Par Bernard Thion, le 22 Janvier 2013 dans JE M'INFORME SUR L'IMMOBILIER - Regard sur l'actualité

Coupables de nous avoir entraînés dans la crise, on ne cesse de les vilipender. Pourtant, dès qu'elles s'enrhument, les États se hâtent de les secourir. Mais peut-on réellement réguler nos banques ?

Cet été, le Crédit Immobilier de France et le Crédit Mutuel de Marseille ont été mis en examen pour "escroqueries en bande organisée, complicité et recel". L'affaire porte sur plus d'un milliard d'euros. En Angleterre, le patron de la Barclay's, la plus puissante de ses banques, a été contraint à la démission, suite au scandale de la manipulation du taux du marché monétaire. Dans un documentaire diffusé sur Arte (1), on découvre que les banquiers de "Goldman Sachs" utilisent des méthodes que ne dénierait pas la mafia. "Meurs ou tue" semble être le credo de ces nouveaux "croisés" du profit, dont le PDG n'hésite pas à s'exclamer : "Je ne suis qu'un banquier faisant le travail de Dieu".

Pourquoi secourir les banques ?  
Ce sont ces mêmes banques qui, par des achats massifs d'obligations émises par les Etats, permettent à ces derniers de prolonger leur endettement et de boucler leur fin de mois sans trop de difficulté. Cela a fait dire à un chroniqueur économique : "Les Goldman Sachs et les autres grandes banques de marché permettent aujourd'hui de payer les indemnités des millions de personnes qui ont perdu leur emploi à cause d'une crise qu'elles ont elles-mêmes provoquée". D'où la nécessité d'aider les banques lorsqu'elles sont en perdition. Pour sauver son secteur bancaire, le gouvernement espagnol vient ainsi de créer une banque de défaisance. Elle rachètera les actifs toxiques (7,5 milliards) accumulés par les banques lors de la crise des subprime.


Qui peut les réguler ?
Les banques ont infiltrées dans tous les rouages politiques. Grâce à un lobbying intense auprès des Etats, elles sont systématiquement consultées par les décideurs politiques, pour savoir comment mieux les réguler. Cette situation, un peu surréaliste, devrait être mise en brèche par la pugnacité de deux personnalités. D'une part, Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, qui vient de rendre un rapport commandé par les Nations Unies pour une "vraie réforme du système financier international", et d'autre part, Michel Barnier, commissaire européen en charge des services financiers. Ce dernier milite activement pour la séparation des activités bancaires et un renforcement du contrôle des banques. Malgré les réticences de la Bundesbank et d'Angela Merkel, il vient ainsi d'obtenir de faire superviser toutes les banques de la zone euro par la Banque Centrale Européenne.  

1. "Goldman Sachs: la banque qui dirige le monde"

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