Dernier scandale de l’année 2008, l’affaire Madoff met en évidence le peu de crédit qu’il faut octroyer aux institutions mises en place par les américains pour contrôler les activités financières de leurs ressortissants. On peut, en effet, se demander à propos de cette escroquerie, qui des gendarmes ou des voleurs méritent le plus la prison, sachant que pour le moment, ni les uns ni les autres n’y sont entrés…
Rappelons brièvement les faits : Bernard Madoff, ancien président de la deuxième bourse américaine, le Nasdaq, a pendant plus de 10 ans réussi à abuser, d’abord des investisseurs très fortunés, puis des banques et associations renommées, à partir d’un système connu sous le nom de cavalerie. Les fonds qui lui étaient confiés en dernier, au lieu d’être investis dans des opérations très rentables, lui permettaient d’accorder des intérêts particulièrement généreux aux fonds récoltés précédemment. Cela, en dépit des obligations imposées en matière de transparence et de publicité pour ce type d’activité. Et la SEC (Securities Exchange Comittees), l’autorité de surveillance des marchés financiers américains, surnommée le « gendarme de Wall Street » en dépit d’alertes répétées et de plusieurs contrôles, n’y a vu que du feu. Il semble même que les personnes chargées d’auditer les comptes de la société incriminée aient appartenu à la famille Madoff, en violation des règles les plus élémentaires de l’expertise.
Le montant des pertes dans cette « arnaque financière », s’élèverait à 50 Milliards de dollars. La crise financière ayant poussé les imprudents investisseurs à demander le remboursement des fonds qu’ils avaient placés dans cette entreprise, a entraîné la découverte et la faillite du système. Si l’on peut déplorer que certaines associations caritatives ayant fait confiance à cet escroc soient obligées de fermer leurs portes, les pertes subies par la famille Betancourt et quelques autres fortunés ou encore par les banques suisses - dont le préjudice dépasserait le milliard de dollars -, ne susciteront que peu de compassion.
Par contre, l’inefficacité de la SEC apparaît quelque peu révoltante. Lorsque les gendarmes, par négligence ou aveuglement, aident les voleurs à prospérer, ils deviennent par ce fait les premiers responsables des délits commis. Si, en 1992, à la suite des premiers soupçons de fraude, cette autorité respectée avait émis les réserves qui s’imposaient, il est probable que notre financier particulièrement madré, n’aurait jamais pu développer sa sulfureuse activité.
Ceci étant, lorsque nos gouvernants au lieu d’augmenter les impôts font de nouveaux emprunts pour soutenir l’activité nationale, ils obéissent à une logique comparable. Car, cet apport d’argent frais se traduit par une augmentation de la dette et du montant des intérêts à payer. Tant qu’il y a des prêteurs extérieurs, pas de problème. Mais si cette source qui nous permet de vivre au-dessus de nos moyens vient à s’assécher, notamment par manque de confiance ou par suite de conflits internationaux, on peut redouter le pire. En revanche, c’est un facteur qui devrait favoriser le marché immobilier puisque les investissements y sont visibles de tous et par ce fait, plus difficilement sujet à escroquerie.
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