et de 11 400 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. En contrepartie, le propriétaire s'engage à conserver ses parts durant au minimum 8 ans. À défaut, la réduction d'impôt doit être remboursée.

Ce type d'investissement permet également de bénéficier d'une exonération de droits de succession ou de donation, à hauteur de 75 % à condition que les parts soient détenues depuis au moins 2 ans par le défunt (ou le donateur).

Vignobles : un placement qui se bonifie avec le temps

Pour acheter, deux solutions s'offrent à vous : en direct ou par l'achat de parts dans un Groupement foncier viticole (GFV) ou un Groupement foncier agricole (GFA). Mais acheter en direct et exploiter soi-même est risqué pour un néophyte. Mieux vaut opter pour l'achat de parts dans des GFV ou de GFA. Il s'agit de structures dans lesquelles deux associés minimum apportent des fonds vous donnant droit à des parts. C'est la société qui acquiert une exploitation et trouve un viticulteur professionnel qui se charge de la gérer. Avec un investissement minimum (environ 3 000 euros), vous toucherez des dividendes annuels de 2 à 4 %, variant selon la notoriété du cru et l'année.Côté fiscalité, les parts de Groupement foncier viticole (GFV) sont exonérées d'ISF à hauteur de 50 % dans la limite de 45 000 euros à condition que les terres soient louées par bail de 18 ans.

Les droits de donation ou de succession, pour leur part, bénéficient d'une exonération de 75 % de la valeur des parts lorsque cette valeur n'excède pas 100 000 euros. Elle est de 50 % au-delà de cette somme.

Terres agricoles : pour investisseurs avertis

Attachement à la terre ou diversification patrimoniale... certains pourront être tentés par le foncier rural. Cependant, ce domaine est soumis à une législation tout à fait à part et complexe qui le réserve à des investisseurs avertis et bien conseillés.

Il faut également savoir que le rendement de ce type de placement est variable selon la nature de la terre et sa localisation. Selon le barème indicatif 2011 de la valeur vénale moyenne des terres agricoles, publié en août 2011 par le ministère de l'Agriculture, le prix moyen des terres et prés libres s'élève à 5 230 euros par hectare, contre 3 620 euros par hectare pour les terres louées.

Il ne faut pas non plus en minimiser les contraintes (taxes foncières, travaux de rénovation des bâtiments, intempéries...).

Témoignage d'Alain Bassalert, expert foncier agricole à Lubersac en Corrèze

=> Quel est le "profil" des investisseurs dans une terre agricole ?
A. Bassalert : Il y a très peu d'investisseurs hors secteur de l'agriculture. Il s'agit essentiellement de personnes travaillant déjà dans le milieu agricole et en connaissant les spécificités.

=> Quels sont les points à observer tout particulièrement avant de réaliser un tel investissement ?

A. Bassalert : Ils sont nombreux. Par exemple :

  • demandez si la propriété n'est pas située dans une zone soumise à un plan prévisionnel des risques naturels (inondations, glissements de terrain...),
  • renseignez-vous pour savoir s'il existe un Plan local d'urbanisme (PLU) prévoyant, par exemple, une zone urbanisable.
  • évaluez la valeur du terrain. Elle peut être très différente selon, notamment, son emplacement (proximité des commerces, établissements scolaires, agglomérations...) et s'il y a ou non des bâtiments agricoles et d'habitation.
=> Quel rendement peut-on escompter d'un tel placement ?
A. Bassalert : Le rendement peut avoisiner les 5 % dès lors que la terre est bien placée. Mais, pour être assuré d'avoir un minimum de rendement, je conseillerais à l'investisseur d'opter pour une terre louée.

Ce type de propriété vaut entre 30 et 40 % de moins qu'une terre libre. Le montant du fermage représentant 2 à 5 % de la valeur vénale.  

Les notaires aux côtés des viticulteurs

Jurisvin est un Groupement d'intérêt économique (GIE) rassemblant 35 notaires, installés dans des régions viticoles et spécialisés dans ce secteur.

Leur objectif : apporter à l'acquéreur (ou au vendeur) de vignobles un accompagnement juridique et fiscal.

Forts de leur expérience juridique, de leur connaissance du marché et des pratiques locales, les notaires de Jurisvin pourront vous prodiguer des conseils éclairés. Ils peuvent également vous aider à trouver l'acquéreur ou le vendeur susceptible de correspondre à votre projet.

Plus d'infos sur www.jurisvin.fr
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