Un jeu, particulièrement pervers, a pris son essor aux Etats-Unis et s’est développé dans le cadre d’un système bancaire assez obscur échappant aux réglementations des banques de dépôts. Il a abouti au krach d’octobre 2008. Responsables de 1 000 milliards de pertes, les grands patrons de ces banques ont malgré tout encaissé 100 milliards de revenus en 3 ans. Pile-je gagne, face tu perds !
Depuis une dizaine d’année, c’est la passion des grands financiers. Ce jeu se déroule entre quatre participants :
Les cartes sont des « produits de titrisation » souvent très sophistiqués qui permettent de transformer un ensemble de prêts bancaires à long ou moyen terme en des titres négociables à tout moment sur les marchés financiers. Parce qu’il rapporte plus que les bons du Trésor et permet d’échapper aux ratios de solvabilités imposés par la réglementation, banquiers et gérants de fonds vont se ruer vers ce jeu séduisant.
A noter : la titrisation consiste à créer un fonds (type Sicav) regroupant des prêts bancaires de même nature, puis à vendre en bourse les titres (actions ou obligations) émis pour cette création.
Le retournement du marché immobilier et la crise des subprimes de l’été 2007 a changé la donne. Ce sont d’abord les crédits hypothécaires non-garantis qui ont causé la perte de certaines banques commerciales. Début 2008, on s’aperçoit que bien des joueurs participant au « grand jeu de la titrisation », trichent. Les notes décernées sont trop élevées, les sociétés de rehaussement de crédit peuvent être mis en faillite et ne plus rien garantir. Enfin, certains titres dont la fabrication était sous-traitée à des intermédiaires, se révèlent particulièrement toxiques. Il en résulte une méfiance généralisée entre les joueurs, le blocage des échanges interbancaires, les reventes massives d’actions pour faire face aux échéances ainsi que, par contagion, l’écroulement du marché financier et la fin du crédit facile sur lequel était basée en partie la prospérité américaine.
Parallèlement, comme l’annoncent les résultats de cette nouvelle enquête, les conséquences dramatiques de cette crise, qui s’est étendue au monde entier, commencent sérieusement à se faire sentir en France où l’activité ne devrait reprendre que lorsque les prix auront retrouvé leur niveau de 2005.
Néanmoins, les banques ont pu préserver leurs gains grâce à Harry Paulson, patron du Trésor américain. Cet ancien président de Goldman Sachs (banque phare du système américain) en a aussi profité pour faire plonger son concurrent le plus dangereux, Lehman Brothers. Un bien vilain geste !
Parallèlement, comme l’annoncent les résultats de cette nouvelle enquête, les conséquences dramatiques de cette crise, qui s’est étendue au monde entier, commencent sérieusement à se faire sentir en France…