Sully, ministre du bon roi Henri IV aimait à répéter que “Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France”. Actuellement, alors que l’on ne parle que de crise et d’endettement, les seules mamelles qui font rêver encore les français semblent être la pierre et le football.
Il y a bien longtemps que la nécessité de se nourrir et de se protéger contre la famine ne demeure plus la première préoccupation du bon peuple de France et donc du développement de son agriculture. Actuellement, nos angoisses se portent en premier lieu sur les conséquences d’une crise financière internationale qui n’en finit plus. Aussi, plutôt que de remplir de grains les rares greniers de nos habitations, notre premier besoin est de mettre de l’argent de côté. L’une des dernières enquêtes de la Sofres réalisée pour la Banque Postale et Les Échos, révèle ainsi que 83 % des sondés considèrent qu’il est « nécessaire d’épargner » et que 55 % d’entre eux ont l’intention d’économiser durant les trois prochains mois. Et comme les trois quarts des personnes interrogées estiment que les placements boursiers ne sont pas un bon investissement pour leur retraite, la pierre caracole largement en tête des placements les plus sûrs. Investir dans sa résidence principale ou secondaire ne présente, à priori, que de faibles risques pour la plupart d’entre nous.
Le second besoin serait celui d’échapper aux tensions provoquées par les incertitudes actuelles en se divertissant. « Panem et Circences ! » clamaient autrefois les Romains. Nous avons le pain, alors vivent les jeux du cirque ! Et pour cette raison, le fait d’avoir remporté l’Euro 2016 se révèle, suivant les mots de notre Président, comme une bonne « réponse à la crise ». Il est vrai que c’est une bonne nouvelle pour le secteur du bâtiment et des travaux publics, actuellement touché par la crise. Quatre nouveaux stades vont être construits (Lille, Lyon, Nice et Bordeaux) et huit autres rénovés selon le projet de la Fédération française de football permettant la création de 15 000 emplois pendant la phase de construction et de rénovation. L’investissement total atteindrait 1,7 milliard d’euros, financé à 60 % par le privé. Alors, pourquoi ne pas s’en réjouir ?
En revanche, si les nourritures terrestres n’apparaissent plus comme le fondement de notre mode de vie, encore faudrait-il que les mentalités de grippe-sou et d’adepte aux jeux, que nous développons face à la crise, engendrent une meilleure existence. Or, rien n’est moins sûr !
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