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Accueil > S'informer > Actualité économique et immobilière > Regard sur le marché > A quel saint se vouer ? (Juillet 09)
L’information que nous recevons dépend à la fois des sources utilisées et des interprétations qui lui sont données. Il en résulte fréquemment des ambiguïtés, voire des incompréhensions qui nous éloignent de la réalité des faits. Faut-il ainsi croire à une reprise du marché immobilier et à une sortie de crise rapide ?
Fin mai, la Chambre des notaires parisiens révélait que les ventes de logements en Ile-de-France s’étaient effondrées de plus de 40 % au premier trimestre 2009. Or, il résulte de nos sondages et des observations faites par nombre d’opérateurs que ces premiers mois de l’année, comparés à la fin de l’année 2008, furent ceux d’une reprise d’activité dans l’immobilier. L’explication de cette apparente contradiction se trouve dans la source des données utilisées. La Chambre des notaires se base sur le nombre de contrats de vente enregistrés. Ces contrats ont généralement fait l’objet d’un compromis 3 mois avant pour des biens qui ont pu être mis sur le marché bien plus tôt. Il s’agit donc d’une chute des ventes correspondant à l’atonie du marché immobilier durant le deuxième semestre 2008 lors du déclenchement de la crise. Par contre, les sondages réalisés par immonot concernent le volume des transactions ayant fait l’objet d’un avant-contrat dans les études notariales. D’un côté, l’activité du marché se mesure par des contrats passés et, de l’autre, par des transactions qui engagent l’avenir. La reprise détectée dès le début de l’année ne produira donc un accroissement des ventes qu’au cours du second semestre 2009.
L’analyse de la conjoncture économique actuelle peut engendrer de semblables équivoques. Trois scénarii de sortie de crise nous sont proposés par Christian Saint-Etienne (1).
Si l’on s’en tient uniquement aux résultats actuels, c’est le premier scénario qui est en train de se mettre en place. En effet, fin mai aux Etats-Unis, le taux de chômage atteint un sommet (9,4 % de la population active) et les dernières statistiques concernant le logement sont loin d’être réconfortantes. En France, où le taux de chômage atteint désormais 8,7 %, l’inflation a été négative (- 0,3 %) le mois dernier. Du jamais vu depuis 1957 ! En outre, début juin, le gouvernement a officialisé une nouvelle prévision de croissance négative de -3 % pour 2009 contre un recul de -1,5 % estimé précédemment. Enfin, les économistes s’inquiètent des risques d’une déflation prolongée au niveau européen.
De source purement financière, c’est plutôt le troisième scénario qui tient la corde. Selon le secrétaire au Trésor, la fin de la récession est toute proche aux Etats-Unis et la reprise devrait intervenir dès le troisième trimestre 2009 (2). Le gouverneur de la Banque de France est légèrement moins optimiste. Selon lui, l’économie mondiale devrait renouer avec la croissance entre la fin 2009 et le milieu 2010. Pour l’un et l’autre ces anticipations d’une reprise rapide se fondent sur plusieurs indicateurs notamment ceux concernant les carnets de commande dans l’industrie, la réduction des stocks, le climat des affaires ou le moral des ménages.
Ainsi, la source de l’information et l’utilisation qui en est faite (analyse de résultat ou projection sur l’avenir dans notre cas) modifient sensiblement l’éclairage de la réalité. Dans le cas de la crise économique, ce qui peut paraître le plus préoccupant est de constater que la reprise annoncée sera due à une politique mondiale axée sur plus de dettes et des taux encore plus bas. Politique qui a engendré le déséquilibre actuel...
1. Voir Le Monde, 2 avril 2009
2. La Tribune, 28 mai 2009
Bernard THION
Article mis à jour le 25-06-2009
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