Par Bernard Thion, le 28 Janvier 2016 dans Tendance du marché immobilier

Cette enquête sur la tendance du marché immobilier a été réalisée en décembre 2015 auprès d'un panel de notaires négociateurs répartis sur toute la France. Elle a été rédigée le 22 janvier dernier.

Tendance concernant l'activité

Globalement, la légère chute d'activité observée cet automne (par rapport à l'été) ne s'est pas confirmée fin décembre. La tendance se stabilise à un niveau relativement élevé. Il y a un parfait équilibre entre les études qui notent une bonne activité et celles où la reprise se fait encore attendre.

Dans le Lot, Mes Lavayssière, Falch et Thoumazet constatent que "l'activité est soutenue, les stocks diminuent, les ventes se font lorsque les biens sont au bon prix". Ce que confirment Mes Thierry et Caroline Vincent dans la Manche. En revanche, à Troyes (Me Paupe) et à Pau (Mes Reutin et Marty), la crise semble toujours là et le volume d'activité réduit.

Les prévisions à fin février découlent logiquement de ce ressenti. L'activité dans les services de négociation devrait se maintenir à un niveau proche de celui relevé en fin d'année.

Plus de peur que de mal

Tendance concernant les prix

Alors que les prévisions à fin décembre sur le prix des terrains et des commerces confirment leur tendance haussière, celles sur les logements apparaissent plus hésitantes malgré une légère amélioration en fin d'année. Deux tiers des négociateurs misent sur une stabilité des prix, voire sur une hausse (8 % d'entre eux), mais un tiers considère que la baisse des prix devrait se poursuivre.

Notons toutefois qu'il y a toujours un décalage entre les prix constatés au jour le jour sur les compromis passés et les publications portant sur des contrats antérieurs. D'où la réflexion de Me Paupe : "Marché en crise, prix à la baisse en dépit de l'augmentation des prix sur Perval !".

Plus de peur que de mal

Le conseil des notaires

On observe une détérioration dans les conseils prodigués par les notaires. Leurs prévisions sur l'évolution des prix semblent plus pessimistes à long terme. En juin dernier, 54 % conseillaient à leurs clients de vendre leur bien immobilier avant d'en racheter un autre.

Le point d'équilibre entre optimistes et pessimistes était presque atteint. Cela laissait prévoir un marché où les prix se stabiliseraient. À l'automne, ils étaient 57 %. Mais, depuis le début de l'année, ils sont 67 % à préconiser d'abord la vente. Cela dénote une moindre confiance en l'avenir, mais aussi la peur, plus généralisée, d'une baisse des prix.

Plus de peur que de mal

Évolution de l'environnement économique

Tous les ans, en début d'année, se tient à Davos, station réputée des Alpes suisses, un forum économique. Il réunit 2 500 grands patrons, présidents, ministres ou universitaires, venus de tous les pays pour débattre de l'état de santé de l'économie mondiale.

Or, que ce soit au niveau de la croissance, de la finance ou de la politique, les nouvelles ne sont pas particulièrement réjouissantes. La guerre au Moyen-Orient, le ralentissement économique chinois, les récessions russes et brésiliennes, la crise migratoire et le sort des réfugiés sont au centre des préoccupations de ceux qui mènent le monde. Et, paradoxalement, alors que les États-Unis sont redevenus la locomotive de la croissance mondiale, les patrons américains sont parmi les plus pessimistes. Seuls 12 % d'entre eux voient une amélioration de leur activité en 2016 alors qu'ils sont 33 % en Europe de l'Ouest.

Au demeurant, la chute du marché des actions, la plongée des matières premières, les divergences entre les politiques des banques centrales témoignent des inquiétudes de nos dirigeants. Heureusement, la pierre, traditionnellement considérée comme une valeur refuge, pourrait tirer parti de ce climat un peu délétère.

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