Par Christophe Raffaillac, le 14 Avril 2016 dans INTERVIEW DE NOTAIRES - Le notaire et l'immobilier

Avec l'immobilier, les acheteurs profitent d'un contexte favorable et de formules à la carte pour devenir propriétaires. Antoine Morin, notaire à Rennes, donne la recette pour réussir son projet.

Quels conseils donneriez-vous à un candidat à l'acquisition ?

Me Morin : acheter un bien immobilier peut relever du « parcours du combattant ». Il est important de rencontrer son notaire en amont. Il vous accompagne tout au long du processus et assure la sécurité juridique de votre projet. Il convient aussi d’étudier son financement et de déterminer avec son banquier sa capacité d’endettement. Il faut cibler sa recherche et visiter plusieurs biens entrant dans ses critères.

Quelles précautions prendre lors d'un achat en copropriété ?

Me Morin : la loi ALUR impose la communication de pièces permettant d’apprécier la situation juridique et comptable de l’immeuble. Il est capital de lire et analyser les diagnostics, le règlement de copropriété, les procès verbaux d’assemblée générale et le carnet d’entretien. Il faut se renseigner sur le montant des charges de la copropriété et les travaux à venir, l’existence d’un fonds de roulement ou de provisions spéciales pour travaux qu’il faudra rembourser au vendeur. L’avant-contrat devra prévoir la répartition entre vendeur et acquéreur des charges de copropriété et des travaux. Votre notaire vous conseille sur tous ces points. Vérifiez aussi l’état d’entretien des parties communes et contactez le syndic pour obtenir des informations pratiques sur l’immeuble.

On parle beaucoup de l'habitat participatif. Quels sont les plus et les moins de ce mode d'acquisition ?

Me Morin : il s’agit d’une approche plaçant l’habitant au cœur de la production et la gestion de son lieu de vie. Des personnes se regroupent pour concevoir le même ensemble immobilier et y habiter. Ces projets se fondent sur des valeurs fortes : entraide, mixité sociale, développement durable. L’habitat participatif rompt avec l’individualisme et prévoit des équipements communs (buanderie, salle commune, potager). La difficulté consiste à fédérer un groupe partageant les mêmes aspirations et susceptible de s’entendre pour la conception, l’organisation et la gestion de l’immeuble. En outre, dans un contexte de forte tension immobilière, il est difficile de trouver un terrain, même si les collectivités se mobilisent pour encourager ce type d’initiative.

Que conseilleriez-vous à nos lecteurs avant qu'ils se lancent ?

Me Morin : intégrer un groupe partageant des valeurs et un projet communs. S’assurer de la faisabilité du projet en s’entourant des élus, architectes, promoteurs et de son notaire. Bien choisir les modalités juridiques de l’opération (coopérative d’habitants ou sociétés d’attribution et d’autopromotion) et s’assurer du financement.

En règle générale, conseillez-vous encore d'acheter en 2016 ?

Me Morin : oui, bien sûr ! La conjoncture est favorable : le dispositif Pinel, relatif aux logements neufs, est prorogé jusqu’à fin 2017, la stabilité des prix dans l’ancien et la faiblesse des taux d’intérêts qui diminue le coût du crédit et facilite largement l’acquisition. C’est le moment de passer à l’acte !

Propos recueillis le 11/04/16

Le saviez-vous ?

L’habitat participatif permet de concevoir, réaliser et gérer son projet à plusieurs. Une formule qui favorise l’entraide et permet de disposer d’équipements communs (salle de réception, potager…).

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