Comme le disent souvent les enfants, “donner c’est donner, reprendre c’est voler”. Il en va de même pour les donations puisqu’il n’est pas possible de revenir dessus… sauf dans certaines hypothèses prévues par la loi !

Les donations sont irrévocables. Cela signifie que celui qui a donné un bien (le donateur) ne pourra plus revenir sur sa décision, même si sa situation financière se dégrade ou si ses relations avec le bénéficiaire (le donataire) se détériorent. Cependant, comme pour tout bon principe qui se respecte, le Code civil prévoit trois cas où faire “machine arrière” est possible.

Automatique jusqu’à la réforme des successions (en 2006), la révocation d’une donation pour cause de “survenance d’enfant” (biologique ou adopté plénièrement) est aujourd’hui une faculté offerte au donateur. Il doit toutefois l’avoir prévue dans l’acte de donation et en faire la demande dans les 5 ans de la naissance de l’enfant ou de son adoption. Le donateur ne doit pas avoir d’enfant à la date de la donation.

Selon le Code civil, il y a “ingratitude” si le bénéficiaire de la donation porte atteinte à la vie du donateur, commet des délits, injures ou sévices graves à son encontre ou refuse de l’aider s’il se trouve dans le besoin.
Révoquer une donation pour “ingratitude” nécessite de saisir la justice dans l’année où l’on a connaissance des faits ou de la condamnation pénale du donataire (dans le cas de coups et blessures par exemple).

Il n’est pas rare que la donation soit assortie d’une condition (nourrir et loger le donateur, veiller et subvenir aux besoins d’un frère ou une sœur handicapés, conserver un bien immobilier dans la famille…). En cas d’inexécution, la donation pourra être révoquée. Mais celle-ci n’est pas automatique. Il faut saisir la justice qui appréciera si les faits reprochés justifient ou non la révocation.
Les donations que les futurs époux
se consentent par contrat de mariage sont irrévocables.
Les donations au dernier vivant, consenties après la célébration du mariage, sont plus fréquentes. Ces donations portent sur des biens à venir et ne prennent effet qu'au décès du donateur. Elles sont révocables à tout moment et par tout moyen (acte notarié, testament...). L'époux donateur n'a pas à justifier sa décision et il n'est pas tenu de prévenir son conjoint.
Les conjoints ont également la possibilité de se consentir des donations à effet immédiat (elles ne portent que sur des biens présents). Si ces donations ont été effectuées avant le 1er janvier 2005, elles sont librement révocables.En revanche, si elles ont été effectuées depuis le 1er janvier 2005, elles sont irrévocables... même en cas de divorce !