Par Marie Christine Ménoire, le 11 Janvier 2016 dans JE PRÉPARE L'AVENIR - Je gère mon patrimoine

Parmi les bonnes résolutions de ce début d'année, pourquoi ne pas penser à votre patrimoine ? Mais vers quels placements faut-il se tourner ? Difficile de répondre sans se tromper dans le contexte actuel. Il existe cependant des "incontournables" qui vous garantiront rentabilité et sécurité.

En matière de placements, l’offre est très large. Et il n’y a pas d’âge pour commencer à épargner. Immobilier, assurance-vie ou actions en bourse, que choisir ? Quels sont les placements sans (trop de) risques ? Quels sont les plus rentables ? Rapide tour d’horizon non exhaustif.

Les bonnes questions

Interrogez-vous sur vos objectifs et demandez-vous quel type de placement sera le plus en adéquation avec votre projet patrimonial. Il s’avère très souvent que vos choix correspondent avec les moments clés de votre vie (mariage, entrée des enfants dans la vie active, départ à la retraite…).

Examinez attentivement toutes les offres qui vous seront faites. Comparez leurs avantages et leurs inconvénients. Évitez les montages trop compliqués. Préférez les placements “souples” qui pourront s’adapter au gré de vos besoins et de l’évolution de votre situation personnelle et patrimoniale. Sans oublier l’aspect fiscal qui s’y rattache.

Conseil
Avant de souscrire de nouveaux placements, dressez l’inventaire de ceux que vous possédez déjà. Profitez-en pour vous assurer qu’ils sont toujours adaptés à votre situation personnelle (âge…), financière et à vos besoins.

Les livrets

Vous êtes jeune, poursuivez des études ou débutez dans la vie professionnelle. Mais vous n’avez pas encore de revenus (ou pas assez) pour acheter un bien immobilier ou investir dans des placements demandant une plus ou moins importante mise de fonds. Cependant, vous aimeriez quand même bien avoir un peu d’argent de côté pour plus tard et pour vous aider à concrétiser vos projets futurs. Qu’ils soient ouverts par votre famille (ce qui est souvent le cas) ou par vous-même, les livrets sont une excellente solution pour commencer à épargner :

  • L’épargne logement. C’est un moyen efficace pour se constituer un apport personnel en vue d’acquérir un bien immobilier plus tard.Plusieurs arguments plaident en sa faveur :
     - c’est un placement sans risque ;
    - le PEL échappe à l’impôt (jusqu’à la 12e année du plan). Seuls les prélèvements sociaux (15,5 %) sont dus par son titulaire ;
    - depuis le 1er février 2015, son rendement est de 2 % (1,69 % après prélèvements sociaux) ;
    - son fonctionnement est simple et il est ouvert à tous (même aux mineurs). La mise de fonds pour son ouverture est peu élevée (225 € minimum). Ensuite, il suffira de verser au moins 540 € par an (pendant 4 ans au moins). Le plafond des versements étant de 61 200 € (hors intérêts et prime d’État).

Pour les plus jeunes (les 12/25 ans), on privilégiera le Livret Jeunes. Il leur permettra de se constituer une réserve d’argent disponible à tout moment pour faire face à des dépenses ou financer des projets. Son taux de rémunération, librement fixé par les banques, ne pourra jamais être inférieur à celui du Livret A. En 2015, selon les établissements, il oscille entre 1,5 % et 2,5 % nets. Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

L'immobilier

Vous avez entre 30 et 40 ans et ne souhaitez pas rester locataire toute votre vie. Ou vous possédez déjà votre résidence principale et voulez investir pour compléter vos revenus tout en réalisant une bonne opération fiscale. Quel que soit votre objectif, l’immobilier est une valeur refuge. La pierre “rassure”, surtout si vous envisagez un investissement en Pinel, source de revenus complémentaires. Et vous bénéficierez en plus, sous certaines conditions, d’avantages fiscaux variables selon la durée de l’engagement locatif : 12 % pour 6 ans de mise en location, 18 % pour 9 ans, 21 % pour 12 ans.

Les Sicav

Vous avez quelques économies de côté et depuis quelque temps, la bourse vous tente. Mais vous n’y connaissez pas grand chose et ne voudriez pas y laisser toutes vos économies. Pour vos premiers pas en bourse, peut-être pourriez-vous opter pour une Sicav (Société d’investissement à capital variable). Il s’agit d’une société qui regroupe les fonds de plusieurs investisseurs en vue de les placer en valeurs mobilières (actions, obligations).

Le gestionnaire de cette société se charge de constituer et de gérer des portefeuilles composés desdites valeurs mobilières avec les fonds déposés par les souscripteurs. En investissant dans une Sicav, vous en devenez actionnaire et, à ce titre, vous pouvez participer aux assemblées générales et vous exprimer sur la gestion de la société. La variété des SICAV proposées vous permettra de choisir la catégorie répondant le mieux à vos objectifs (allégements fiscaux, sécurité…). La rentabilité de chaque SICAV est fonction de sa catégorie, des qualités de son gestionnaire et de la tendance du marché.

Le Plan d'épargne retraite

L’heure de la retraite va bientôt sonner pour vous. Et bien souvent, celle-ci s’accompagne d’une baisse de revenus. Pour la compléter, pensez le plus tôt possible à épargner et à vous tourner vers des placements spécialisés tels que :

  • le Plan d’épargne retraite collectif (Perco). Mis en place par l’employeur, sa sécurité et son rendement varient selon le support choisi. L’argent placé est immobilisé jusqu’à la retraite, sauf cas exceptionnels. En cas de sortie en rente, seule une partie des gains est imposée ;
  • le Plan d’épargne retraite populaire (Perp). Ce produit d’épargne à long terme permet d’obtenir, à partir de l’âge de la retraite, un revenu régulier supplémentaire. Le capital constitué est reversé sous forme d’une rente viagère. Il peut également être reversé sous forme de capital, à hauteur de 20 %. Les sommes versées sur un Perp sont déductibles de votre revenu imposable, à hauteur de 10 % de vos revenus professionnels nets de l’année précédente, eux-mêmes limités à 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Soit, pour les versements 2015, un minimum de 3 754 € et un maximum de 30 038 €. Les rendements dépendent, là encore, du support choisi ;
  • les contrats Madelin, pour les indépendants. Ils effectuent des versements réguliers sans interruption jusqu’à la retraite. Les contrats Madelin actuels offrent une large palette de placements (fonds garantis en euros, supports financiers en actions…). Son principal avantage est la possibilité de déduire les cotisations versées (dans une certaine limite) des revenus professionnels. L’épargne est bloquée jusqu’à la retraite (sauf cas exceptionnels de déblocage anticipé). La rente est imposable au même titre qu’une pension de retraite.

Les SCPI

Les SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier) détiennent un patrimoine immobilier mis en location. En achetant des parts d’une SCPI, vous devenez associé de la société qui vous versera en contrepartie une quote-part des loyers perçus. C’est un excellent moyen d’obtenir un complément de revenus à condition d’être vigilant quant à la qualité du bien. Accessibles quel que soit le budget disponible, avec un rendement avoisinant les 5 %, elles devraient attirer encore bon nombre d’investisseurs à la recherche de revenus complémentaires réguliers.

Louez en meublé

Si vous voulez gagner plus tout en réduisant vos impôts, la location meublée est une piste à privilégier. La rentabilité de cet investissement locatif est estimée entre 4 et 5 % (hors prélèvements sociaux et fiscaux).
Côté fiscalité, le loueur en meublé non professionnel  bénéficie d’une fiscalité attractive. Les loyers perçus sont imposés dans le cadre des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et non au titre des revenus fonciers. Si les loyers perçus ne dépassent pas 32 600 €/an, vous pourrez bénéficier du régime du “micro-BIC” vous accordant un abattement forfaitaire de 50 % au titre des frais engagés.

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