Par Marie Christine Ménoire, le 10 Avril 2015 dans JE RÉNOVE - Je finance mon projet

Les séniors ont de plus en plus de projets et souhaitent profiter d'un logement confortable et sécurisé (sans oublier les économies que cela peut engendrer). Ce qui suppose des travaux... et souvent un prêt à la clé. Mais aujourd'hui, l'âge n'est plus un obstacle pour obtenir ce précieux sésame.

Emprunter après 50 ans : un profil sécurisant pour les banques

Finie l'époque où les séniors étaient la "bête noire" des banquiers. Aujourd'hui, les banques les "chouchoutent". Elles savent qu'en général, il s'agit de personnes "installées", ayant des revenus stables et un certain patrimoine. Le profil idéal en somme ! Dans la majorité des cas, ce sont des "clients" de longue date, qu'elles connaissent et auxquels elles ont déjà prêté.
Tout cela ne peut que rassurer les établissements bancaires, car il y a peu de place pour l'inconnu avec ce type de clientèle. Le risque pris en leur prêtant de l'argent est beaucoup moins grand que pour des jeunes. Une relation "gagnant-gagnant", car c'est bien connu, plus l'apport personnel est important, plus le taux sera attractif !

Emprunter après 50 ans : des prêts sur mesure

Pour octroyer un prêt, les banques ne s'attacheront pas aux mêmes critères si vous avez 25 ans ou 60 ans et plus. La retraite est, en effet, souvent synonyme de baisse du train de vie. Certains organismes, conscients de cette situation, ont créé des prêts adaptés, avec des mensualités évolutives tenant compte de la baisse de revenus lors du départ en retraite.
Ainsi, même si le crédit a été souscrit quelque temps avant, l'emprunteur ne sera pas "pénalisé" puisque les mensualités tiendront compte des possibilités de remboursement présentes et futures.

Emprunter après 50 ans : très chères assurances

Tout prêt est assorti d'assurances garantissant la banque contre certains risques liés aux "accidents de la vie". En cas de coups durs, c'est la compagnie d'assurance qui viendra rembourser les mensualités du prêt immobilier. Ces garanties ont un coût (jusqu'à 25 % du coût total de l'emprunt). Avec l'âge, l'obtention d'une assurance décès-invalidité est indispensable mais aussi plus compliquée. Outre un coût qui grimpe proportionnellement à l'âge, certains groupes prévoient, en effet, un âge limite de souscription et de garantie.
 
Par contre, d'autres établissements, ne souhaitant pas pénaliser les séniors, ont mis au point des formules spéciales permettant de garantir l'emprunteur jusqu'à 80 ans, voire plus...

Emprunter après 50 ans : trouver une assurance moins chère : c'est possible !

Depuis septembre 2010, grâce à la loi Lagarde sur le crédit, vous pouviez choisir librement d'assurer votre prêt auprès de l'intermédiaire de votre choix au moment de la souscription. La banque ne pouvant refuser un contrat d'assurance de prêt s'il offrait des garanties équivalentes. De même, elle ne peut modifier ses conditions de taux si l'emprunteur souscrit une assurance autre que celle proposée par sa banque.
Depuis le 26 juillet 2014, avec la loi Hamon, les particuliers souscrivant un emprunt immobilier ont la possibilité de changer d'assurance emprunteur jusqu'à 12 mois après la signature du contrat. Toujours à condition que la couverture du nouveau contrat soit équivalente. En cherchant l'offre la plus compétitive, vous pouvez économiser de 20 à 60 % du coût global de l'assurance.
Vous pouvez également vous tourner vers un professionnel du secteur, un agent d'assurance, une société mutualiste ou encore un courtier en assurance pour trouver la meilleure offre.

Emprunter après 50 ans : pensez au courtier

De par sa position privilégiée, le courtier vous proposera les meilleures offres du marché, grâce aux accords négociés avec des banques partenaires. Il vous aidera également à trouver l'assurance décès-invalidité adaptée. Passé un certain âge, cela devient plus difficile et surtout plus onéreux. Plus l'âge de l'emprunteur est avancé, plus la prime est élevée et supérieure à celle des contrats classiques, pour des emprunteurs plus jeunes.
La solution : opter pour une délégation d'assurance. Le courtier vous proposera de souscrire une assurance emprunteur auprès d'un autre établissement que la banque où vous allez signer votre prêt immobilier.
Ce contrat sera individuel, mieux adapté à votre profil, offrira une couverture plus large, avec moins de cas d'exclusions et surtout un coût plus faible...
 
Faites aussi appel à votre caisse de retraite
Si vous êtes retraité et que vous souhaitez réaliser des travaux pour améliorer votre logement, votre caisse de retraite peut vous accorder une aide financière (sous conditions notamment de ressources et des travaux envisagés). N’hésitez pas à la contacter.

Emprunter après 50 ans : le prêt viager hypothécaire

Bien connu chez les Anglo-Saxons sous le nom de "reverse mortgage", le prêt viager hypothécaire est une forme de crédit destiné aux personnes de plus de 65 ans, propriétaires d'un bien immobilier à usage d'habitation (résidence principale, mais aussi résidence secondaire ou bien donné en location). Distribué par le Crédit Foncier, ce prêt leur permet d'améliorer leurs conditions de vie, sans devoir vendre leur logement.
Le prêt viager hypothécaire est simple dans son principe. L'emprunteur met son logement en garantie pour souscrire le prêt qu'il peut utiliser à sa guise, pour des dépenses ponctuelles ou régulières (travaux de rénovation, dépenses de santé, remboursement de prêts en cours...).
Principaux avantages : l'emprunteur est toujours propriétaire du bien hypothéqué et n'a pas à se soucier du remboursement du prêt sa vie durant. Il peut même vendre ou donner le bien hypothéqué, à condition de rembourser le prêt. D'un point de vue fiscal, l'emprunteur n'est pas imposé sur le capital perçu puisqu'il s'agit d'un prêt. La dette est plafonnée à la valeur du bien immobilier qui sert de garantie.
L'hypothèque n'est levée qu'au décès du souscripteur. Au décès de l'emprunteur, les héritiers pourront soit rembourser la dette pour garder le bien, soit laisser la banque vendre le logement pour se rembourser.
Dans cette hypothèse, si sa valeur est supérieure au montant du prêt accordé, la banque reverse la différence aux héritiers. Dans le cas contraire, ces derniers n'auront rien à rembourser.
Le montant du prêt se limite à une partie de la valeur du bien. Il dépend de plusieurs critères  tels que l'âge et le sexe de l'emprunteur, mais  surtout la valeur du bien expertisé.
Les organismes financiers prêtent plus facilement aux quinquas et créent même des crédits réservés aux séniors
Plus l'emprunteur est jeune et son espérance de vie longue, plus le montant du prêt sera modeste par rapport à la valeur du bien. L'acceptation de l'offre et la signature du contrat de prêt doivent être notariées puisqu'il y a une hypothèque en jeu.

Ce sera l'occasion pour le notaire d'éclairer l'emprunteur sur les enjeux de sa démarche, les conséquences patrimoniales et successorales qui peuvent en découler, la validité de l'opération tant sur le fond que sur la forme, ou encore les risques de l'opération. En amont, le notaire vérifiera également la cohérence de l'expertise avec le marché immobilier.
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