Par Christophe Raffaillac, le 23 Mars 2016 dans J'ACHETE - J'achète dans le neuf

Si une maison "écologique" permet de réaliser des économies d'énergie, c'est parce qu'elle repose aussi sur une conception aboutie. Ce qui se traduit par un cahier des charges s'appuyant sur de bonnes pratiques, avec la RT 2012.

La construction individuelle se voit désormais obligée de limiter son empreinte environnementale dans le paysage immobilier. Elle ne renie en rien ses qualités esthétiques, mais cela la conduit à bien sélectionner ses matériaux, soigner ses travaux, limiter ses rejets… pour se montrer des plus écolos ! Dans cette perspective, la RT 2012 (Règlementation thermique), qui s’applique à toutes les maisons neuves, fixe une consommation moyenne maximum de 50 kWhEP/m²/an. Les bâtiments deviennent plus performants, ce que leurs occupants apprécieront en toutes conditions. Un tour du futur propriétaire s’impose pour comprendre les enjeux de la maison écolo !

Un logement économique

+ Efficiente
Une maison neuve se montre à la fois respectueuse de l’environnement, mais surtout plus économique. En effet, le coût d’utilisation d’une construction de type RT 2012 s’avère bien moins élevé que celui d’un logement plus traditionnel. En hiver, l’isolation, l’orientation, les surfaces vitrées favorisent les apports de chaleur, tandis qu’en été, la conception, la qualité des matériaux permettent de lutter contre les températures excessives. Ce qui évite de trop solliciter le dispositif de chauffage durant les périodes de froid, et de recourir à un système de climatisation en cas de forte hausse du thermomètre.
Dans cette perspective, à quels critères le système constructif doit-il répondre ? Il faut privilégier les matériaux, comme la brique, capables d’emmagasiner la chaleur, puis de la restituer petit à petit lorsque le soleil ne chauffe plus. Offrant moins d’inertie, le bois présente de bonnes caractéristiques comme isolant et limite les ponts thermiques (zones d’une construction d’où la chaleur s’échappe). Il convient aussi d’utiliser au moins une source d’énergie renouvelable ou une solution alternative pour couvrir une part des besoins en énergie. Cela vaut pour le chauffage (géothermie) ou la production d’eau chaude sanitaire (capteurs solaires thermiques).
Bilan : avec une consommation de 50 k WhEP/m2/an, une construction RT 2012 nécessite 4 à 5 fois moins d’énergie primaire qu’un bâtiment conçu selon la RT 2005. Ce qui revient à diviser par 3 la facture de chauffage, qui se situera aux alentours des 500 € annuels.

+ Performante
Avec la RT 2012, l’atteinte de performances énergétiques fait partie du cahier des charges initial. En premier lieu au travers de l’étude thermique, qui permet de vérifier que le projet respecte les exigences fixées. Cette étude est réalisée grâce à un mode de calcul qui prend en compte le climat, ou encore des scénarios d’occupation du logement.
À la fin du chantier, le test d’étanchéité à l’air, obligatoire pour obtenir la conformité RT 2012, s’effectue en bouchant les entrées et sorties d’air du système de ventilation et en mettant le bâtiment en surpression ou dépression. Cela permet d’estimer les entrées et sorties d’air parasites (inférieures à 0,6 m3 par m2 de paroi et par heure sous une pression de 4 Pa).
Bilan : le projet se construit en validant que la conception architecturale et les solutions techniques permettent d’atteindre les meilleures performances énergétiques au niveau du Cep (Consommation d’énergie primaire du bâtiment).

Une vraie dimension écologique !

+ Intelligente
Si la vertu essentielle d’une maison écolo repose sur sa qualité environnementale, sa conception lui confère aussi de beaux atouts au plan architectural. La prise en compte de l’indice Bbio, qui caractérise l’impact de la conception bioclimatique sur l’efficacité énergétique du bâti, conduit à recourir à des solutions rationnelles et fonctionnelles. Ce qui se traduit par la présence de baies vitrées au sud, sachant que leur surface totale représente au moins 1/6 de la surface totale du bâti. Cela laisse augurer une bonne luminosité naturelle. Mais des protections solaires (avant-toit, terrasse couverte…) sont aussi intégrées à la construction pour se protéger de la chaleur en été. De forme plutôt compacte, le bâtiment limite son emprise au sol et optimise l’espace intérieur. Les “zones tampons” (le garage, la buanderie…) se situent côté nord pour que les pièces à vivre bénéficient de la meilleure exposition. Quant aux chambres, elles sont pourvues de systèmes occultants - volets et stores extérieurs - qui les protègent au mieux en fonction des conditions climatiques.
Bilan : la maison profite d’une conception et d’équipements qui la rendent plus confortable. Ce paramètre se mesure au travers de l’indice Tic (Température intérieure conventionnelle), qui fixe une valeur à respecter au niveau du confort d’été en fonction des régions.

+ Innovante
Que nous réserve la maison de demain ? La RT 2020 va promouvoir les bâtiments à énergie positive, appelés aussi « BEPOS ». Ils produisent plus d’énergie (chaleur, électricité) qu’ils n’en consomment. Équipés en moyens de production énergétique, les murs, la toiture… peuvent être mis à profit dans l’accumulation et la restitution de la chaleur, ou dans la production d’électricité.
Bilan : la conception du bâti BEPOS se traduit par une diminution de 20 % des besoins énergétiques, par rapport à une construction de type RT 2012.

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