Par Marie Christine Ménoire, le 23 Août 2013 dans JE RÉNOVE - Je réalise des travaux

Économie d'énergie. Ce mot est dans toutes les bouches et concerne tous les secteurs... même (et surtout) la consommation énergétique de votre logement. Les énergies renouvelables sont-elles la panacée ? Comment isoler ? Comment chauffer sa maison ?

Une bonne isolation pour commencer

Rien ne sert d'investir dans les énergies renouvelables et dans des travaux hors de prix si votre logement est une vraie "passoire thermique". Les économies d'énergie commencent donc par une bonne isolation du sol au plafond (pour ne pas dire du sous-sol au grenier), à l'intérieur, voire à l'extérieur de votre logement. Mais attention à ne pas tomber dans les excès. L'isolation ne doit pas empêcher votre maison de "respirer" et doit permettre à l'humidité de s'évacuer. D'où l'importance d'une bonne VMC pour éviter moisissures et autres désagréments.

Le polystyrène expansé ou extrudé se présente sous forme de panneaux et sert principalement à l'isolation des murs intérieurs auxquels il assure imperméabilité et étanchéité.
Se pose ensuite la question de la technique. L'isolation doit s'adapter aux contraintes de votre habitation et à vos besoins. L'isolation par l'intérieur améliore les performances thermiques de la maison, sans modifier sa façade. Petit bémol, cette technique réduit la surface des pièces isolées. L'isolation par l'extérieur est préconisée en cas de rénovation, notamment lorsqu'un ravalement est à faire. Plus lourde à mettre en place et plus coûteuse, cette solution a l'avantage d'offrir une isolation très efficace. Elle permet d'éliminer la plupart des ponts thermiques et donc les pertes de chaleur.

Les isolants naturels d'origine végétale ou animale sont à privilégier. Qu'ils soient à base de lin, de cellulose, de chanvre ou de laine, ces produits sont les plus écologiques et ne posent pas de problème pour la santé. Les laines minérales (laine de verre ou de roche...) conviennent pour tout type d'isolation (murs, planchers, combles, toiture...). On les trouve en vrac, en rouleaux ou panneaux.

Des matériaux pour une maison tout confort

Avec la RT 2012, le confort thermique et les économies d'énergie sont pris en considération dès la conception de la maison. Le choix des matériaux est donc de la plus haute importance. Les constructeurs préconiseront :
  • la brique alvéolaire, un peu plus chère que la brique classique, mais qui assure une excellente isolation grâce à l'air emprisonné dans les alvéoles ;
  • la brique monomur, excellent isolant et régulateur thermique grâce à sa conception alvéolaire alliée aux qualités de la terre cuite. Facile à poser, la brique monomur offre également une résistance hors du commun et ne dégage aucun gaz toxique en cas d'incendie. Son pouvoir d'absorption de l'humidité évite condensation, ponts thermiques et prolifération des microbes et autres moisissures à l'origine de maladies respiratoires ;
  • le bois dont l'isolation thermique est 350 fois supérieure à celle de l'acier et 10 fois supérieure à celle du béton ! Le bois est également reconnu pour sa solidité dans le temps et sa résistance aux intempéries ;

  • le béton cellulaire qui présente un bon confort acoustique. Rapide à poser, il se distingue par sa solidité, ses qualités imputrescibles et ininflammables et sa résistance à l'humidité et à la condensation.

Énergies : chauffez à l'économie !

Selon les critères édictés par la RT 2012, nous devons diviser par quatre notre consommation énergétique d'ici 2050. Cela suppose de nouveaux modes de construction, une rénovation des bâtiments existants et le choix d'une énergie appropriée.
  • Le bois est une source d'énergie écolo, dont le prix varie assez peu et qui produit peu de CO2. Les appareils de chauffage (inserts, poêles ou chaudières) sont de plus en plus performants et fiables.

  • Les panneaux solaires, installés sur le toit ou sur le terrain, permettent de capter les rayons du soleil. Ils alimentent, au moyen d'un échangeur thermique, le chauffage intérieur (radiateurs, ballon d'eau chaude...).

  • La géothermie offre une source de chaleur écolo. L'énergie provient du sol, grâce à l'installation de capteurs thermiques, enterrés à des centaines de mètres de profondeur. La chaleur captée est alors réinjectée dans le circuit hydraulique de la maison. Réversible, la pompe à chaleur géothermique vous assure une autonomie énergétique tout au long de l'année.

  • L'aérothermie est idéale pour optimiser des systèmes de chauffage au fuel ou au gaz. Ce système peut être couplé à une installation solaire pour une totale autonomie énergétique ! La pompe à chaleur aérothermique capte l'air extérieur pour réchauffer votre maison. Elle se pose discrètement contre un mur extérieur de la maison et n'engendre pas de gros travaux.
  • La pompe à chaleur hydrothermique utilise l'eau des nappes phréatiques comme source d'énergie. Ce type d'énergie est peu utilisé, car il nécessite des travaux importants.

Des aides financières

L'éco-prêt à taux zéro permet de bénéficier d'un crédit à taux zéro pour faire des travaux visant à réduire votre consommation énergétique.

Le montant de l'éco PTZ est calculé en fonction de la nature des travaux entrepris (jusqu'à 300 000 ?).

La durée maximale de remboursement de l'éco-prêt à taux zéro est de 10 ans. Cette durée peut être prolongée à 15 ans pour les travaux de rénovation les plus lourds. C'est le cas, notamment, si l'éco PTZ vous permet de financer un bouquet de 3 travaux ou plus.

Ce prêt est cumulable avec le crédit d'impôt développement durable. Ce cumul n'est autorisé que si le montant des revenus du foyer fiscal de référence de l'avant-dernière année précédant celle de l'offre de prêt n'excède pas un plafond de 30 000 ?.
Par exemple, l'installation d'un appareil de chauffage au bois bénéficie d'un crédit d'impôt de 15 % (23 % dans le cas d'un "bouquet" de travaux).
S'il s'agit du remplacement d'un appareil équivalent, les taux sont respectivement de 26 % et 34 %.

Dans votre recherche de financement, pensez à contacter les collectivités locales qui accordent parfois des aides pour certains types de travaux. Renseignez-vous auprès de votre Région, de votre mairie ou d'organismes comme Enerplan ou l'Espace Info Énergie de votre région.
L'Agence nationale de l'habitat (l'ANAH) peut également vous attribuer une aide, sous conditions de ressources et en fonction du nombre d'habitants par logement.

Enfin, une subvention de 1 350 ? pourrait prochainement être accordée, en plus de toutes les aides existantes, aux couples dont les revenus annuels n'excèdent pas 35 000 ?. Cette subvention serait disponible pendant 2 ans.

L'évaluation de l'efficacité énergétique du logement

Avant de vous lancer dans les travaux, il est indispensable de cibler les priorités et de définir ceux qui sont les plus urgents.
Un bilan thermique de votre logement vous permettra
de lister les points faibles de votre habitation et de cibler les travaux nécessaires. Isolation, mode
de chauffage, ventilation, habitudes de consommation, volume de l'habitation, rien ne sera laissé au hasard !
Attention, ce type de bilan ne doit pas être confondu avec le diagnostic de performance énergétique (DPE) qui est obligatoire, en France, depuis 2006, pour la vente d'un logement,
et depuis 2007 lors de la signature d'un contrat de location.

Pour rappel, le DPE a pour objectifs :
  • d'informer sur la consommation énergétique du logement ;

  • de sensibiliser le futur propriétaire ou locataire aux conséquences de sa consommation en énergie sur le climat, en repérant cette consommation et les émissions de CO2 sur une étiquette suivant une échelle allant de A à G ;

  •  d'aider le futur propriétaire ou locataire à mieux maîtriser sa consommation en lui conseillant, notamment, d'entreprendre certains travaux.
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