Le viager semble connaître un léger regain, notamment à Paris, dans les Alpes Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône. Selon un rapport du Conseil économique et social de 2008, environ 4 000 ventes par an (soit 0,4 % des ventes immobilières) ont été consenties par ce biais. La vente en viager est-elle pour autant la panacée ?

La vente en viager répond à des modalités particulières. Elle consiste à céder un bien immobilier contre réception d’une rente. Grâce à la vente en viager, le vendeur (appelé aussi “crédirentier”), généralement âgé, s’assure un revenu complémentaire. L’acheteur (ou “débitrentier”) se constitue un patrimoine immobilier avec un faible apport. Évidemment, il existe un risque : le prix total à payer va dépendre de la durée de vie du vendeur. Sans l’existence de cet aléa, la vente est nulle.

Le prix est, en principe, payé en deux parties :
- La première partie, appelée “bouquet”, est une somme d’argent versée au moment de la vente.
- La seconde partie est versée sous forme de rente. Une clause d’indexation, le plus souvent sur l’indice des prix à la consommation, est intégrée au contrat de vente.
Le montant du bouquet et celui de la rente dépendent à la fois de la valeur du bien vendu et de l’âge du vendeur.
Le vendeur conserve l’usage de son bien immobilier. La rente qu’il perçoit lui offre un complément de revenus partiellement imposable. Plus le vendeur est jeune, plus la part imposable est importante :
- 70 % s’il a moins de 50 ans ;
- 50 % s’il a de 50 à 59 ans inclus ;
- 40 % s’il a de 60 à 69 ans inclus ;
- 30 % au-delà.
Il n’a plus à régler les impôts fonciers. Suivant les clauses de l’acte de vente, il pourra se voir soulagé d’une partie des charges et réparations qui incomberont à l’acquéreur.
Ces atouts font de la vente en viager un système potentiellement séduisant pour les personnes sans enfant, dotées d’un faible revenu et qui ont pour seul patrimoine un bien immobilier.
Enfin, une garantie hypothécaire est prise au profit du vendeur sur l’immeuble vendu, ce qui lui permettra de récupérer son bien en cas de non paiement de la rente.
En cas de vente en viager, le notaire prévoit dans l'acte des garanties de paiement de la rente et organise la protection du débirentier. Si celui-ci décède, la charge de la rente incombe alors à ses héritiers.
L’un des inconvénients de la vente en viager est de ne plus avoir de patrimoine immobilier à laisser à ses descendants. Cet inconvénient est toutefois tempéré par le versement du “bouquet” au moment de la vente, cette somme intégrant le patrimoine du vendeur qui est libre d’en disposer comme il le souhaite.
- Si le prix est jugé insuffisant ; - Si le vendeur décède, dans les 20 jours, des suites d'une maladie dont il était déjà atteint lors de la signature du contrat ; - En cas de décès imminent du vendeur suite à une maladie le condamnant à court terme et dont l'acquéreur avait connaissance au moment de la signature du contrat.